Astérix aux Jeux Olympiques
Alliance Films

Réalisateurs: Frédéric Forestier, Thomas Langmann
Année: 2009
Classification: PG
Durée: 117 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51), Anglais (DD51)
Sous-titres: Français, Anglais
Nombre de chapitres: 22
Nombre de disques: 2 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935822158

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
16 janvier 2009

Pourquoi s'évertuer à continuer une série de films après trois bides? Le premier n'a pas cassé de records, le second, malgré une qualité certaine, n'a pas attiré les foules et le troisième, celui-ci, a surtout été remarqué pour sa remarquable pitrerie. Loin d'être le meilleur film de l'année, il a cependant le mérite de divertir là où un Fast and the Furious ne le pourrait pas. Injustement et trop sévèrement critiqué, il en résulte une meilleure adaptation... quoique Stéphane Rousseau sonne encore tellement québécois dans un univers supposé Français.

Alafolix (Rousseau) est épris de la princesse Irina (jolie mais caricaturée Vanessa Hessler). Pour obtenir sa main, il devra remporter les Jeux olympiques. Le fils adoptif de César, Brutus (Benoît Poelvoorde, LE meilleur acteur du film), a également les mêmes desseins, en plus de vouloir usurper le siège de César. Alafolix demande l'aide des Gaulois afin de surmonter les épreuves.

Second meilleur métrage de la série (Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre demeure mon favori à ce jour), l'adaptation s'écarte beaucoup de la bande dessinée originale. Là où la Gaule voyait une manière de montrer son statut d'irréductible, le film n'en fait rien d'autre qu'une preuve d'amour, qui plus est pour un personnage inventé pour les besoins. La sauce reprend l'intrigue du précédent opus: les Gaulois viennent en aide à un personnage. Le problème tient des interventions souvent inutiles, caricaturées et faiblardes de Stéphane Rousseau, mal utilisé, rappelant davantage Jar Jar Binks (Star Wars: Episode 1) qu'un Gaulois (il représente tout ce qu'un VRAI Gaulois n'est pas). Les implications "magiques" sont trop présentes pour être crédibles et soulever l'intérêt du spectateur. Malgré les défauts, plusieurs gags sont intéressants, notamment les tricheries dans les jeux, le dopage et le duo Poelvoorde-Delon (respectivement Brutus et César), qui parvient à offrir les meilleurs moments. On remplace également au générique Christian Clavier par Clovis Cornillac (les mêmes initiales, mais pas le même talent). Clavier offrait un Astérix plus reposé où Cornillac, qui pose parfaitement, mais joue moins bien. Depardieu est toujours aussi à l'aise en Obélix. Il EST Obélix dans sa charmante naïveté et Franck Dubosc dans le rôle d'Assurancetourix est drôle ("Moi aussi je suis fan de moi" à retenir). Les apparitions fusent de toutes parts dans cet épisode: Michael Schumacher, Jean Todd, Jamel Debouze et bien d'autres.

Côté suppléments, cette édition est plutôt complète: un second disque bourré de près de 150 minutes dont une revuette sur la production de 90 minutes. La première dans plusieurs pays, les costumes, les personnages, les sportifs figurant dans le film, le bêtisier, une galerie d'images et la bande-annonce (hilarante!) terminent les bonus. Il ne manquait qu'une piste de commentaires et le tout obtenait une note parfaite pour les suppléments. Pour le moment, c'est une édition plus que compétente, mais on occulte souvent le fait que ces films ne font pas l'unanimité dans la légion de fans qui diminuent d'année après année... il faut dire que chaque nouvel album d'Astérix atteint des records de puérilité et l'annonce d'un album à paraître en octobre 2009 refroidit les ardeurs de certains.

L'image est superbe. Les effets spéciaux sont bien imbriqués dans le film sans trop ressortir (la première scène de César en juxtaposition à la musique de Morricone est un excellent exemple). Les couleurs sont éclatantes et la palette est très variée. Malgré l'incohérence paysages-personnages (l'un ne va définitivement pas avec l'autre), tout est relativement beau et bien reproduit sans défaut apparent. Le son permet de se plonger à merveille dans la Gaule totalement occupée par les Romains... Toute? Non. Quelque part certains petits artéfacts sonores résistent encore et toujours à la technologie du Zone 1. Cependant, ils ne minent pas le déroulement du film, déjà amputé par la présence de l'accent très québécois de Rousseau (il lui aurait fallu un coach de dialecte). Les menus sont tous animés et musicaux. De la page principale au plus petit menu, tout est coloré et bien fait. Le changement de page se fait de façon un peu lente, mais les courtes animations en valent la peine. L'œil en a pour son argent.

Pas trop réussis, le film aurait bénéficié les services d'Alain Chabat (remercié par Uderzo qui a détesté le précédent film... preuve que le dessinateur ne reconnaît pas le bon du mauvais). Ici, les scénaristes se sont improvisés réalisateurs pour les "besoins" de la cause et grand mal leur en prend puisque le pitch initial était superbe. L'album, transcrit case par case aurait donné un film fabuleux, un croisement de comédie et de péplum comme jamais vu auparavant. Le film demeure simplement sympathique et se noie un peu trop dans le propos sportif, limitant ses héros gaulois au strict minimum (on s'ennuie de Depardieu ou Cornillac? On les place ici et là...). Les irréductibles méritaient mieux que ça et force est de constater que Chabat a été le seul à pouvoir retranscrire l'univers de Goscinny et Uderzo avec le plus de crédibilité. Vivement un cinéaste aussi courageux.


Cotes

Film7
Présentation9
Suppléments9
Vidéo9
Audio9