The Black Belly of the Tarantula
Blue Underground

Réalisateur: Paolo Cavara
Année: 1971
Classification: NR
Durée: 98 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono), Italien (Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
12 mars 2006

Même si le nom de Paolo Cavara est inévitablement associé au phénomène Mondo Cane, ce dernier a profité de son séjour derrière la caméra pour explorer de nombreux genres, dont le "giallo". Mettant à profit son côté un peu lugubre, il concocta quelques films policiers dignes d'intérêt au tournant des années 1970 dont le sympathique "The Black Belly of the Tarantula" qui met en vedette le grand comédien Giancarlo Giannini ainsi qu'une kyrielle de "Bond Girls". On peut donc voir dans ce film, les Claudine Auger, Barbara Bouchet et Barbara Bach exhiber leurs appas au grand plaisir de la gent masculine.

Ce film raconte l'histoire d'un tueur en série qui s'attaque à de très belles femmes. Dans un premier temps, il paralyse ses victimes en insérant une immense aiguille au niveau des vertèbres cervicales puis les tuent à l'arme blanche en s'assurant qu'elles soient témoins de leur propre mort. L'enquête sera confiée au détective Tellini (Giancarlo Giannini) qui commence sérieusement à remettre son choix de carrière en question face à cet implacable tueur qui ne laisse pas de traces et qui empêche son enquête d'avancer. Le seul indice liant tous ces crimes est le fait que ces femmes se rendaient régulièrement au même spa et c'est en remontant vers ce point commun qu'il souhaite trouver le déclencheur qui pourrait lui permettre d'élucider cette sordide affaire.

Paolo Cavara donne exactement au spectateur ce qu'il est en droit de s'attendre en visionnant ce "giallo", c'est-à-dire de l'érotisme et du sang. Le rythme est assez rapide et soutenu pour ce genre de film et comme à l'habitude l'enveloppe visuelle est un régal pour l'œil. Les décors et les prises de vue sont particuliers et méritent d'être soulignés. L'univers musical est l'affaire d'Ennio Morricone et encore une fois c'est un rendez-vous avec la quintessence musicale que l'on a droit. Rappelant l'univers des films de Dario Argento (The Bird with the Crystal Plumage), de par son intrigue tordue et son ambiance, ce film est un délice pour l'œil, et ce, dans tous les sens du mot.

Comme à l'habitude "Blue Underground" nous offre un transfert vidéo rematricé d'une qualité surprenante. À part pour quelques endroits où la pellicule est légèrement abîmée, ce transfert propose une image pleine de détails et riche en couleur. Les noirs sont profonds ainsi que les contrastes. Seuls quelques renforcements de contour sont visibles de temps à autre. Le volet sonore propose la trame sonore italienne d'origine ou sa contrepartie anglaise, toutes deux monaurales. Les trames ont été nettoyées des bruits et des "Hiss" et elles n'offrent aucune forme de spatialité. Son mixage avec l'univers musical d'Ennio Morricone est splendide.

La pièce maîtresse des suppléments est sans contredit l'entrevue faite avec Lorenzo Danon, le fils du scénariste. D'une durée de quinze minutes, il nous parle de son père, de son implication dans la coproduction du classique Rififi de Jules Dassin. Puis, il nous parle plus précisément de ce film, évoquant sa genèse et en relatant des anecdotes de tournage. Le tout est présenté en italien et des sous-titres anglais l'accompagnent. La bande-annonce du film ainsi qu'une promo télévisée complètent les suppléments.

"The Black Belly of the Tarantula" est un des meilleurs "giallos" réalisés dans les années 1970. Tout y est, une intrigue policière bien ficelée, de belles femmes, de l'érotisme, du sang et même une maudite bonne fin. Il faut se rappeler que ce genre de film faisait littéralement frissonner son auditoire au début des années 1970 et il en excitait une grande partie avec son côté sexuel. C'est sûr que les références contemporaines font en sorte que ce film paraisse dénué d'intérêts, mais il faut comprendre que pour en être rendu là où nous en sommes côté cinéma, il a fallu des artisans qui ont forcé la note. Ceux qui ont contribué au genre "giallo" font partie de ces téméraires et il faut se féliciter qu'une compagnie comme "Blue Underground" s'y intéresse et nous permet de pouvoir revoir certains classiques de ce genre policier.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments4
Vidéo8
Audio6