Apocalypse - Hitler
Entertainment One / Les Films Séville Pictures

Réalisateurs: Isabelle Clarke, Daniel Costelle
Année: 2011
Classification: PG
Durée: 108 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212004247

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Albert
7 novembre 2012

Les dimanches 22 et 29 janvier 2012, certains d'entre vous avez peut-être vu sur les ondes de Télé-Québec un documentaire à propos d'Adolphe Hitler réalisé par Isabelle Clarke et Daniel Costelle et narrée par Mathieu Kassovitz. Dès lors, j'ai cru qu'il s'agissait d'une version épurée du documentaire de 2009 Apocalypse, la 2e Guerre mondiale de la même équipe. Hé bien non. C'est du nouveau matériel qui raconte les premiers pas de cet homme jusqu'à son ascension au poste de Führer, la préparation de la fameuse "Apocalypse" du premier documentaire.

Les images inédites de ce documentaire sont d'un intérêt marquant pour les fans de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Avec le tas d'images recyclés depuis tant d'années, de voir de "nouvelles" images rallume la passion. Mais ceux qui en connaissent un peu plus sur le sujet que l'auditeur moyen verront des thèses démenties depuis longtemps qui refont surface et quelques vérités se relèvent peu traitées. Reste que tous les facteurs énumérés sont d'une évidence même de son "succès" comme parti politique, mais à l'époque personne n'avait vraiment vu ce qui se passait devant leurs yeux. Personne ne se souciait de cet illuminé, même lorsqu'il entra au parlement avec cent députés nazis élus! La haute société ne croyait pas à ses dires, mais il savait parler aux travailleurs et vétérans qui formaient un grand nombre des électeurs. Les SA d'Hitler causaient du trouble incognito, mais le futur Führer disait au peuple être le seul à mettre de l'ordre. Vu avec du recul, nous trouvons cela incroyable que ça se soit passé, mais dans la situation et après le krach de 1929, les gens dans la misère cherchaient quelqu'un qui pourrait les sortir de là. De belles promesses lui ont bien servies. Une séduction terrifiante alors que les gens ne se rendaient pas compte du danger potentiel.

Dans ce documentaire, j'ai appris quelques choses nouvelles à propos du financement (dont les profits des ventes de véhicule Ford en Allemagne) et des amis du parti nazi ainsi que le designer des uniformes (incluant l'inquiétant uniforme noir des SA) est nul autre que Hugo Boss (qui s'en ventait dans sa publicité). On nous parle aussi de la bible d'Hitler, son livre Mein Kampf qui était bâclé, même avec plusieurs révisions journalistiques, se vendant qu'à 20000 exemplaires. Après sa prise du pouvoir, il était presque obligatoire d'en avoir une copie, alors que les droits d'auteur firent d'Hitler un homme riche! Les jeunes mariés en recevaient une copie et les domestiques pouvaient vous rapporter si vous n'en aviez pas au moins une copie à la maison! Allez donc! Et saviez-vous que Hitler a contribué à enrayer la peur de l'avion des Allemands en faisant campagne sur les ailes de Lufthansa. Bonne publicité! Ce documentaire est une mine d'information factuelle comme ça, rendant chaque minute bien divertissante. Le documentaire nous laisse sur des images saisissantes tournées par Leni Riefenstahl, des images qui font peur.

La qualité des images va de soi avec les archives utilisées. Beaucoup d'entre elles n'ont pas la résolution désirée, sont très granuleuses et ont souffert de postérisation lors de leur numérisation. Beaucoup de ces documents ont été colorés, ce qui enlève à mon avis une certaine valeur historique. Cependant, les images couleur attirent un public différent, plus jeune et plus large que le noir et blanc. Le son est toujours constant, la voix de Mathieu Kassovitz nous gardant toujours prêts à recevoir des informations. Quelques effets sonores se font entendre dans les enceintes arrière, mais rien d'extraordinaire.

Sur le disque, nous retrouvons une revuette sur la production du documentaire où nous voyons une session d'enregistrement. Kassovitz nous explique que le ton de la voix est important pour nous diriger vers une émotion et qu'il se chamaille souvent sur le niveau d'agressivité requis avec Costelle. Il dit marcher sur des œufs, pour ne pas dire - même s'ils sont les méchants - que les nazis sont ne pas des abrutis, au contraire. Il apprécie le scénario de Clarke et Costelle qui a été interposé à des images qu'ils n'ont pas tournées. Les propos vont du même sens avec les autres collaborateurs que ce soit au montage (où ils ont été surpris sur le tard qu'il y ait que deux épisodes au lieu quatre), à la recherche d'images inédites (dans les bases régionales), au mixage (l'image où Hitler impose le silence), la pré-production (où l'on nous bip le prix de la minute de films pour les droits mondiaux), la post-production et tout le reste. Même un stagiaire a été interviewé! On nous propose dans ce 47 minutes supplémentaire des images fascinantes qui n'ont pas pu être mises dans le montage final de la série de deux épisodes.

Encore une fois, on nous présente des images qui dépassent l'entendement, qui nous hypnotise sous les mots de Clarke et Costelle dans la voix de Kassovitz, mais plus important, qui nous fait posé la question à savoir ce que nous aurions fait dans cette situation et si c'est en train de se reproduire. Le documentaire fini un peu en queue de poisson. Je m'attendais à son histoire jusqu'au début de la guerre (1939), mais ici on s'arrête en 1935, nous obligeant à vérifier le reste dans une encyclopédie, ou encore le livre de Clarke et Costelle!


Cotes

Film8
Présentation5
Suppléments9
Vidéo5
Audio6