La belle personne
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Christophe Honoré
Année: 2008
Classification: 14A
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 629159040271

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
9 octobre 2009

Christophe Honoré continue de parler de l'amour dans "La belle personne", une adaptation libre du roman La princesse de Clèves de Madame La Fayette. Un film précieux, romantique et mélancolique, qui se laisse apprécier avec le temps.

À Paris, la vie adolescente est souvent perturbée par le fil du quotidien. De passage chez son cousin, Junie (Léa Seydoux) fait tourner les têtes. Si elle décide de fréquenter rapidement le jeune et parfait Otto (Grégoire Leprince-Ringuet), rien ni personne ne s'attendait que son professeur d'italien (Louis Garrel) lui fasse la cour. Entre deux hommes, elle devra faire un choix, ou prendre la poudre d'escampette pour ne pas trop souffrir...

Le cinéaste Christophe Honoré a son univers bien à lui. Dans chacun de ses longs-métrages, il développe ses obsessions universelles, où il aborde la peur de s'engager, la jalousie, l'amour qui fait mal et la complexité des relations humaines. S'inspirant clairement de la Nouvelle Vague, d'abord de Demy, puis de Godard et Truffaut, ses opus sont des hymnes romantiques et romanesques, au style très français et verbeux, où il s'accapare du beau en initiant un jeune public à l'art, à l'importance des langues et des mots, à l'opéra, à la littérature, à la poésie et au cinéma de répertoire.

Comme dans son précédent et excellent Les chansons d'amour, des quiproquos et des relations difficiles scelleront quelques destins malheureux, et l'être humain n'aura pas le choix de parler pour se faire justice. La mise en scène du cinéaste, clairement théâtrale et au rythme pas toujours soutenu, présente son éternelle famille de cinéma, avec quelques caméos jouissifs (Chiara Mastroianni, Clotilde Hesme), un Grégoire Leprince-Ringuet attachant et un Louis Garrel en éternel séducteur (à quand un rôle de vampire pour lui?), tout en faisant connaître de nouveaux visages, dont le plus mémorable s'avère la douce et fragile Léa Seydoux. Une distribution éclatante et solide qui fait toute la différence.

Bien que les chansons soient moins au rendez-vous, la musique a toujours son importance, dévoilant les élans du cœur par les mélodies d'Alain Barrière, de Nick Drake et d'Alex Beaupain. La piste sonore francophone n'utilise presque pas les différentes enceintes, se concentrant à l'avant sur les dialogues qui s'entendent instantanément. D'assez visibles sous-titres blancs sont disponibles pour un public anglophone. Les images réalistes ne sont pas éclatantes. Ce n'est pas trop grave. Même si les contrastes sont un peu sombres, le niveau des détails demeure intéressant, et les couleurs s'avèrent fidèles.

La pochette est tout simplement magnifique. Le visage resplendissant et angélique de Léa Seydoux baigne dans un rouge vif, représentant l'amour, la passion et l'interdit. Le menu principal du DVD reprend exactement ce concept. Tout y est statique, sauf qu'une pièce musicale extrêmement mélodique se fait entendre. Les amateurs du cinéaste seront amèrement déçus d'apprendre qu'aucun supplément n'a été retenu pour cette édition.

"La belle personne" concentre la vie adolescente dans un microcosme fermé qu'est un lycée, laissant libre cours aux fantasmes et aux amourettes de ces âmes qui arpentent les corridors en quête de bonheur et de nouvelles expériences. Tout à fait dans le ton des précédents essais d'Honoré, le film ne fera peut-être pas de nouveaux adeptes. Il réconfortera toutefois ses plus fidèles admirateurs en jonglant avec ses thèmes récurent qui peuvent toucher tout un chacun. Peut-être moins mémorable que Dans Paris et Les chansons d'amour, mais néanmoins indispensable à tous les amants du septième art français.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments-
Vidéo7
Audio7