Avril
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Gérald Hustache-Mathieu
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 96 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
12 septembre 2007

En 2003, "Peau de vache" de Gérald Hustache-Mathieu remportait le César du meilleur court-métrage. Quelques années plus tard, le réalisateur redonne des nouvelles avec "Avril".

Cette Avril en question (incarnée par Sophie Quinton, la muse du cinéaste) habite dans un couvent et elle est sur le point de prononcer ses vœux perpétuels. Sauf que quelqu'un lui révèle l'existence d'un frère jumeau. Pour le connaître et, surtout, pour en savoir davantage sur sa propre personne, elle part à sa rencontre. Pendant son périple, elle passera un long moment avec son frangin David (Clément Sibony), son copain homosexuel Jim (Richaud Valls) et le dévoué Pierre (Nicolas Duvauchelle).

Sympathique sans réellement sortir des sentiers battus, "Avril" est une œuvre axée sur la découverte. L'héroïne s'ouvre sur le monde, la musique, la différence et donc la vie et même l'amour. Elle côtoie des gens qui vont la changer profondément, pour le meilleur et pour le pire. Cette phase du récit se déroule surtout à l'extérieur. Le ton est léger mais toujours approprié, avec un bon humour qui fait souvent mouche. Les interprètes semblent beaucoup aimer jouer ensemble et leur chimie est palpable.

En contrepartie, Hustache-Mathieu ne peut s'empêcher de revenir au couvent, montrant la réaction des femmes dans cet environnement fermé qui étouffe le spectateur en très peu de temps. Au centre du récit se positionne Mère Marie-Josephe (Geneviève Casile) et surtout Sœur Bernadette (Miou-Miou). Dans cet endroit, le rythme s'engourdit, tombant rapidement au neutre, mettant sur la glace toute la verve apportée par la jeunesse. En liant ces deux univers à la toute fin, le cinéaste opte pour une finale prévisible et consternante, rappelant comment le destin peut difficilement être changé.

Malgré une réalisation peu chargée, la photographie s'avère tout à fait soignée. Les paysages demeurent majestueux, faisant voyager la protagoniste à des endroits insoupçonnés. Le climat est cependant un peu froid. L'atmosphère est sombre et les contrastes ne sont pas parfaits. Ainsi, les zones blanches sont un peu trop accentuées, alors que les instants plus noirs auraient bénéficié un peu plus de profondeur. Sur le plan musical, l'épuration a bien meilleur goût. Des airs religieux laissent rapidement la place à des mélodies plus populaires, dont le classique "Aline" de Christophe devient la pierre d'assise. Les pistes sonores francophones en Dolby Digital 5.1 et en 2.0 laissent un peu de place aux cigales, aux oiseaux et à ce souffle de Zéphyr sans réellement secouer l'ouïe. Les voix demeurent parfaitement audibles et un public encore plus large appréciera la présence de sous-titres anglophones.

La pochette est dans des tons de blanc, la couleur dominante de la production (pour le dévouement religieux, mais surtout pour l'innocence qui se perd de plus en plus). Elle montre la jeune Avril assisse sur le bord de la plage, à côté de trois compagnons masculins. Le menu principal du DVD reprend le tout sans y inclure de musique ou de mouvement. Une fois l'insertion du disque, il y a une bande-annonce du film "J'ai serré la main du diable" qui apparaît. C'est peu et il faudra s'en contenter, car il n'y a aucun autre supplément de disponible.

Ce qu'il ne faut pas faire, c'est croire ce qui est inscrit derrière le boîtier. Ainsi, "Avril" serait dans la lignée de 5x2 et Y tu mamá también. Cela n'a strictement rien à voir avec le film d'Ozon et celui de Cuaron est beaucoup plus sexualisé et politisé. Mais sans attente, le long-métrage de Gérald Hustache-Mathieu se regarde avec intérêt, jusqu'à cette fin extrêmement décevante.


Cotes

Film6
Présentation4
Suppléments-
Vidéo7
Audio7