Antibodies (Antikörper)
2-Disc Special Edition
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Réalisateur: Christian Alvart
Année: 2005
Classification: NR
Durée: 128 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Allemand (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais (brulés dans l'écran)
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 2 (DVD-9 + DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
21 septembre 2007

Désirant ardemment devenir le prochain The Silence of the Lambs ou Seven, "Antibodies" tisse un récit qui tient généralement bien la route... avant de fracasser un mur religieux. Un beau périple, cependant trop marqué par l'accident de mi-parcours.

La police enquête sur le meurtre de treize enfants. Elle vient toujours juste d'arrêter le principal suspect, Gabriel Engel (André Hennicke), un être énigmatique et imprévisible. Derrière les barreaux de sa cellule, il désire seulement parler à Michael Martens (Wotan Wilke Möhring), un policier d'un petit village dont la fille a également été tuée. Dans les limbes de la violence, le virus du mal prend forme et il risque, à tout moment, de toucher les forces de l'ordre.

Cet ambitieux film allemand, concocté par Christian Alvart et présenté à Fantasia en 2005, souffre de sa propension à en faire trop. Plus le récit avance et plus il s'érode, finissant dans la farce. L'introduction, pleinement réussie, campe rapidement une atmosphère lugubre trop souvent négligée dans les polars américains. Après les abus de sang, place aux confrontations entre le méchant qui la joue un peu trop Hannibal Lecter et un Wilke Möhring pleinement habité par son personnage. Ce dernier évoluera graduellement vers la paranoïa et la peur, mettant parfois en péril le destin de sa femme dépassée par les évènements et de son fils turbulent.

Non content d'opposer la loi du talion à la morale et la dérive des grandes villes à la fraîcheur des petits villages, "Antibodies" va encore plus loin dans ses élans où David doit recevoir la pression de Goliath. C'est pourtant en versant à outrance dans la Bible que le talon d'Achille apparaît à l'air libre. Plus le synopsis avance et plus les raisonnements et les motivations évoquent le divin, le croyant et la foi. Ce symbolisme, appuyé ardemment, nuit énormément à une intrigue sans prétention et souvent même ironique qui prend rapidement le champ avec ce vent de prétention.

Bizarrement, cette déflagration se répercute même au niveau de l'image. Dans les premières scènes, elle frôle le sublime. La cinématographie de Hagen Bogdanski est d'une beauté éclatante, variant les couleurs (le bleu, le blanc, le vert) et les teintes comme un peintre devant une toile. Pourtant, peu à peu, les contrastes experts deviennent plus secondaires. Du blocage finit par apparaître sur des gilets et, surtout, les scènes sombres sont parfois affectées par du grain un peu trop accaparant.

Il n'y a toutefois aucun parasite sur le plan audio. Les deux pistes sonores allemandes sont d'excellente qualité et elles arrivent à créer des ambiances lugubres en laissant échapper des bruits de balles perdues, de la vitre, des feuilles, des pas, des gouttes de pluie, etc. La musique, peut-être un peu trop présente, arrive à être austère, triste et même techno en évitant généralement la surenchère. Afin de bien comprendre les mots qui sont dans la langue de Goethe, il y a de parfaits sous-titres blancs en anglais et en français.

Par sa pochette révélatrice (un homme nu avec un visage ensanglanté et un regard accusateur), ce suspense ne laisse pas indifférent. Heureusement, il n'y a pas d'effusion inutile d'hémoglobine. Le menu principal du DVD reprend ce thème en y alliant un montage psychotique et une musique particulièrement inquiétante. En plus du film, le premier disque comporte deux bandes-annonces. Le second est nettement plus riche en suppléments. Il y a tout d'abord une discussion très intéressante avec le cinéaste qui s'échelonne sur 30 minutes. Il est possible de voir l'envers du décor, d'aller en profondeur au cœur de l'intrigue et de noter les choix et les problèmes qui attendaient le réalisateur dans le détour. Ce segment, complet en lui-même, relègue le documentaire d'une demi-heure sur le tournage au second rang. Entendre les comédiens parler de leurs personnages est intéressant, sauf qu'il y a plusieurs idées similaires qui finissent par se recouper. Onze minutes de scènes coupées sont également disponibles. Malgré leur qualité intrinsèque, Alvart devait faire des choix. Surtout que sa version finale dépasse quelque peu les deux heures. Il y a finalement quelques séquences ratées qui peuvent être drôles.

Sans révolutionner le genre, "Antibodies" le porte à bout de bras pendant une bonne heure avant de faiblir et de s'écraser lamentablement avant la fin. Le montage a beau être expert et l'interprétation pimentée, lorsque le scénario prend l'eau, mieux vaut quitter le bateau. Le navire était pourtant si beau et prometteur...


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments6
Vidéo7
Audio8