Brighton Rock
Alliance / Studio Canal

Réalisateur: Rowan Joffe
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 110 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 13
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935571018

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
7 janvier 2012

Remake consciencieux d'un long métrage britannique des années 1940, "Brighton Rock" enveloppe de son atmosphère de film noir. Devant la précision de la mise en scène, l'histoire finit par s'éparpiller et les personnages à manquer de finition. Reste un divertissement de classe, à voir pendant une tempête de neige.

Une guerre entre gangs oblige Pinkie (Sam Riley) à voler de ses propres ailes et à liquider les gens qui pourraient lui faire du mal. C'est ainsi qu'il fréquente la jeune et naïve Rose (Andra Riseborough), la seule personne qui a le pouvoir de le dénoncer. La patronne (Helen Mirren) de cette dernière ne voit rien de bon dans cette relation et elle tentera par tous les moyens d'y mettre fin.

Ce qui frappe d'entrée est la réalisation étonnamment moderne de Rowan Joffe, qui a décidé de camper son essai dans l'Angleterre de 1964. La reconstitution d'époque est impressionnante, le rythme extrêmement rapide pique instantanément la curiosité et une tension ne tarde pas à apparaître. Ce suspense a toutefois tendance à perdre de la vigueur à mesure que le récit se développe. La vraisemblance est constamment mise à l'épreuve, tout comme ces thèmes qui ne sont pas toujours explorés en profondeur. Celui qui en souffre le plus est la religion, pierre d'assise de l'effort.

La distribution comporte de talentueux comédiens qui sont coincés dans des rôles à demi développés et rarement aimables. Anti-héros qui fronce continuellement les sourcils, Sam Riley n'est pas très convaincant. Surtout lorsqu'il doit se mesurer à la grande Helen Mirren, à la délicate Andrea Riseborough ou encore aux toujours justes Andy Serkis et John Hurt. C'est pourtant lui qui a la mission de porter le film sur ses épaules, l'empêchant de prendre son envol comme il le devait. Cela ne gâche heureusement pas trop la sauce et l'œuvre se suit tout de même avec un certain intérêt.

La musique jazzée et lourde de sens rappelle que l'ensemble ne se prend pas toujours au sérieux. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 surprennent par leur vivacité. Des bruits de sirènes, de vagues et de sonneries de téléphone envahissent largement les enceintes. Les dialogues sont généralement compréhensibles et il est possible d'insérer de très potables sous-titres blancs. Les images sont agrémentées de couleurs fidèles, de contrastes soignés et de teintes élégantes. Un rendu technique qui renforce l'esthétisme en place.

La pochette blanche présente les trois protagonistes. Elle demeure représentative, quoiqu'un peu fade et peu attirante au regard. Le menu principal du DVD propose plutôt un intéressant montage de scènes et une mélodie grandiloquente. Les bonus méritent l'attention. Il y a une heure d'entrevues en compagnie du cinéaste, d'un producteur et de pas moins de huit acteurs! Les questions posées sont simples et les réponses, éclairantes. Il y a également un documentaire qui permet de voir l'énergie sur le plateau de tournage, un segment plus traditionnel qui présente l'histoire et les personnages, ainsi qu'une bande-annonce.

Donnant surtout le goût de découvrir le roman de Graham Greene et la précédente adaptation de John Boulting, la version de "Brighton Rock" de Rowan Joffe est un film noir honnête. Sam Riley n'est pas très à l'aise dans le rôle principal et l'ambiance semble parfois plus importante que les enjeux dramatiques, mais la quête est suffisamment prenante pour qu'on la suive jusqu'au bout.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments7
Vidéo8
Audio8