Bad Education
Original Uncut NC-17 Version
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Pedro Almodóvar
Année: 2004
Classification: 18A
Durée: 105 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Raphaël Gendron-Martin
15 mai 2005

Il est des cinéastes dont les nouvelles œuvres sont toujours attendues avec impatience. L'Espagnol Pedro Almodovar fait partie de ceux qui ont vu la plupart de leurs longs métrages être acclamés partout à travers le monde. "Bad Education" (La Mala Educacion) ne fait pas exception, le film ayant été présenté en ouverture du dernier Festival de Cannes. On pourrait affirmer sans se tromper que ce film était l'un des plus attendus de la carrière d'Almodovar. D'abord parce qu'il met en vedette Gael Garcia Bernal, l'acteur mexicain le plus en demande à l'heure actuelle. Également parce qu'Almodovar a pris rien de moins que dix ans pour écrire le scénario de ce long métrage. Pendant cette période d'écriture, l'auteur a pondu deux grands films, Todo sobre mi madre (Tout sur ma mère) et Hable con ella (Parle avec elle), qui lui ont mérité plusieurs récompenses internationales.

Pourquoi cela lui a pris dix ans pour écrire ce scénario? Lorsque questionné à cet effet, Almodovar répond que l'histoire de "Bad Education" se veut en quelque sorte autobiographique et que cela lui a pris du temps pour se détacher des événements. "L'éducation que nous avons reçue était à propos de la culpabilité, du péché et du châtiment", raconte-t-il à propos de son expérience à l'école catholique. La trame narrative de "Bad Education" est inspirée d'une courte histoire qu'Almodovar a écrite à l'adolescence.

Le récit débute dans les bureaux d'une compagnie de film. Un jeune homme vient y rencontrer le cinéaste Enrique en lui disant qu'il est son ami d'enfance, Ignacio, qu'il n'a pas vu depuis seize ans. Cet homme, qui se fait désormais appeler sous son nom d'artiste Angel, est un comédien qui souhaite jouer dans le prochain film d'Enrique. Angel a aussi écrit le scénario d'un long métrage, "The Visit", qu'il remet au réalisateur pour qu'il le lise, car celui-ci recherche activement une idée pour son prochain film. Dans les jours suivants, Enrique parcourt les pages du scénario d'Angel. "The Visit" raconte l'histoire de Zahara, une drag-queen, qui fait du chantage à un prêtre en le menaçant de dévoiler leur passé scandaleux (il l'a abusé dans son enfance) si celui-ci ne lui donne pas un énorme montant d'argent. En lisant le script, Enrique y trouve un bon filon pour son prochain film. Mais alors qu'il prépare le tournage du long métrage, il se rend compte que l'histoire de "The Visit" est biographique et que les véritables faits sont encore plus troublants que quiconque l'aurait imaginé.

"Bad Education" raconte donc deux histoires en même temps. Gael Garcia Bernal figure dans les deux récits, alors qu'il campe les rôles d'Angel et Zahara. Encore une fois ici, l'acteur fait preuve de son immense talent en offrant tout un éventail d'émotions. Qu'il soit naïf, excentrique, ludique, volubile, renfermé ou mesquin, Bernal est à tout coup crédible. C'est la première collaboration de l'acteur avec Almodovar et espérons que ce ne soit pas la dernière. Fidèle à son habitude, Almodovar a écrit une histoire où la sexualité est hautement présente. Ici, c'est l'homosexualité masculine qui prime. Les scènes sont parfois dérangeantes et s'adressent à un public averti. Malgré tout, il ne faut pas s'attendre à des séquences explicites, car Almodovar y est plutôt allé de façon très suggestive.

Le film ici critiqué provient de l'édition américaine. Les sous-titres proposés ne sont offerts qu'en anglais, ce qui peut rebuter certaines personnes. Le menu du DVD est très simple puisqu'il ne contient que des images statiques sur chacune des pages. Aucune musique ni animation n'est offerte, ce qui est décevant, mais pas surprenant, car le film n'est pas américain. L'aspect visuel est de très bonne qualité. Le film comprenant de nombreuses couleurs de vêtements et décors, celles-ci ressortent très bien dans la majorité des scènes. Pour ce qui est de l'aspect sonore, celui-ci est on ne peut plus acceptable. L'ambiophonie n'est présente que dans les scènes plus intenses ou musicales. Mais somme toute, la qualité est très bien et les dialogues sont audibles.

Du côté des suppléments, ceux-ci ne sont pas bien nombreux, mais la récolte semble être plus généreuse que l'édition de Séville. D'abord, il y a deux scènes qui ont été supprimées au montage. Celles-ci mettent toutes deux en vedette des personnages secondaires qui n'apportent rien de plus à l'histoire. Ensuite, nous avons droit à un vidéo de plus de 18 minutes qui a été réalisé lors de la première du film au AFI Film Festival. Ce supplément aurait pu être grandement intéressant, mais ce n'est vraiment pas le cas, malheureusement. Dans le vidéo, on nous montre des entrevues avec Almodovar, Bernal et Penélope Cruz, la muse du réalisateur. Cependant, ces entretiens sont coupés par de trop longues séquences du film (parfois de deux à trois minutes). On perd donc rapidement tout intérêt. À la fin du vidéo, on y voit le discours qu'a prononcé Almodovar dans la salle tout juste avant la projection du film. Là encore, cette intervention est plutôt longue et inintéressante, car les propos du réalisateur sont à peine audibles et celui-ci parle avec un traducteur. Décevant.

Vient ensuite le supplément sur le traditionnel documentaire sur la production. Là encore, on aurait pu faire quelque chose de très intéressant. Mais dans le cas ci-présent, on ne montre qu'un court montage musical effectué à partir de séquences en coulisse. Accompagné de la très belle musique d'Alberto Iglesias (c'est lui qui a composé tout l'environnement sonore du film), le segment est beaucoup trop court alors qu'il ne dure même pas deux minutes. Comme autre supplément, il y a aussi la possibilité d'écouter la piste de commentaires de Pedro Almodovar. Celui-ci parlant en espagnol, la piste peut heureusement être écoutée avec des sous-titres anglais. Sauf que cette option n'est annoncée à aucun endroit dans le menu. Pendant le film, il faut plutôt utiliser la télécommande pour changer les sous-titres et aller à ceux d'Almodovar. La piste est intéressante et le réalisateur raconte beaucoup de détails sur l'histoire et le tournage. Les suppléments se concluent avec une galerie de près d'une quarantaine de photos qui sont, pour la plupart, des affiches du film. Enfin, pour ceux que ça intéresse, dix bandes-annonces sont disponibles, dont la plupart sont des films d'Almodovar.

Encore une fois, Pedro Almodovar a réussi le pari d'offrir un autre excellent film de son cru. Contrairement à ses plus récentes œuvres, "Bad Education" n'est toutefois pas pour un public général. C'est pourquoi il est conseillé d'opter pour une location plutôt qu'un achat dans ce cas-ci. D'autant plus que l'édition proposée par Sony Pictures n'est pas des plus mémorable.


Cotes

Film8
Présentation5
Suppléments6
Vidéo8
Audio7