Betty Blue
Unrated Director's Cut
Columbia TriStar Home Entertainment

Réalisateur: Jean-Jacques Beineix
Année: 1986
Classification: R
Durée: 185 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Portugais
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
31 octobre 2004

Le réalisateur Jean-Jacques Beineix est un marginal, un artisan perfectionniste passionné de cinéma qui tourne peu et n'accepte aucun compromis. Il ne laisse personne indifférent. Son premier film, Diva, est encensé par la critique et Césarisé. Acclamé, Beineix devient le dieu du "nouveau cinéma français". Il enchaîne avec La Lune dans le Caniveau qui s'avère un échec monumental. On le traîne dans la boue et il passe du ciel à l'enfer. Humilié, mais pas complètement détruit, il réalisera par la suite "Betty Blue" (de son titre original"37.2° le matin") adapté du roman de Philippe Dijan. Comme par provocation, Beineix ouvre le film avec une scène de baise d'anthologie qui fera de la pulpeuse Béatrice Dalle la Bardot de l'époque. Le cinéaste est demeuré lui-même et le film est un succès mondial. Columbia Tristar nous présente la version longue du réalisateur qui fait plus de trois heures.

Zorg (Jean-Hugues Anglade) mène une existence paisible comme homme à tout faire responsable de l'entretien de maisonnettes sur une plage de France. Il rencontre la sulfureuse et imprévisible Betty (Béatrice Dalle) qui viendra habiter avec lui. C'est l'amour fou, mais Betty est un volcan qui s'active et explose à la moindre contrariété. Après une dispute avec le patron de Zorg, nos deux tourtereaux mettent les voiles et trouveront refuge chez une amie qui tient un petit hôtel. Betty, après avoir lu le manuscrit d'un roman écrit par Zorg, est convaincue qu'il a un talent fou et se met en tête de le faire publier. Cela devient une obsession et avec chaque refus d'un éditeur Betty s'enfonce dans la dépression. Elle devient de plus en plus instable et ses excès de violence deviennent incontrôlables. Alors que Betty glisse inexorablement vers la folie, l'amour de Zorg ne fera que grandir.

L'amour est aveugle. Voilà le thème de ce film qui, malgré ses trois heures, n'en finit plus de surprendre et d'étonner. L'histoire est assez simple, mais on se laisse emporter par les tourments de cette passion conflictuelle où se mêlent sexe, tendresse, humour et violence. Le souci de l'esthétisme de Beineix est par ailleurs évident. Chaque plan est étudié et la cinématographie lumineuse donne aux décors un aspect quasi surréaliste qui fait opposition à la passion destructrice. Béatrice Dalle est sulfureuse, émouvante, et campe admirablement un personnage complexe. Jean-Hugues Anglade est tout aussi convaincant en homme aveuglé par la passion, qui croit que son amour parviendra à vaincre tous les obstacles. Les personnages secondaires (le Eddie de Gérard Darmon est savoureux) sont également rendus de façon impeccable. "Betty Blue" a tout raflé aux Césars en 1987. Il le méritait.

Le transfert vidéo est excellent. On note bien une certaine granularité de l'image de temps à autre ainsi qu'une légère accentuation des contours, mais rien de dérangeant. L'image est donc claire, les couleurs sont riches et vibrantes, et les tons de peau (important quand on passe beaucoup de temps tout nu) sont réalistes. Le contraste et le rendu des noirs sont à point et les intérieurs parfois sombres laissent apparaître le moindre détail. Veuillez noter que, comme le ratio original du film est de 1.66:1, on a choisi de réaliser un transfert anamorphosé en utilisant la méthode du "boxing", c'est-à-dire que l'on a préservé le ratio original, mais que l'on retrouve des barres noires de chaque côté de l'image ("pillarboxing") sur une télé 16:9 ou en haut et en bas de l'image ("windowboxing") sur une télé 4:3 conventionnelle. Cette méthode est de loin préférable puisque autrement, ou bien on se contente de nous offrir un transfert non-anamorphosé, ou on coupe en haut et en bas de l'image pour produire un ratio 1.77:1 et on perd de l'information. Côté sonore, la piste en Dolby Digital 5.1 est adéquate. L'activité est concentrée dans les haut-parleurs avant comme il se doit dans un film du genre, mais laisse quand même entendre quelques effets ambiophoniques lors des scènes qui le permettent. L'excellente musique aérienne de Gabriel Yared nous titille l'oreille sans jamais devenir omniprésente et les dialogues sont toujours clairs, facilement audibles et sans distorsion apparente. Les menus sont statiques et de navigation aisée. Malheureusement, il n'y a aucun supplément mis à part quelques bandes-annonces.

"Betty Blue" a atteint au fil des temps le statut de classique du cinéma français. La qualité technique du DVD étant au rendez-vous, je vous le recommande fortement.


Cotes

Film9
Menu5
Suppléments2
Vidéo7
Audio8