Paradise
Film Movement

Réalisateur: Andrei Konchalovsky
Année: 2016
Classification: G / Déconseillé aux jeunes enfants (QC)
Durée: 132 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Russe, Allemand, Français, Yiddish (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 859686006567

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
7 février 2018

Le vétéran cinéaste russe Andreï Konchalovsy est de retour avec "Paradise", une oeuvre somptueuse à bien des égards qui laisse toutefois filtrer d'immenses interrogations morales et cinématographiques.

Les horreurs de la Seconde Guerre mondiale vues selon les yeux de trois personnages de nationalité différente (France, Allemagne, Russie).

Ce long-métrage réalisé avec minutie (il a été récompensé à la Mostra de Venise) qui multiplie les regards sur un événement donné peut compter entre ses rangs d'excellents comédiens. Ce sont leurs sorts que l'on garde en tête lorsque l'histoire - et l'Histoire - baigne dans la tragédie. Le récit épouse deux voies diamétralement opposées, d'inégale intensité. Il y a celle de style (pseudo) documentaire qui renverse par sa force dramatique. Puis il y a les séances narratives de pure fiction où le dialogue parfois ampoulé ne convainc pas toujours. Sans être au point, ce mélange ne laisse pas indifférent, piquant allègrement la curiosité malgré la trop longue durée de l'entreprise.

La photographie en noir et blanc est tout simplement majestueuse, utilisant différents ratios d'images. Le détail est précis, les teintes incroyables et les contrastes d'une profondeur admirable. Les pistes sonores qui alternent entre les langues sont enveloppantes, immersives en cas de besoin (pas sur le plancher, grilles de prisons, explosions) tout en soignant les nombreux dialogues (souvent les héros se trouvent face à la caméra, décrivant ce qui s'est passé). Afin de tout comprendre, il y a de visibles sous-titres blancs en anglais.

La jolie pochette montre les visages de personnages clés, tout en privilégiant l'eau et le ciel. Le menu principal du disque est similaire. Il est statique, brassé par une mélodie mouvementée. Le seul supplément est l'intéressant court-métrage "Red Snow" de Luka Popadic qui se déroule dans le même climat trouble. C'est évidemment trop peu.

"Paradise" est tellement beau visuellement que cet immense soin finit par magnifier la réalité, ce qui est un grave problème dans le cas qui nous intéresse. Un peu comme les déchirements de Jacques Rivette devant Kapo, le problème sur les films sur l'Holocauste se pose toujours. Qu'est-ce qu'on montre à l'écran? Qu'est-ce qu'on laisse en hors champ? En quoi le cinéma se doit d'être respectueux du passé et ne pas chercher à le recréer de façon indécente? Des questions qui méritent d'être explorées.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments2
Vidéo9
Audio8