Au nom de ma fille
TVA Films / A-Z Films

Réalisateur: Vincent Garenq
Année: 2016
Classification: G (QC)
Durée: 87 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 824255023665

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Ducharme
6 octobre 2016

Après Présumé coupable et L'enquête, le cinéaste Vincent Garenq n'en finit plus de se pencher sur les dysfonctionnements de la justice française et européenne. C'est également le cas pour son dernier essai, "Au nom de ma fille", dans lequel les lacunes judiciaires transforment la vie d'un homme en un véritable enfer. Mettant en vedette l'excellent Daniel Auteuil et la Québécoise Marie-Josée Croze, cette production se voit offerte depuis peu en format DVD pour le plus grand plaisir de leurs amateurs.

Le 10 juillet 1982, André Bamberski, expert-comptable, ne peut croire à la mort par accident de sa fille de 14 ans, Kalinka, qui passait des vacances chez sa mère et son beau-père, le docteur Dieter Krombach, au bord du lac de Constance, en Allemagne. Rapidement, les circonstances de son décès paraissent suspectes. Le comportement de Dieter Krombach d'une part et l'autopsie partielle du corps de Kalinka d'autre part laissent beaucoup de questions sans réponse. Très vite convaincu de la culpabilité du médecin allemand, André Bamberski se lance dans un combat pour le confondre. Durant trente ans, celui-ci est devenu l'obsession de sa vie.

Malgré sa courte durée d'une heure et demie, le film "Au nom de ma fille" expose avec intelligence et efficacité le calvaire de la vie d'André Bamberski. Tout en traversant les époques, nous suivons cet individu dont l'obsession et les difficultés judiciaires ne cessent de s'alourdir. Au point qu'il n'a plus qu'à se rabattre sur des moyens illégaux afin de rendre justice à sa défunte fille. Au départ, dépeint comme un homme froid et calculateur, André Bamberski réussit à nous toucher par sa douleur et son impuissance face aux événements auxquels il est plongé. D'autant plus que son caractère combatif n'arrive tout simplement pas à prendre le dessus sur les revers de la justice. D'un côté, il doit se battre pour mettre en prison l'assassin de sa fille et de l'autre, il doit se battre contre les gouvernements de différents territoires européens. De cette façon, on devient très rapidement empathique envers ce père rongé par le chagrin et la rage. Un fait qui est naturellement aidé par l'interprétation remarquable de Daniel Auteuil qui porte littéralement la production sur ses épaules. Accompagné de comédiens tout aussi convaincants, le film "Au nom de ma fille" devient ainsi passionnant du début jusqu'à la fin. Toutefois, doté d'une réalisation peu inventive, il semble être conçu davantage pour la télé que pour les cinémas. Par ce fait, le dernier essai du cinéaste Vincent Garenq se démontre efficace, mais n'arrive jamais à créer de l'émotion outre qu'au travers de ses comédiens. Avec un montage plus créatif et des plans plus recherchés, celui-ci aurait pu rehausser au maximum tout son potentiel dramatique dont son sujet représente. Néanmoins, le tout mérite amplement d'être découvert, autant pour son récit, sa critique judiciaire et sa qualité de distribution.

Composé d'une image parsemée de belles couleurs et d'une reproduction des détails bien imaginée, l'intégralité nous propose une qualité technique qui correspond parfaitement à nos attentes. Du côté son, le tout se montre d'aussi bonne qualité en procurant énormément de crédibilité aux environnements dans lesquels André Bamberski mène son combat.

Par son scénario qui arrive à condenser magnifiquement bien une histoire longue d'une trentaine d'années et une critique judiciaire efficace, le film "Au nom de ma fille" se montre tout simplement excellent. Bien que la réalisation soit peu imaginative, la production nous tient en haleine grâce à Daniel Auteuil qui démontre à nouveau toute l'étendue de son talent.


Cotes

Film8
Présentation8
Suppléments-
Vidéo9
Audio9