Bienvenue à la maison (Bienvenido a casa)
Métropole Films Distribution

Réalisateur: David Trueba
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 118 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol (DDST)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
28 juillet 2007

La peur d'être père est un des nombreux thèmes de l'irrésistible comédie "Bienvenue à la maison" (du titre espagnol original "Bienvenido a casa"). Malgré ses airs de déjà-vu, le nouveau petit film de David Trueba se visionne aisément et il ne comporte aucun effet secondaire.

Samuel (Alejo Sauras) vient tout juste d'emménager avec sa copine Eva (Pilar Lopez de Ayala). Le jour où il décroche un emploi dans un journal, son amoureuse lui apprend qu'elle est enceinte. Mais comment va réagir ce jeune homme qui a été élevé par une mère célibataire ultra protectrice? Surtout qu'il vient de revoir une amie d'enfance qui est dans une drôle de situation. Peu importe ses choix et ses décisions, le photographe en herbe peut toujours compter sur la présence de ses nouveaux amis, même si leurs conseils sont loin d'être judicieux.

Les films sur la peur de la paternité sont légion et celui-ci ressasse un peu les mêmes éléments. L'homme sent sa liberté voler en morceau et il doit devenir un homme. Pour y arriver, il va rompre avec son passé, affronter sa mère, voir s'il ne serait pas mieux ailleurs et après des séparations de très courtes durées, il réalise comment son être aimé lui procurait l'amour et la sécurité désirés. Les surprises ne sont donc pas de mise et l'histoire manque un peu de rythme. Surtout que certaines séquences tirées par les cheveux apparaissent, comme cette génitrice qui fait n'importe quoi pour apporter un peu de support à son fils.

Le réconfort apparaît plutôt dans la mise en scène. Trueba filme la peau de près et il pimente judicieusement ses dialogues. Plusieurs métaphores musicales apparaissent, dévoilant au passage quelques sous-entendus sexuels. Le milieu journalistique décrit ne manque pas d'humour et de cynisme. En Espagne aussi, n'importe qui peut accéder au quatrième pouvoir et les gens qui pratiquent ce métier se terrent derrière des façades creuses. Le plus révélateur est ce critique de cinéma aveugle (!) qui est dirigé par un chien guide... aveugle! Cette ironie n'est pas bien méchante, mais elle décrit parfaitement le ton de la production.

Un autre élément qui sépare "Bienvenue à la maison" de tous les Nine Months de la planète est le soin accordé aux personnages. Ils sont ici colorés, franchement sympathiques et toujours très humains. Les figures représentent des codes préétablis (la fille dure, le tombeur, le révolutionnaire de gauche, le père au foyer), sauf que ces figures s'échappent à l'occasion de leur condition, faisant rire au passage. Quant au duo principal, il est très crédible, quoiqu'Alejo Sauras aurait pu en faire beaucoup plus.

Cet hymne à la vie de Madrid alterne entre quelques superbes poses en noir et blanc et des images en couleurs plus ordinaires. Parfois, la luminosité est trop présente, mais généralement, les couleurs réalistes se fondent admirablement bien aux éclairages délicats où les baisers retenus apparaissent. Le cinéaste s'intéresse parfois plus aux regards qu'aux mots et ce n'est pas rare qu'un dialogue important disparaisse dans l'air. Cela ne l'empêche pas de baigner son opus dans un climat tendre où des airs de musiques populaires subsistent à côté de mélodies aux pianos plus vaporeuses. La piste audio espagnole est très timide, ce qui donne toute la latitude aux voix de séduire. Pour tout comprendre, mieux vaut peut-être opter pour de beaux sous-titres blancs en anglais ou en français.

Le résultat final est loin d'être banal, mais la présentation l'est terriblement. Deux acteurs se regardent et le fond jaune n'est pas très agréable. Bien que le menu principal du disque bénéficie d'une belle pièce délicate, la photo statique en arrière-plan est plutôt ordinaire. Et les suppléments dans tout ça? Eh bien, il faudra faire son deuil, car il n'y en a aucun.

Sans même avoir bénéficié d'une sortie au cinéma, "Bienvenue à la maison" est la preuve vivante que de petits trésors peuvent sortir directement en DVD. Ce n'est pas le long-métrage de l'année et des thématiques un peu usées peuvent freiner la location ou l'achat, sauf qu'il faut prendre une chance et se jeter à l'eau. Les personnages sont adorables, la bonne humeur est perpétuelle et la vision du réalisateur est loin d'être quelconque.


Cotes

Film7
Présentation3
Suppléments-
Vidéo7
Audio7