Au fond des bois
Axia Films / TVA Films

Réalisateur: Benoît Jacquot
Année: 2010
Classification: 16+ (QC)
Durée: 102 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 824255007672

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
5 février 2012

"Au fond des bois" de Benoît Jacquot n'est vraiment pas pour tous les appétits. Les cinéphiles les plus courageux découvriront pourtant un peu de poésie qui s'échappe de ce film âpre et rude.

Timothée (Nahuel Perez Biscayart) erre, se faisant passer pour un être simplet, sourd et muet. Un jour, il reçoit l'hospitalité d'un docteur aisé et de ses proches. Pour les remercier, il viole sa fille Joséphine (Isild Le Besco) et l'envoûte par l'hypnose, l'obligeant à le suivre. Ils parcourent les bois sans relâche, se nourrissant de ce qu'ils peuvent trouver sur leur chemin. Bien que la jeune femme cherche à prendre la poudre d'escampette, elle est incapable de retrouver ses esprits et de rompre le charme...

Le cinéaste français Benoît Jacquot est capable du meilleur (Villa Amalia) comme du pire (L'intouchable). "Au fond des bois" se situe entre ces deux extrémités, ressemblant parfois à un cauchemar éveillé, une longue nuit sans fin dont est incapable de se réveiller l'héroïne. Sa nouvelle œuvre est réalisée avec aisance et souplesse, utilisant sa fantastique photographie pour en mettre plein la vue. Si la reconstitution historique est crédible (le tout se déroule en 1865), son scénario se veut volontairement répétitif et mystérieux, multipliant les scènes sexuelles qui sont parfois insoutenables.

Puisque les motivations des individus demeurent souvent dans l'ombre, il faut parfois se laisser porter par le climat bien particulier de l'ouvrage. Un mélange de fascination et de répulsion opère tant aucun des personnages n'est particulièrement attrayant. Les interprètes offrent cependant des performances vigoureuses, ce qui n'empêche pas le spectateur d'éprouver un certain dédain à leur égard.

La musique de Bruno Coulais est d'une rare intensité, développant une ambiance inquiétante. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 est extrêmement active, faisant ressortir des enceintes des bruits de pluie, de feu, de vent, et d'orages. Les dialogues s'entendent correctement. Des sous-titres auraient été appréciés afin de saisir tous les marmonnements de Timothée. Les images à la fois froides et élégantes sont constituées d'un peu de grain, mais également de teintes séduisantes, d'une solide palette de couleurs et de contrastes nuancées.

Le visage des deux comédiens apparaît sur le boîtier qui n'attire pas nécessairement le regard. Une fois l'insertion du disque, quelques bandes-annonces apparaissent. Par la suite, c'est le film qui débute. Il n'y a donc aucun menu et aucun supplément.

Par sa structure et la nature de ses thèmes, "Au fond des bois" n'aurait certainement pas déplu à Claude Chabrol. Un membre de la bourgeoisie se voit extirper de sa condition, devant lutter pour regagner sa liberté et sa dignité. Ce long-métrage n'est pas facile à regarder et encore moins à digérer, sauf qu'il ne s'oubliera pas de sitôt.


Cotes

Film6
Présentation2
Suppléments-
Vidéo7
Audio8