Apocalypse: La 2e Guerre mondiale
E1 Entertainment / Les Films Séville Pictures

Réalisateurs: Isabelle Clarke, Daniel Costelle
Année: 2009
Classification: NR
Durée: 320 minutes
Ratio: 1.77:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 3 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212103858

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Albert
3 septembre 2010

"Apocalypse: La 2ième Guerre mondiale" est une série documentaire en six épisodes de 52 minutes qui avait été présentée à l'antenne de TV5, il y a quelques mois, et ce, dans plus de 162 pays. Elle débute avec la fin de la guerre au moment où les Soviétiques attaquent Berlin et font payer e peuple allemand. Une femme raconte "qu'il est mieux d'avoir un Russe sur le ventre qu'un Américain sur la tête". De là, on nous retourne en 1932 alors que l'Allemagne est la capitale de la liberté du peuple qui s'est relevé, mais où que les anciens combattants de la Première Guerre grognent toujours. Hitler arrive, se fait élire légalement et débute sa montée, tel que raconté par la voix grave de Mathieu Kassovitz à la narration sous la musique discrète du fameux compositeur japonais Kenji Kawai. Kassovitz utilise des écrits, des lettres des soldats et des commentaires de l'époque pour mettre du poids aux images. On y raconte pas que l'avancement d'Hitler, mais aussi l'état des pays de l'époque, comment ils étaient avancés (ou pas) dans la motorisation, la misère dans l'approvisionnement, les pertes humaines et de territoire, ainsi que de l'esprit des gens qui s'en allait à la guerre à reculons.

Pour avoir vu des tas de documentaires du genre avec des images d'archives, je peux vous dire que la série "Apocalypse" est très bien faite, spécialement par les textes lus par Kassovitz qui couvre beaucoup plus que les images nous montrent. Le texte est davantage intéressant par son ajout de quelques lignes d'historique des gens importants de cette guerre à mesure que l'on nous les présente à l'écran. On en apprend sur toutes la ligne plein d'informations diverses qui viennent mettre du poids à notre opinion de cette guerre. On couvre entre autres l'Amérique profonde qui se dissocie de la guerre même si elle construit des avions pour les Alliés - Charles Lindbergh et son "America First", l'antisémite constructeur automobile Henry Ford et étonnamment l'ambassadeur américain à Londres Joseph P. Kennedy (le père de JFK) qui est pro-allemand, sans compter les Nazis américain et anglais! On nous explique aussi le genre de lavage de cerveau fait aux soldats et au peuple allemand. Alors que beaucoup de documentaires recyclent toutes les mêmes images du domaine public, dans "Apocalypse" je n'ai presque pas vue d'images de ce genre, presque tout du de l'inédit à l'exception des images des parades que nous voyons partout. Il faut dire que c'est le Service Cinéma des Armées qui est en majeure partie la source au lieu des habituelles archives américaine.

La série est complètement3 construit d'images d'archives, tronquées pour satisfaire les écrans panoramiques, partiellement colorées (certains existaient déjà en couleurs) pour satisfaire ceux qui n'aiment pas les films en noir et blanc... ce qui pourrait fâcher les irréductibles de la préservation. Les images provenant de diverses sources sont retrouvées dans des états de lamentable à très clair, plusieurs hors focus, d'autres époustouflantes. Somme toute, le résultat est quand même intéressant, quoique rempli d'artefacts provenant des négatifs originaux et quelques autres causés par les agrandissements d'images déjà numérisés (pour donner un look moderne comme les séries d'enquêtes). La série ajoute un niveau d'inconfort supplémentaire lorsque nous entendons des effets sonores ambiophoniques qui ont été ajoutés aux images d'archives. Intéressant, mais tellement déplacé dans du documentaire historique.

Je parlais plus tôt du Service Cinéma des Armées. Hé bien parmi les suppléments distribués sur les trois disques de l'ensemble, nous retrouvons deux séries d'une trentaine de minutes de documents étonnants de ce service qui s'appelle de nos jours l'ECPAD qui n'ont pas été inclus dans le documentaire faute de place (les scènes retranchées en quelque sorte). Sous la forme de newsreels, on nous les présente non coupés avec la narration de l'époque. Un de ces segments nous rappelle l'émission Comment c'est fait en nous montrant la fabrication d'une cartouche de balle (5000 à l'heure). Le dernier disque de l'ensemble comprend aussi un documentaire de cinquante minutes sur la production dans lequel Isabelle Clarke, Daniel Costelle et leurs collaborateurs expliquent les deux ans et demi de boulot qui a été requis pour construire de grand documentaire ainsi que le livre d'accompagnement. Vous allez rire un bon moment avec le duo Clarke-Costelle, quelque chose de rafraichissant après avoir visionné plus de six heures d'images de guerre. Je n'avais jamais réalisé que c'était un très difficile travail de mettre bout à bout des films en s'assurant que ce sont des événements bien réels qui ont été filmés et non de la propagande mise en scène, et ce, à travers 600 heures et plus d'archives. On y apprend aussi que la piste sonore a complètement été créée a neuf par Gilbert Courtois pour permettre une consistance tout le long du documentaire et la méthode utilisée pour la coloration du programme.

Aussi disponible sur disque Blu-ray, je vous conseille cette série, surtout si vous avez déjà navigué dans le monde de ces montages de newsreels et de films de guerre. Ceux qui ont suivi les six épisodes à la télévision française voudront surement répéter l'expériences.... et pourquoi pas en haute définition.


Cotes

Film8
Présentation5
Suppléments9
Vidéo5
Audio6