Best of Global Lens: Brazil
Mango Yellow / Cinema, Aspirins and Vultures / Magarette's Feast / Almost Brothers
First Run Features

Réalisateurs: Cláudio Assis / Marcelo Gomes / Renato Falcão / Lúcia Murat
Année: 2002 / 2005 / 2003 / 2004
Classification: NR
Durée: 100 / 99 / 80 / 102 minutes
Ratio: Divers
Anamorphique: Divers
Langue: Portugais (DDST) - Muet pour "Magarette's Feast"
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 4 (DVD-5)
Code barres (CUP): 720229914819

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
17 octobre 2011

Bien que quelques noms me viennent à l'esprit lorsqu'on parle de cinéma Brésilien, des réalisateurs comme Glauber Rocha, Hector Babenco, Walter Salles ou encore, dans un autre registre, Jose Mojica Marins, il est vrai qu'on connaît peu de choses des films de ce lointain pays d'Amérique du Sud. En effet, à l'exception de quelques chefs-d'œuvre comme La Cité de Dieu qui viennent bouleverser quelque temps les sphères hollywoodiennes et le paysage cinématographique mondial, il semblerait que très peu de films brésiliens se rendent jusqu'à nous. Sous une forme ou une autre.

Heureusement, il y a quelques années, le distributeur américain First Run Features s'est joint à une université et à la fondation The Global Film Initiative ayant pour but de promouvoir la diversité culturelle et de faire découvrir le monde par le cinéma, et s'est mis à nous offrir périodiquement de belles trouvailles du monde entier. Avec la sortie récente du coffret "The Best of Global Lens – Brazil", on retrouve donc quatre beaux longs-métrages en provenance du pays de Lula. Des films qu'on n'aurait sinon probablement pas eu la chance de voir autrement.

"Mango Yellow" (Amarelo Manga) de Claudio Assis qui ouvre l'ensemble montre un côté plus étrange et sensuel du paradis pour touriste qu'est Recife. Au travers de quelques courtes histoires, on découvre la vie et les mœurs de personnages tournant autour d'un bar et d'un hôtel bas de gamme de l'endroit. Un boucher, un travesti, une jeune mariée chaste et un nécrophile ne sont que quelques-uns des êtres étranges qui peuplent le récit. Sympathique, mais sans plus.

Avec "Cinema, Aspirins and Vultures" (Cinema, Aspirinas E Urubus), on découvre le Brésil rural des années quarante. Dans le superbe road-movie de Marcelo Gomes on suit les péripéties d'un Allemand exilé qui traverse la campagne brésilienne dans son camion pour vendre des aspirines. Grâce à un projecteur 16mm, il projette un petit court métrage aux habitants des régions visitées sur les biens faits de l'acide acétylsalicylique et fournit ensuite les médicaments aux clients. Sur son chemin il fera quelques rencontres marquantes qui le pousseront à réfléchir sur sa vie. Bien que lent et contemplatif, ce petit bijou tout en sobriété est certainement la découverte du coffret. Gagnant de plusieurs prix, le film nous montre une petite tranche de vie d'une époque révolue avec sensibilité et passion.

"Magarette's Feast" (A Festa de Margarette) est un objet cinématographique des plus intrigants. Bien que tourné récemment en 2002, le réalisateur a choisi le film muet en noir et blanc pour nous raconter la vie de ses personnages. Un peu surréaliste. Tourné à la manière du cinéma muet brésilien des années 30, "Margarette's Feast" trace un portrait de deux familles d'ouvriers apparentées vivant sous le même toit. Pendant que l'un des beaux-frères rêve de magie et de féerie et tente malgré tout de donner une réception inoubliable pour l'anniversaire de sa femme, l'autre rêve d'argent et de gravir l'échelle sociale. Une fable sociale et politique et un petit régal si on arrive à se mettre dans l'état d'esprit nécessaire.

Pour clore le tout, un film sur le racisme et la ségrégation. "Almost Brothers" (Quasi Dois Irmaos) de la cinéaste Lucia Murat trace le portrait de deux amis d'enfance, l'un noir et l'autre blanc qui se retrouvent en prison après des années. L'un est devenu sénateur et est enfermé pour des raisons politiques alors que l'autre est vendeur de drogue et un criminel de droit commun. Mais au-delà de leurs différences, les deux amis retrouveront leur verve d'antan. Petit regard éclairé sur quarante ans d'histoire du Brésil et sur les tabous et stéréotypes attachés à la couleur de la peau.

Au niveau de la qualité vidéo, l'ensemble est assez bien. Il manque peut-être un peu de profondeur au niveau des teintes parfois, mais les couleurs sont généralement assez pleines. Les contours et les détails sont aussi satisfaisants.Les bandes son varient aussi d'un film à l'autre. Et même s'il est apparent que la prise de son originale et les moyens techniques différaient d'un film à l'autre, le résultat global est plus qu'acceptable.

Les suppléments disponibles sont des notes biographiques et quelques entrevues écrites des artisans des films ainsi que des galeries de photo. Comme c'est aussi toujours le cas avec la série Global Lens on retrouve un guide de discussion qui servira aux éducateurs ou aux professeurs lorsque les films seront discutés avec les élèves.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments7
Vidéo8
Audio8