Au revoir Lénine!
Les Films Séville

Réalisateur: Wolfgang Becker
Année: 2003
Classification: 14A
Durée: 118 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Allemand (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Albert
21 août 2004

"Au revoir, Lénine" est un film dont j'entends parler depuis longtemps. Lors de sa sortie, il ne fut projeté que dans quelques salles, mais son histoire a fait un malheur auprès des spectateurs. Moi j'ai appris la sortie du film grâce à cette chère Varda à l'émission "Tête de Proulx" à la radio 98.5 FM. Le film a donné beaucoup de contenu à cette émission puisque que de temps à autre on y parlait de salles grand public qui projetaient de plus en plus le film dans sa langue originale allemande avec sous-titres français (du rarement vu pour le grand public). De plus, Gille Proulx s'est mis à nous parler de ses voyages en Allemagne de l'Est et des choses qui sont discutées dans le film. Ça faisait longtemps que j'avais mordu à l'hameçon, mais j'attendais la sortie DVD du film pour le visionner dans le confort de mon foyer.

L'histoire tourne autour d'Alex Kerner (Daniel Brühl) qui a grandi en Allemagne de l'Est avec sa sœur Ariane (Maria Simon) et mère Christiane (Katrin Sass). Leur père s'est sauvé à l'Ouest et les deux enfants lui en veulent de les avoir laissés. Après son départ, la mère d'Alex est devenue le fier symbole du progrès social et de la lutte contre petites injustices de la vie en regard des besoins simples de la population. Elle écrivait régulièrement à l'état des tas de suggestions constructives. Dix années passent et la République Démocratique Allemande avait 40 ans. Le 7 octobre 1989, Alex se joint à plusieurs centaines de personnes dans une manche revendiquant la liberté. C'est là qu'il rencontre parmi la foule la charmante Lara (Chulpan Khamatova). C'est là aussi que sa mère va le voir en train de se faire mettre dans le panier à salade par les policiers... un choc pour elle qui lui causera un arrêt cardiaque et la plongera dans un profond coma puisque les autorités sont bien trop occupées avec les manifestants.

Dans son sommeil, elle manque le départ du président du conseil de la RDA, la chute du rideau de fer et du mur, les excursions de son fils vers l'Ouest, les premières élections libres et les changements de vie de ses enfants, dont les premiers amours de son fils avec l'infirmière de garde... Lara! Mais voilà qu'elle se réveille à la surprise de docteurs qui avertissent Alex qu'un choc émotionnel pourrait la tuer. Son monde s'est cependant volatilisé. Maintenant IKEA, Coca-Cola, BMW, tous des noms qui ont maintenant leur place à l'Est, mais viennent contaminer le décor du musée vivant qu'il veut créer pour sa mère pour la protéger de ce choc. Alex fait tout son possible pour mettre en place des meubles d'une époque pas si loin que cela, mais le plus difficile est de trouver les aliments d'il y a à peine huit mois. Le café Mocca Fix et les biscottes Fillinchen anciennement fabriqués par la patrie sociale ont fait place aux produits internationaux. Même les cornichons préférés de sa mère, les Spreewald, sont remplacés par la marque hollandaise Moskauer Gurken. Plus ça avance, plus son petit plan prend de l'ampleur... maman veut maintenant regarder la télé!

La bande-annonce du film nous fait croire à une comédie légère, mais dès les premiers instants du film, nous savons que c'est bien plus que cela. En effet, nous rions, mais nous ne pouvons laisser passer les émotions qui entourent cette famille qui vit au centre des plus grands changements de leur époque à l'âge où l'on construit son avenir. La découverte de la vérité autant pour Christiane que pour Alex et Arianne va amener une multitude de remise en question, les vérités du passé ne sont plus que de la fumée autant socialement qu'émotionnellement. La statue de Lénine qui salue au passage est vraiment représentative de la confusion qui règne parmi les émotions des personnages. Les acteurs nous font transpirer tout cela d'une façon naturelle et nous nous laissons convaincre facilement (ça aide de ne pas connaître aucun de ces acteurs).

La qualité de l'image est très bien. Les seuls artéfacts de compression vraiment dérangeants arrivent lorsqu'il y a de la fumée (et c'est minime) ainsi que durant les crédits de la fin. Les scènes précédant la tombée du mur sont intentionnellement remplies d'artéfacts vidéo de couleurs sépia pour montrer de l'âge, mais les scènes en couleurs de l'histoire principale sont très bien transportées sur le média. Il en est autant pour le son qui vous transporte dans l'action dans toute son ambiophonie, principalement dans la marche de protestation et la scène de "discothèque gothique" où nous semblons prendre place avec les personnages.

Côté suppléments, nous avons d'abord deux pistes de commentaire en allemand avec sous-titres. La plus intéressante pour moi est probablement la seconde qui est avec les acteurs Daniel Brühl (Alex) et Katrin Sass (Christiane) qui nous parlent de leurs souvenirs de tournage et l'impact que le film a eu sur eux. La première piste de commentaires, avec le réalisateur Wolfgang Becker, est plutôt technique et nous parle du procédé de tournage de son film très en profondeur. Originalement, le film avait 164 minutes, mais a dû être ramené à 118 minutes... donnant place à une bonne quantité de scènes retranchées. Becker et le réalisateur Tom Tykwer (Run Lola Run), qui a aidé à réduire de presque une heure la durée du film, nous parlent de leur approche à la structure pour couper les scènes. Ensuite, ils nous montrent plusieurs scènes en expliquant leur raison d'être et la raison de les couper. Encore une fois, tout est en allemand sous-titré en anglais. Disons que c'est la section de scènes retranchées que j'ai le plus aimé depuis que je fais la revue de DVD!

Ensuite, un segment nommé "Lenin Learn to Fly" montre comment l'informatique a été très utilisée dans le film pour redonner son âme au Berlin de 1989. Becker, Moritz Peters (artiste des effets visuels) et Manfred Krämer (artiste 3D) nous montrent des exemples de scènes qui n'ont plus du tout l'allure de 1989 aujourd'hui avec tous ces nouveaux édifices, les affiches publicitaires et même les lignes blanches sur le sol. Peters et Krämer nous racontent aussi les différentes versions de la statue de Lénine qu'ils ont créées pour d'abord satisfaire le réalisateur. Jamais en visionnant le film je m'étais aperçu qu'il y avait autant d'effets numériques. Cela est suivi d'un mini documentaire sur la production avec beaucoup de séquences derrière les caméras... en fait, juste cela. Il aurait été redondant s'il y avait eu des commentaires ici aussi, car tout a été passablement dit dans les items précédents. Le dernier item supplémentaire à ce DVD est la version intégrale d'"Aktuelle Kamera", l'émission d'information créée de toutes pièces par Alex et son ami pour alimenter la fantaisie de sa mère et corriger leurs gaffes.

Voilà une édition du tonnerre pour ce qui est pour moi sans aucun doute le film étranger de l'année. L'inclusion de la piste sonore française sur ce DVD va sûrement attirer les gens d'ici à visionner ce film, mais je vous suggère fortement de le visionner dans sa langue originale allemande avec sous-titres pour mieux apprécier la couleur de ce pays.


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