Amour fou [Blu-ray]
Film Movement

Réalisateur: Jessica Hausner
Année: 2014
Classification: G
Durée: 96 minutes
Ratio: 1.85:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Allemand (DTS51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (BD-25)
Code barres (CUP): 857692005390

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
29 octobre 2015

Le poète Heinrich von Kleist s'est suicidé en 1811. Que s'est-il passé dans les derniers mois, semaines et jours de sa vie? C'est ce que tente de répondre la cinéaste Jessica Hausner (Lourdes) avec son très particulier "Amour fou".

L'idée n'est pas nouvelle (c'était le point de départ du classique français de 1936 Mayerling) mais le traitement est ici fulgurant. À l'aide d'une mise en scène parfaitement millimétrée qui rappelle le cinéma d'Ozu, la réalisatrice multiplie les plans fixes qui sont de toute beauté. Le soin accordé aux costumes, aux décors et à la photographie est époustouflant, enchantant aisément la rétine. Le rendu, volontairement théâtral, semble constamment étouffer les personnages. Au même titre que les répliques artificielles qui sont teintées de la véritable prose de Kleist.

Le romantisme de l'époque en prend ainsi pour son rhume. C'est plutôt un souffle glacé qui se fait ressentir. Le suicide n'est plus décrit comme un acte héroïque, mais comme une tragédie absurde. Un sentiment qui est décuplé par l'humour sec et ironique qui ponctue le récit, transformant l'ensemble en fine comédie noire.

Le soin apporté aux images est renversant. La palette de couleurs est riche et foisonnante. Le niveau des détails est relevé et les contrastes déçoivent rarement. Les pistes sonores relativement discrètes font néanmoins ressortir des enceintes des bruits de mélodies et de jappements de chiens. Les voix sont claires et afin de tout comprendre, il y a de très visibles sous-titres blancs en anglais.

Quelques informations précieuses (un extrait d'entrevue, la raison pour laquelle le distributeur a sélectionné ce film) se retrouvent au verso de la jaquette de carton. La pochette dans des tons de verts, de bruns et de blancs est magnifique, montrant une femme au piano. Le menu principal est similaire. S'il est statique, une jolie pièce instrumentale en émane. Les suppléments sont composés d'un clip musical de la cinéaste pour le duo Attwenger, de bandes-annonces variées, de quatre scènes supprimées, d'un apéritif où la réalisatrice parle de l'essence de ce projet et d'une piste de commentaires où elle se permet d'aller plus en profondeur dans sa démarche artistique. Dommage que les moments de silence ne soient pas rares.

Il faut jouer le jeu pour ne pas être largué au bout de dix minutes devant un objet aussi unique que "Amour fou". Le long-métrage est statique et répétitif, utilisant l'ennui pour mettre une pression supplémentaire sur les âmes désincarnées qui sont défendues par des comédiens talentueux. Rien ne semble dépasser du tapis, ni émotion ni souffle. Pourtant, en prenant son mal en patience, on découvre toute la finesse, la singularité et l'étrangeté de cette courtepointe qui ne manque pas d'obséder.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments7
Vidéo9
Audio7