Altiplano
First Run Features

Réalisateurs: Peter Brosens, Jessica Hope Woodworth
Année: 2009
Classification: NR
Durée: minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol / Quechua, Français, Perse (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 11
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 720229914512

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
20 janvier 2011

Récit prenant, envoûtant et différent sur la vie, la mort, le destin et les croyances, "Altiplano" fait voyager à peu de frais dans des univers mystiques. Une expérience comme il y en a trop peu.

Dans les Andes péruviennes, des habitants souffrent d'empoisonnements involontaires au mercure. Ils tiennent responsable des médecins qui n'arrivent pas à les soigner et en blessent mortellement un. Cette action aura des répercussions irrémédiables sur deux femmes: Saturnina (Magaly Solier) qui vient de perdre sa mère et son futur mari d'un mal aussi terrible que soudain, et la photographe Grace (Jasmin Tabatabai) qui est dépêchée au Pérou, là où son mari vient de rendre l'âme.

Film de festivals qui a voyagé partout sur la planète cinéma, "Altiplano" des réalisateurs Peter Brosens et Jessica Hope Woodworth en est un de symboles, de sensations. Cela prend un peu de temps avant de s'habituer à ce rythme lent, à ces plans langoureux. L'histoire alterne entre les personnages qui sont prisonniers de leurs coutumes, de leurs cauchemars. Jusqu'au moment où une tragédie survient. C'est là que tout déboule, que les comédiens surprennent par leur intensité, que le récit dévoile brillamment ses nombreuses zones d'ombres. La mise en scène qui pouvait paraître esthétisante en devient alors éblouissante dans sa façon d'aborder des épreuves quotidiennes, de révéler l'âme humaine, ses luttes et ses espoirs tardifs. Ce qui amène plusieurs séquences hallucinantes rappelant le travail de Fellini. Des segments lyriques et oniriques qui ne s'oublieront pas de sitôt.

Surtout que la photographie y est extraordinaire. Elle est servie par des images honnêtes aux couleurs précises et aux teintes exquises, dont vient un peu - mais pas trop - contrebalancer des contrastes inégaux. Quelques flashs en noir et blanc convainquent de la beauté de l'ensemble. La musique omniprésente se veut généralement subtile et solennelle, éclatant en quelques endroits appropriés. La piste sonore en Dolby Digital 5.1 est très généreuse dans sa façon de recourir à une multitude de bruits distincts (des instruments, des cris, des rires, etc.) qui s'échappent régulièrement des différentes enceintes. Puisque les langues se succèdent (il y a notamment de l'espagnol, du français et de l'anglais), de très potables sous-titres blancs en anglais sauvent la mise.

La pochette grise, blanche et noire laisse présager un ciel orageux. Une femme se dresse pourtant contre l'adversité. Le menu principal du DVD reprend ce concept orné d'un drap blanc en mouvement et d'un chant gracieux. Les quelques suppléments déçoivent. Il y a des notes écrites des cinéastes, leurs biographies et une série de photos. C'est bien peu.

"Altiplano" lève le voile sur les possibilités presque infinies du septième d'art. Dans d'autres mains, le long-métrage aurait été un gros mélo racoleur. Ici il est au contraire un pensum méditatif qui peut provoquer la transe et même un état de béatitude. Bien entendu il ne faut pas être allergique aux sujets graves et aux lenteurs volontaires. Avant d'atteindre le nirvana, il faut s'entraîner, un exercice qui débute dès maintenant. Cela donne le goût de voir les précédents ouvrages des créateurs, dont Khadak qui semble lui aussi très spécial.


Cotes

Film8
Présentation5
Suppléments3
Vidéo7
Audio8