Bullet Collector
Artsploitation Films

Réalisateur: Alexander Vartanov
Année: 2011
Classification: NR
Durée: 121 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Russe (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 854555004033

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
18 février 2013

La compagnie de distribution Artsploitation Films adore provoquer en mettant sur le marché des films différents, qui sortent le spectateur des sentiers battus, les amenant complètement ailleurs. Leur dernière proposition, "Bullet Collector", ne fait pas exception, s'avérant culte pour les uns et indigeste pour les autres.

Un adolescent russe (Ruslan Nazarenko) se fait battre par son beau-père et il est le souffre-douleur de son école. Il rêve pourtant de se venger, de tout quitter pour revivre ailleurs. C'est d'ailleurs ce qu'il confie à son amie de cœur, et sa façon de se "sortir" de son quotidien risque de faire couler beaucoup de sang...

Variation contemporaine sur le classique Les 400 coups de François Truffaut, "Bullet Collector" d'Alexander Vartanov est un premier long-métrage très particulier, qui se présente tout d'abord comme un exercice de style. La réalisation est singulière, stylisée et parfois tape-à-l'œil, jouant avec les effets, les ombres et les miroirs, rompant cette mince ligne qui existe entre la réalité et le fantasme.

Cauchemardesque à souhait, le récit à la fois violent, grotesque et poétique s'apparente aux premiers essais de David Lynch. Rien n'est clair et si le cinéaste se regarde parfois filmer et que son rythme vaporeux est loin d'être au point, il sait comment déranger. Surtout qu'il peut compter sur des acteurs convaincus pour faire réagir. Au passage, il explore de nombreux thèmes importants (l'adolescence, la relation avec les parents et les autres, la dualité au sein de l'être humain, etc.), prenant le pari d'oser, et ce, même s'il risque de trop en faire.

La musique hypnotisante donne des frissons tout en étant généralement mélodique. La piste sonore russe en Dolby Digital 2.0 n'utilise les enceintes que pour faire ressortir quelques bruits stridents... qui font sursauter! Afin de bien suivre la trame narrative, il est impératif d'insérer les visibles sous-titres blancs qui peuvent parfois se perdre à l'écran. Pourquoi? Parce que la sublime photographie est déjà en noir et blanc. Ce choix extrêmement esthétique offre heureusement des images de grande qualité, détaillées et impressionnantes, qui sont accompagnées de contrastes généreux et de teintes volontairement granuleuses.

La pochette réversible propose deux croquis sinistres qui piquent rapidement la curiosité. Un très instructif livret de 12 pages contient une argumentation sur la production et une entrevue avec le réalisateur. Le menu principal du DVD est soigné et minimaliste, reprenant une des images se trouvant sur le boîtier, tout en l'accompagnant de subtils mouvements et d'un air musical incroyablement stressant. En revanche, les suppléments ne s'échappent jamais de leur superficialité. Il y a un documentaire de 25 minutes sur le tournage où on n'y apprend presque rien, quelques minutes de séquences supprimées assez inutiles, des auditions des comédiens, une bande-annonce et une série de publicités.

Peu importe que l'on sente les influences en regardant "Bullet Collector". C'est rare qu'une œuvre aussi radicale voie le jour. Seulement pour ça, il faut s'y attarder. Tout d'abord par curiosité, pour assister à ce fascinant exercice de style. Puis en se jetant littéralement au cœur des enjeux, ce qui permet d'observer une puissante métaphore de la Russie moderne. Imparfait, l'effort n'en est pas moins courageux et audacieux. De quoi vouloir suivre de près les prochains opus de son metteur en scène.


Cotes

Film7
Présentation8
Suppléments3
Vidéo8
Audio7