Animal Kingdom
Entertainment One

Réalisateur: David Michôd
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 112 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212104770

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
16 janvier 2011

Nouveau film noir australien qui interroge l'influence de la famille dans les relations de tous les jours, "Animal Kingdom" a fait sensation partout sur son passage, remportant même le prix du meilleur long-métrage au Festival de Sundance en 2010. Une œuvre complexe et dérangeante à ne pas manquer.

Pour Joshua (James Frecheville), la famille est un fardeau qu'il portera le restant de sa vie. Sa mère vient de mourir d'une overdose et le reste du clan est tissé serré au sein de la grand-mère (Jacki Weaver). Les garçons sont des loups qui se mettent dans le pétrin, étant pris en chasse par les policiers. Coincé entre les forces de l'ordre et ses liens avec ses proches, le jeune garçon de 17 ans n'aura aucune autre option que de choisir son parti.

Pour une première réalisation, David Michôd n'y va pas avec le dos de la cuillère. Sa mise en scène est ingénieuse et méticuleuse, créant de grands moments de suspens à peu de frais. Sans être totalement original, son scénario est traité avec une assurance peu commune, développant une intrigue riche aux enjeux moraux complexes. Les situations ambiguës et les dialogues révélateurs sont des catalyseurs de morceaux de bravoure - et de trahison - qui déferlent constamment à l'écran, créant un vortex de sensations fortes qui perdurent jusqu'à la fin. Dans des rôles peu aimables, les comédiens frisent la perfection, surtout Jacki Weaver qui n'est rien de moins que terrifiante.

Le mélange entre tubes populaires et pièces instrumentales hyper mélodiques fonctionne totalement. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 sont de belle facture, faisant ressortir des bruits de cris, d'oiseaux et d'automobiles des différentes enceintes. Afin de saisir les nombreux accents australiens, il est possible d'insérer de très visibles sous-titres jaunes... ou encore d'opter pour l'honnête doublage francophone. Les images sont volontairement sombres et sans éclat. Les couleurs prennent peu à peu de la vigueur, ce qui est également le cas des contrastes. Le grain n'est cependant pas totalement enrayé.

La pochette noire montre les différents membres de la famille. Le menu principal du DVD reprend ce concept en y rajoutant un montage de scènes et une lente mélodie. Les bonus méritent le détour. Peut-être pas ces courts extraits qui montrent le réalisateur en train de tourner, la bande-annonce originale et une série de publicités, mais certainement ce long documentaire de 72 minutes qui retrace en profondeur l'élaboration du scénario, l'exploration des thèmes et la sélection des acteurs. Des entrevues supplémentaires avec toute l'équipe (le metteur en scène et les interprètes) apportent une nouvelle dimension à l'ensemble. Le tout est complété par une très intéressante piste de commentaires du cinéaste qui saute parfois du coq à l'âne dans sa façon de raconter son expérience.

"Animal Kingdom" est un très surprenant premier film qui utilise un sujet vieux comme le monde pour y apporter quelque chose de nouveau, de rafraîchissant. À l'image d'un opus de James Gray, David Michôd décrit avec beaucoup de précision un milieu interlope sans jamais sacrifier les enjeux dramatiques à de simples moments d'action. Il en résulte un titre qui laisse longuement en tête, et qui bouleverse par sa noirceur, son manque d'espoir chronique. Du beau cinéma de qualité supérieure.


Cotes

Film8
Présentation6
Suppléments8
Vidéo7
Audio7