L'Aveu
Christal Films

Réalisateur: Costa-Gavras
Année: 1970
Classification:
Durée: 135 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
12 novembre 2005

Né Constantinos Gavras à Athènes en 1933, il n'est pas difficile d'expliquer la passion pour le film politique du cinéaste connu aujourd'hui sous le nom de Costa-Gavras quand on connaît ses origines. Son père, un Grec vivant en Union Soviétique, décide d'émigrer aux États-Unis, mais s'arrête en chemin à Athènes où il finira par demeurer en permanence. Petit bureaucrate soupçonné de communisme, il est constamment harcelé par les autorités à une époque où les gauchistes pouvaient facilement être privés de passeport, de permis de conduire et d'accès à l'université. Ceci a profondément marqué le jeune Constantinos qui, à l'âge de 20 ans, se rend à Paris étudier la littérature à la Sorbonne et par la suite le cinéma au IDHEC (Institut des Hautes Études Cinématographiques). Il devint plus tard réalisateur et après avoir tourné le fabuleux Z en 1969, il s'attaque encore une fois à l'extrême droite dans "L'Aveu", un film qui condamne les purges Stalinistes en Tchécoslovaquie dans les années 1950.

Prague 1950. Malgré un passé irréprochable, A. L. (Yves Montand), qui se fait appeler Gérard, Vice-Ministre des affaires étrangères, est traqué par le parti, enlevé, incarcéré et accusé d'espionnage envers l'Union Soviétique et la Tchécoslovaquie. Sans comprendre ce qui lui arrive, il sera soumis à la torture psychologique et à de longs interrogatoires où on lui demande d'avouer sa trahison envers le parti. Au fil des mois, il s'aperçoit qu'il est victime d'une machination politique.

Basé sur des faits réels, "L'Aveu" est inspiré des mémoires d'Artur London (A. L.) sur le procès Slansky, où lui-même et treize autres anciens membres des brigades internationales d'Espagne, en majorité juifs, furent faussement accusés d'espionnage et inculpés pour trahison envers le parti. Le film est dominé par les dialogues et les interrogatoires paraissent parfois répétitifs, mais le cinéaste parvient à briser la monotonie en utilisant un montage serré, des mouvements de caméra, des retours en arrière et des arrêts sur des images fixes, comme ces portraits de Staline accrochés aux murs. La palette de couleurs aux tons gris et sales utilisée par le directeur photo Raoul Coutard contribue à souligner l'ambiance déprimante et claustrophobe des lieux. De plus, la déshumanisation systématique de Gérard est superbement exécutée. Privé de sommeil, les yeux souvent bandés, forcé de marcher continuellement dans sa cellule, il perd graduellement la notion du temps et, brisé, finit par se comporter comme un automate. Acteur fétiche du réalisateur, "L'Aveu" est d'ailleurs le film d'Yves Montand, sublime, dont le personnage se transforme lentement sous nos yeux du provocateur colérique au résigné qui finira par accepter son sort.

Côté technique, le film comporte le même avertissement que Z, mais le transfert anamorphosé est de bonne qualité. Tourné presque entièrement dans des intérieurs sombres, le film propose une image un peu granuleuse, mais elle demeure passablement claire. Quelques taches, débris et égratignures apparaissent ici et là, mais rien de trop grave. Le niveau des contrastes et des détails est adéquat et les couleurs rendent bien la grisaille et la morosité des lieux. La qualité des extraits de films d'archives en noir et blanc varie de moyenne à pauvre. La piste sonore en Dolby Digital 5.1 m'est apparue plutôt fade, et les enceintes arrière sont peu mises à contribution. Les dialogues sont cependant clairs et sans distorsion apparente. La présentation est standard, le boîtier simple ne contient pas d'encart et les menus, animés de scènes du film et accompagnés de musique ne proposent que deux options: Film et Scènes. Aucun supplément n'est offert sur cette édition.

Costa-Gavras ne fait pas de propagande politique et ne souscrit pas à un point de vue en particulier. Comme à son habitude, il se contente de souligner que si le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt totalement. "L'Aveu", malgré certaines longueurs, nous en fait une fascinante démonstration. Si je ne m'abuse, il n'existe pas d'autre version de ce film en région 1 ni dans aucune autre région. Malgré l'absence de suppléments, celle-ci est acceptable et mérite à tout le moins une location.


Cotes

Film8
Présentation4
Suppléments-
Vidéo8
Audio7