Awakening Of The Beast: Coffin Joe
Image Entertainment

Réalisateur: Jose Mojica Marins
Année: 1969
Classification: NR
Durée: 100 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Non
Langue: Protugais (Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1

Ce DVD est disponible chez :

Selon Guillaume Potvin
3 janvier 2002

Dans les années 60 au Brésil, un professeur observe les effets de la drogue sur toutes les classes sociales de la population. Quatre cobayes volontaires décideront de prendre part à une expérience à base de LSD, qui fera jaillir leurs angoisses et leurs perversions les plus enfouies. Dans leur "trip", ils rencontreront Coffin Joe, un fossoyeur maléfique, qui jouera les maîtres de cérémonie dans ce délire psychédélique aux accents cauchemardesques. Ces quatre cobayes sont-ils véritablement sous l'influence de LSD ou bien sous l'influence de Coffin Joe?

Souvent comparé à Luis Buñuel, José Mojica Marins est le metteur en scène le plus important du cinéma underground brésilien. C'est également celui qui fut le plus frappé par la censure dans toute l'histoire du pays. C'est avec son personnage Zé do Caixao (rebaptisé Coffin Joe aux États-Unis) qu'il s'est fait connaître. Ce personnage est devenu une vraie icône "pop" au Brésil, au même titre que Dracula, Frankenstein ou Jason aux États-Unis.

J'ai beaucoup aimé Awakening of the beast et particulièrement la scène délirante du "trip" de LSD (filmé en couleur contrairement au reste du film en noir et blanc). Scènes surréalistes où, par exemple, des créatures incarnées par des fesses fument le cigare! (assez spécial...) Ce film fut tourné avec très peu de budget et évoque parfois les films d'Ed Wood, mais avec toute fois plus de style et d'adresse. J'ai trouvé par contre que la première partie du film contenait quelques longueurs en nous montrant plusieurs scènes d'usage de drogues et d'actes de perversion qui à l'époque devait être très provocatrices, mais qui aujourd'hui semblent plutôt répétitives. De plus, le commentaire social véhiculé dans le film est un peu simpliste. C'est tout de même un film très intéressant qui est maintenant considéré comme une oeuvre culte de premier ordre par les initiés du genre, tout comme les deux premiers films de José Mojica Marins (At Midnight I'll take your Soul et This Night I'll possess your corpse).

Pour ce qui est du DVD, Fantoma a fait dans l'ensemble un bon travail. L'image provient d'un nouveau transfert digital tiré à même les négatifs (35 mm) originaux, le tout dirigé par le réalisateur lui-même. Malgré quelques rayures et taches ici et là, l'image est très acceptable. La piste de son Dolby Digital mono 2.0 est quant à elle moins réussie. Beaucoup de grichements, de distorsions, des voix qui sonnent cacannes, se retrouvent sur la bande son. C'est un peu dommage, mais Fantoma assure qu'ils ont utilisé le meilleur matériel encore existant possible, à même la collection personnelle du réalisateur. Mais, étonnamment, je trouve que pour ce genre de film, un son imparfait tel qu'il est présenté, colle bien à l'esthétique du film. Bref, ça ne m'a pas dérangé plus qu'il ne le faut. On retrouve en supplément sur ce DVD, trois bandes-annonces (celle du film et celles de ses deux premiers films) et une entrevue assez intéressante avec José Mojica Marins racontant des anecdotes sur ses films (dix minutes approximativement). Finalement, une reproduction de 38 pages d'une bande dessinée de Coffin Joe comme on pouvait en trouver à l'époque au Brésil (mais pour la première fois en anglais), est incluse dans le boîtier.

Grâce à l'initiative de Fantoma, José Mojica Marins (même si son film fut banni pendant vingt ans) peut enfin présenter à l'Amérique ce qu'il considère comme son chef-d'oeuvre.


Cotes

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