Les années sandwiches
Koch Entertainment / MK2

Réalisateur: Pierre Boutron
Année: 1988
Classification: NR
Durée: 100 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 21
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
7 octobre 2008

Pour célébrer son vingtième anniversaire, "Les années sandwiches" de Pierre Boutron ressort en DVD dans une édition maigrichonne qui ne comporte que le produit final. Ce n'est pas trop grave, ce film mineur plus que pertinent n'a pas nécessairement besoin de bonus pour devenir meilleur.

À Paris en 1947, il n'est pas toujours bon d'être juif. Le jeune Victor (Thomas Langmann), 15 ans, l'apprend à ses dépens lorsqu'il débarque dans la Ville Lumière, lui dont ses parents ont disparu il y a de cela quelques années. Pour l'aider, il peut cependant compter sur son nouveau copain Félix (Nicolas Giraudi) et sur Max (Wojtek Pszoniak), un brocanteur qui a toujours tendance à chialer en parlant.

Cette adaptation d'un roman de Serge Lentz ne brille pas nécessairement par son originalité. La réalisation statique mise sur la très réussie reconstitution historique qui multiplie des thèmes éprouvés qui font toujours mouche. Ce sera donc encore ce moment charnier où un enfant apprendra à devenir un homme. Par le fait même, il sera sensibilisé au racisme latent, aux désirs des adultes de récolter illégalement de l'argent et au clivage entre les classes sociales.

S'il est difficile d'être surpris par un tel exercice, le travail soigné de Pierre Boutron (un cinéaste qui se fait de plus en plus rare) se veut plus que compétent. Le long-métrage bénéficie d'un rythme certain et il s'avère toujours sincère. Les interprètes, très bien dirigés, se livrent d'intéressants duels. Le plus significatif est celui entre Thomas Langmann, d'une douce profondeur sous ses airs enjôleurs, et de Wojtek Pszoniak, plus subtil qu'il ne le laisse paraître. Il ne faudrait toutefois pas oublier cette distribution secondaire qui comporte quelques surprises. Patrick Chesnais en vil individu étonne, tout autant que Clovis Cornillac qui, déjà à son jeune âge, ne s'en laisse pas imposer.

La musique mélodique de Roland Romanelli accompagne favorablement les situations sans jamais prendre le dessus. La piste sonore francophone, peu puissante et développée, valorise les dialogues qui demeurent aisés à entendre. Un avantage certain, car il n'y a aucun sous-titre de disponible. La jolie photographie ne croule pas trop sous les images à peine correctes aux couleurs peu éclatantes. La définition des contours est exemplaire, tout comme les contrastes généralement intéressants. En plus, il y a parfois un exquis noir et blanc qui fait oublier la présence du grain.

La pochette particulièrement hideuse est loin d'attirer positivement le regard. Il n'y a que le visage des deux acteurs principaux. Le menu principal du DVD, à peine plus intrigant, se limite à un montage de scènes sur une déstabilisante mélodie. À part visionner le tout, il n'est pas possible d'accéder à un chapitre en particulier ou d'insérer le moindre supplément.

Petit film qui ne casse absolument rien, "Les années sandwiches" se laisse toutefois bien regarder. Les comédiens sont généralement intrigants et les sujets sont abordés avec beaucoup de tact. Il n'y a cependant rien d'unique ou de mémorable pour que le cinéphile se souvienne du récit quelques journées après son visionnement. Au moins, pendant les 100 minutes que dure l'exercice, l'ennui se veut très rarement présent. C'est déjà ça de pris...


Cotes

Film6
Présentation2
Suppléments-
Vidéo6
Audio6