Angel-A
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Luc Besson
Année: 2005
Classification: 14A
Durée: 91 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
14 novembre 2007

La carrière de Luc Besson se fait sur une pente descendante. À ses débuts, il offrait de spectaculaires histoires très touchantes comme Le dernier combat et Le grand bleu. Dans les années 1990, il s'est recyclé dans des récits incroyablement divertissants, de véritables bandes dessinées filmées qui procuraient beaucoup de plaisir tels Léon et The Fifth Element. Depuis son inégal Jeanne d'Arc en 1999, c'est la déroute la plus totale avec des productions hyper speedées incroyablement décevantes. Les Taxis et compagnie avaient tous des montages rapides, des effets tape-à-l'œil et de la baston digne des jeux vidéo, mais aucune once d'âme. Qu'en est-il du retour du Spielberg français à la réalisation?

La prémisse d'"Angel-A" a du potentiel. Dans un Paris de cartes postales, André (Jamel Debbouze) ne sait pas comment régler ses dettes. Il décide d'en finir en se jetant du haut d'un pont. Avant de commettre l'irréparable, il sauve pourtant une jeune femme énigmatique (Rie Rasmussen) de la mort. Pour le remercier, elle décide de l'accompagner, mettant ses pouvoirs d'ange à son service afin de payer ses débiteurs. Ce duo iconoclaste vivra des aventures rocambolesques, se chamaillant pour mieux se rapprocher par la suite.

Les fans de Besson retrouveront plusieurs éléments qui ont fait sa gloire. Des dialogues décalés, de l'action qui arrive un peu à l'improviste et des situations tirées par les cheveux qui n'hésitent pas à baigner dans le sirop le plus collant. Au passage, il y a un anti-héros masculin éprouvé par le sort qui se fera aider par une fille qui lui tombe littéralement sur la tête. D'une jeune Natalie Portman à une Milla Jovovich orangée, cet ange ne rompt nullement avec la tradition.

C'est justement dans ces lieux communs et connus que le cinéaste de Subway s'embourbe. Les conversations s'étirent en longueur et elles ne mènent bien souvent à rien. Les péripéties manquent singulièrement de mordant, d'attrait et de fraîcheur. Les comédiens utilisés sont peut-être à contre-emploi, mais leur prestation n'étonne guère. Jamel Debbouze en fait parfois trop et il se sent obligé de toujours parler pour faire passer ses messages. Face à lui, Rie Rasmussen maîtrise trop peu la langue de Molière et son jeu artificiel et détaché s'en ressent.

Le spectateur plus âgé y verra également un vol direct à l'inoubliable It's a Wonderful Life. Un homme qui ne s'aime pas sera secouru par un ange qui cherche à acquérir ses ailes. À partir de là, il y a de l'extrapolation un peu superflue et des séquences répétitives. Le rire n'est pas assez présent pour toucher la cible et l'émotion apparaît de façon poussive dans cette scène finale assez ridicule montrant comment l'amour est plus fort que tout.

Le long-métrage est cependant sauvé grâce à ses qualités esthétiques. Le noir et blanc rappelle celui de Frank Capra et il est tout simplement admirable. La définition des contours est exemplaire et la qualité des contrastes s'avère irréprochable. L'utilisation discrète des ombres fait oublier la présence de blocage. Un graphisme unique permet de revenir dans le temps du personnage, offrant au passage des grains délibérés. L'unique piste sonore disponible - elle est francophone et en Dolby Digital 5.1 - met à l'épreuve les différents haut-parleurs sans trop les envahir. Les voix demeurent généralement compréhensibles, hormis peut-être ces accents un peu trop singuliers. De très visibles sous-titres jaunes en anglais et en espagnol sont présents pour remédier à la situation. La musique, sans doute trop envahissante, arpente le dramatique, le mélancolique et l'atmosphérique en demeurant très pop et jazzée.

La pochette est saisissante. Il y a les deux protagonistes, poursuivis par leurs ombres, qui se dressent devant une ville au brouillard perpétuel. Le menu principal du DVD est beaucoup moins intéressant. Il ne fait que reprendre le boîtier. Pour la musique ou les mouvements, il faudra passer son chemin. Les suppléments forment un duo un peu inégal. D'un côté, il y a une série de douze publicités présentant diverses productions de Sony Pictures. De l'autre, un documentaire de 27 minutes sur le montage. Les comédiens discutent de leur personnage, l'équipe technique est présentée et il est possible de voir Besson en action, mais les propos demeurent ultimement superficiels.

"Angel-A" n'est pas un retour en très grande forme pour Luc Besson. C'est supérieur à toutes ses productions dans le genre de Kiss of the Dragon et la photographie est fabuleuse, mais c'est pâle à côté d'un essai comme Nikita. Son chemin de croix est pourtant loin d'être terminé. Récemment, il offrait Arthur et les Minimoys, un premier volet assez oubliable d'une trilogie. Espérons que l'homme se réveille bientôt de sa torpeur.


Cotes

Film5
Présentation4
Suppléments3
Vidéo9
Audio7