L'amiral
TVA Films / Axia Films

Réalisateur: Andrei Kravchuk
Année: 2008
Classification: 13+ (QC)
Durée: 119 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 824255006972

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
21 avril 2011

Long-métrage pompeux sur la révolution russe de 1917, "L'amiral" s'apparente au luxueux téléfilm, bien exécuté, mais sans âme. Lorsque la passion et la magie font défaut, mieux vaut ouvrir le manuel d'histoire que de rester devant la télévision.

L'intrigue débute en 1916 durant une confrontation avec la marine allemande et elle se terminera quelques mois plus tard, lors de la violente transition de régime qui verra la fin de la monarchie en URSS. Koltchak (Konstantin Khabensky) est un bon amiral, respecté de ses hommes. Il a le malheur de tomber en amour avec Anna (Elizaveta Boyarskaya), la femme de son meilleur ami (Vladislav Vetrov). Cependant, il est déjà marié à la jolie Sofia (Anna Kovalchuk), et ce n'est pas le moment de se livrer à ce genre de passion en cette ère de désordre et de chaos...

Ce récit inspiré d'une histoire vraie qui a obtenu un franc succès commercial en Russie bénéficie d'un large budget lui permettant presque de concurrencer avec les productions américaines. Au lieu de privilégier les nombreuses séquences de bataille, personne n'a pensé à soigner correctement le scénario, qui manque cruellement de souffle. Les situations et les dialogues sont tellement plaqués qu'il est difficile de ne pas esquisser un sourire. Devant des enjeux politiques et historiques jamais approfondis et une romance qui laisse de glace, les bons comédiens ne peuvent que baisser la tête et rentrer dans le rang en jouant dans le ton.

Les aspects techniques sont pourtant de très bonne qualité. L'image est extrêmement soignée et détaillée. La palette de couleurs est riche, les teintes offrent plusieurs tons de bleu, et les contrastes nuancés laissent beaucoup de place aux noirs qui prennent de plus en plus d'importance. La piste sonore en Dolby Digital 5.1 est également très bien fournie. Des bruits d'eau, de canons, d'explosions, de cloches et de verres brisés déferlent périodiquement dans les enceintes. Le seul problème – et il est de taille – se retrouve au niveau de la langue choisie. N'importe qui aurait opté pour le russe et l'inclusion de sous-titres anglophones et francophones. Ce n'est pas le cas ici. Il est seulement possible de suivre les péripéties à l'aide d'un doublage français, ce qui est une insulte au langage original.

La pochette bleue et noire assez quelconque montre un homme et une femme qui surplombent des navires et une mer tumultueuse. Le menu principal du DVD montre plutôt des scènes qui défilent sur une mélodie solennelle. Il n'y a d'ailleurs aucun supplément.

Ersatz d'œuvres beaucoup plus ambitieuses telles Doctor Zhivago et The English Patient, "L'amiral" est une grande déception. Même si le tout se regarde sans difficulté, le spectateur a parfois l'impression de regarder un banal téléfilm sirupeux et patriotique. En espérant qu'il ne s'agissait que d'une commande pour le talentueux réalisateur Andrei Kravchuk qui avait offert par le passé le sensible The Italian.


Cotes

Film4
Présentation6
Suppléments-
Vidéo8
Audio8