Le bruit des glaçons
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur:
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 87 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DDST)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 629159046945

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
7 août 2011

Drame existentiel à la fois très drôle et absurde, "Le bruit des glaçons" ravive la carrière du cinéaste Bertrand Blier tout en proposant un irrésistible duo de comédiens: celui formé de Jean Dujardin et d'Albert Dupontel. À savourer jusqu'à la dernière goutte.

Charles (Jean Dujardin) est un écrivain alcoolique qui se remet difficilement de sa rupture avec sa femme. Il habite une énorme maison en compagnie de sa ménagère Louisa (Anna Alvaro). Un jour, il reçoit la visite de son cancer (Albert Dupontel) qui lui annonce que ses jours sont comptés...

Il y a des films difficiles à résumer. "Le bruit des glaçons" en est un excellent exemple tant il grouille de thèmes sous-jacents, importants ou pas. Il s'agit tout d'abord d'une méditation sur la vie et la mort, sur l'amour, l'amitié et la paternité. Des sujets universels qui sont traités avec mélancolie et justesse malgré quelques passages beaucoup plus kitch et moralisateurs. Le long-métrage est pleinement conscient de ce qu'il est et il s'amuse à forcer la dose, volontairement, seulement pour voir ce qui va arriver.

Et il s'en passe des choses en moins de 90 minutes! Des cancers obligent des gens à modifier leurs comportements, des personnages secondaires apparaissent comme par magie pour bousculer les cartes et lorsque l'essai commence à faire du surplace, l'intrigue redémarre sur des chapeaux de roue grâce à un nouvel élément déclencheur. Une spirale d'émotions et de sensations fortes que des interprètes chevronnés rendent avec bonne humeur. Jean Dujardin fait oublier le décevant Les petits mouchoirs en incarnant à la perfection le pathétisme vivant. À ses côtés, Albert Dupontel est truculent avec ses réparties savoureuses. La chimie aurait pu se limiter au premier degré (comme chez Veber), mais elle prend ici des proportions insoupçonnées. C'est toutefois Anna Alvaro qui vole constamment la vedette à ses collègues masculins, elle qui a remporté le César du meilleur second rôle féminin pour ce rôle mémorable. Un prix grandement mérité.

La réalisation désinvolte fait objet de catalyseur, s'avérant d'autant plus surprenante qu'elle est exécutée par Bertrand Blier qui n'avait rien offert de très intéressant ces 20 dernières années. Si le créateur de Les valseuses a toujours sa vision bien à lui sur le genre féminin (chassez le misanthrope et il revient au galop), l'homme derrière Trop belle pour toi semble s'être un peu calmé. Il a cette fois privilégié la réplique qui tue, le scénario qui ne manque pas de rebondissements, et la mise en scène morcelée parsemée d'ellipses et de mécanismes de métafiction. Ce ton décalé complètement imprévisible prend souvent racine dans la musique, qui débute dans le suspense le plus infernal, pour migrer vers des séquences plus légères et comiques, avant de laisser émaner quelques pointes plus dramatiques.

Ces airs parsemés de Leonard Cohen et de Jacques Brel laissent bonne impression. Terriblement timide, la piste sonore francophone en Dolby Digital 2.0 titille les enceintes de bruits d'oiseaux et de crépitements de feu, se concentrant à rendre toujours audible les nombreux dialogues. De potables sous-titres blancs sont disponibles pour un public anglophone. Les images aux couleurs intéressantes souffrent de teintes parfois blanchâtres, de contrastes inégaux et d'un peu de blocage. La qualité des détails est cependant relevée.

La pochette blanche demeure cocasse, présentant les deux acteurs dans un verre, accompagnés de glaçons. Le menu principal du DVD épouse cette idée statique, qui est accompagnée d'une mélodie revigorante. En omettant les bandes-annonces qui apparaissent une fois l'insertion du disque dans le lecteur, aucun supplément ne se retrouve sur cette édition.

Croisement improbable entre le Faust de Goethe et le style désincarné développé par Alain Resnais dans ses récents opus (notamment Les herbes folles), "Le bruit des glaçons" est un grand délire qui fait beaucoup rire dans sa façon d'instaurer un second degré qui ne peut que déconcerter. Si toutes les comédies pouvaient lui ressembler...


Cotes

Film7
Présentation3
Suppléments-
Vidéo6
Audio6