Animal
Christal Films Distribution

Réalisateur: Roselyne Bosch
Année: 2005
Classification: 13+ (QC)
Durée: 97 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD51, DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
13 juillet 2007

Dans son livre On Aggression, publié en 1966, le célèbre éthologiste (études du comportement animal) Konrad Lorenz arguait que le comportement agressif des animaux est instinctif et uniquement motivé par leur survie, alors que celui des humains pouvait être modifié par des pulsions irrationnelles et redirigé dans la violence souvent gratuite. Bref, malgré son intelligence, la race humaine demeure la plus violente des espèces parce que sa raison n'arrive pas à contrôler ses pulsions destructrices. Est-il possible ou souhaitable d'essayer de contrôler ou de réprimer l'agressivité chez l'homme? C'est à ce thème que s'attaque l'auteur, scénariste et productrice Roseline Bosch, qui fait ses débuts derrière la caméra avec le film d'anticipation "Animal".

Dans un futur rapproché, un jeune généticien idéaliste, Thomas Nielsen (Andreas Wilson), effectue des études sur l'agressivité au département de biologie moléculaire d'un campus européen. Ses recherches l'amèneront à rencontrer un tueur en série, Vincent Ipparak (Diogo Infante), qui a sauvagement assassiné plusieurs femmes et est emprisonné en solitaire en attente de son procès. Thomas parvient à convaincre Vincent de devenir son cobaye et à le laisser modifier son ADN afin d'éradiquer "l'animal" en lui. Si le chercheur prouve que le tueur était violent de naissance, il lui évitera la peine de mort. Par une succession d'événements, ces deux hommes que tout oppose prendront des chemins inverses. Le tueur vers la compassion, le généticien vers l'agressivité...

Alors que Dr Jekyl and Mr Hyde explorait la futilité d'essayer de réduire la moralité de l'homme à sa simple composition chimique, "Animal" suggère que nos pulsions agressives ne sont pas différentes de notre besoin latent de commettre des actes diaboliques. En fait, bien que son film soulève un questionnement intéressant sur la nature humaine, on ne sait pas trop où la réalisatrice veut en venir. Elle mélange "agressivité " et "mal" et, pour compliquer les choses, les dialogues sont remplis de références à la psychologie, la philosophie et la religion, qui se mêlent au point de devenir interchangeables. Est-ce que l'état d'être agressif est plus (ou moins) désirable que celui de l'amour et de la compassion? Qu'en est-il de la survie de l'espèce puisque les deux personnages principaux courent à leur perte? Quelles sont les limites entre agressivité et "mal"? Quel est l'impact de l'environnement sur ces pulsions? Plusieurs idées sont soulevées, mais la cinéaste les traite de façon maladroite et le résultat n'est pas entièrement satisfaisant. Par contre, elle démontre un talent certain pour la mise en scène et réussit à créer un monde futuriste réaliste où la froideur des hauts lieux du savoir et de la recherche s'oppose à la beauté parfois envoûtante des paysages naturels. La distribution est adéquate et Diogo Infante rayonne dans le rôle difficile du monstre sanguinaire qui subira une transformation rédemptrice, mais qui ne pourra échapper à la violence des autres.

Le transfert anamorphosé est agréable, mais on s'aperçoit dès les premières images qu'il s'agit d'une source de format PAL convertie directement en NTSC. L'image est claire et propre et l'étalonnage des couleurs est juste, mais les arrières-plans sont souvent flous et on aperçoit un léger dédoublement de l'image lors des scènes où il y a beaucoup de mouvement. Ce n'est pas dramatique, mais ceux qui possèdent des téléviseurs ou des écrans surdimensionnés noteront certainement ces faiblesses. Côté audio, bien que le potentiel ambiophonique ne soit pas utilisé au maximum, l'environnement sonore est agréable et quelques effets localisés viennent supporter l'ambiance aux moments appropriés. Les dialogues sont clairs et facilement audibles. La présentation est standard autant du côté des menus que du design du boîtier. Aucun supplément n'est offert sur cette édition, mais quelques bandes-annonces précèdent le film.

"Animal" fait réfléchir et soulève plusieurs questions d'éthique et de morale aptes à alimenter les discussions, mais son contenu demeure superficiel et la cinéaste, malgré une maîtrise technique évidente, a du mal à intégrer les nombreux thèmes abordés de façon cohérente. Pour un premier film, c'est quand même pas si mal.


Cotes

Film5
Présentation4
Suppléments-
Vidéo6
Audio7