Amores Perros
Signature Series
Lions Gate

Réalisateur: Alejandro González Iñárritu
Année: 2000
Classification: 18A
Durée: 153 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol (DD51), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Français
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
19 novembre 2003

Trois destins sont irrévocablement bouleversés suite à un accident de circulation. D'un côté, il y a Octavio (Gael Garcia Bernal) qui cherche à sauver sa vie et surtout celle de Cofi, son clébard, véritable prédateur dans les combats de chiens. C'est à travers ce chien qu'Octavio cherche son salut, celui qui lui permettra de fuir avec Suzanna, la femme de son frère. De l'autre, il y a Valéria (Goya Toledo), top model dans la fleur de l'âge et au sommet de sa profession qui vient à peine d'emménager avec Daniel, homme d'affaires de 42 ans qui a laissé femme et enfants pour elle. Et finalement, il y a El Chivo (Emilio Echevarria), ancien militant devenu clochard qui n'attend plus grand chose de la vie et qui loue ses services comme tueur à gages. C'est en pleine mission qu'il assiste, impuissant, à l'accident.

C'est à travers ces trois histoires qu'Alejandro González Iñárritu tisse son premier long métrage. Réalisé de mains de maître, "Amores Perros" est un véritable film "coup de poing" tant par ses images, que par son propos et son montage; coeurs sensibles, prière de s'abstenir. Comparé plus ou moins justement à Pulp Fiction de Quentin Tarantino, ce film n'emprunte à ce dernier que la juxtaposition des histoires et la chronologie des évènements. C'est plutôt dans les dédales tortueuses de l'amour que ce film nous transporte, nous offrant trois variantes de "cause à effet". La constante irréfutable des trois histoires demeure l'omniprésence des chiens, véritable métaphore de la fragilité et de la vulnérabilité de leurs maîtres. La photographie de Roberto Prieto, spécialement l'utilisation de gros plans des faciès, dépeint la souffrance et le désespoir d'une remarquable façon.

Le film est présenté dans sa version originale dans un transfert anamorphosé. L'image est étonnamment vivante et les couleurs sont très correctes surtout quand l'on pense au peu de moyens dont disposait la production. On peut noter une certaine granularité de l'image à certains moments, mais ces effets étaient probablement voulus de la part de Roberto Prieto. Côté audio, la bande sonore originale espagnole est dynamique et met bien en relief les différents canaux spécialement les arrières et celui des basses fréquences surtout lors de l'accident de la circulation. La bande sonore française souffre, quant à elle, de spatialité. Sans redéfinir le genre, les bandes sonores offertes sont tout à fait convenables. La navigation à travers les menus du DVD se fait correctement et est sans artifices. Un seul bémol, les titres apparaissant aux menus passent constamment de l'anglais à l'espagnol quand on se positionne dessus. Cette petite itération peut agacer à la longue.

Côté suppléments, nous avons droit à une entrevue du réalisateur et un mini documentaire sur les chiens ayant figuré dans le film. On offre également quelques scènes coupées, trois vidéoclips, une galerie de photos et des scénarimages. À noter que les suppléments sont agrémentés de sous-titres anglais et français.

Plébiscité par la critique, "Amores Perros" est un film d'exception. Lauréat de nombreux prix (Festival des films de Tokyo - Grand prix (2000), Festival de Cannes, Prix de la jeune critique (2000), festival des films de Chicago - Hugo d'or (2000)), ce film nous rappelle que la souffrance est aussi un chemin qui mène à l'espoir. Il a propulsé Alejandro González Iñárritu à l'avant-plan du cinéma mexicain et certains voient en lui le digne successeur d'Arturo Ripstein, père du nouveau cinéma mexicain (Tiempo de morir).

Les mots de la fin reviennent à Alejandro González Iñárritu qui, en parlant de son film mentionne et je cite: "Amores Perros a été fait non pas avec le coeur, mais avec les trippes et un bout de foi, pour nous rappeler que nous sommes également ce que nous avons perdu.".


Cotes

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