The Big Red One
The Reconstruction - Two-Disc Special Edition
Warner Home Video

Réalisateur: Samuel Fuller
Année: 1980
Classification: 14A
Durée: 162 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 39
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Albert
26 juin 2005

Au cinéma comme à la guerre, il y a des films qui sont charcutés afin de plaire à la haute direction. Le cas le plus flagrant est sans aucun doute le film Brazil de Terry Gilliam, mais revenons au thème de la guerre et nous verrons le problème avec "The Big Red One" de Samuel Fuller dont la coupure originale durait aux alentours de 270 minutes et fut coupée par Lorimar à seulement 113 minutes. Cette attaque à son œuvre lui déchira le cœur, mais ce qui restait du film fonctionnait suffisamment pour que Fuller en soit encore fier et désire en parler à tous. Il parlait aussi de restaurer le film à sa saveur originale, mais en fut incapable avant sa mort en 1997. En 2004, le critique de cinéma Richard Schickel a supervisé la restauration du film à une longueur de 162 minutes à l'aide des notes de production et le scénario de Fuller, supposant que sa version de 270 minutes était qu'une première coupure que Fuller aurait recoupée lui-même. Le résultat est un film qui reflète beaucoup plus la vision de Fuller tout en étant un peu moins claustrophobe comme la mode des années 80 le voulait.

Le film, tel que son titre le suggère quelque peu, suit un peloton de la première division d'infanterie de l'armée américaine au travers de la guerre, sans prendre de position pour ou contre la guerre, en fait ne relatant que la vie de cinq personnes au travers des conflits de l'Afrique du Nord, de Tunis, de la Sicile, de la Normandie, de la plage d'Omaha, de la France, de la Belgique, de la Tchécoslovaquie et bien sûr de l'Allemagne. Le sergent (Lee Marvin) et ses soldats Griff (Mark Hamill), Zab (Robert Carradine), Vinci (Bobby Di Cicco), Johnson (Kelly Ward) et Schroeder (Siegfried Rauch) traversent des épreuves personnelles sur tous ces terrains, en plus de voir leurs camarades se faire tuer les uns après les autres au point tel qu'il ne préfèrent pas connaître les nouveaux qui viennent les remplacer. Quant à eux, ils sont très compétents dans leur mission pour survivre ou tout simplement bien chanceux! Fuller a composé un film avec des histoires de tous les théâtres européens de cette Deuxième Guerre mondiale simplement parce que ces histoires sont réellement arrivées soit à lui durant son service ou à ses camarades de combat, comme s'il ne voulait oublier personne.

Oui, ce film est un peu biographique alors que le personnage Zab est l'alter ego du réalisateur, auteur, fumant le cigare, disant tout ce qu'il pense. C'est le projet de la vie d'un homme qui se retrouve ici. Fuller avait déjà tourné des films de guerre, dont Steel Helmet et Fixed Bayonets, mais est plus connu pour ses films de série B comme Shock Corridor, The Naked Kiss et Pickup on South Street. En 1980, le film n'a pas été apprécié à sa juste valeur (et a été un des derniers grands films du genre à être présenté dans cette décennie) et aujourd'hui, après avoir vu des films plus récents par exemple Saving Private Ryan, Schindler List, Band of Brothers et même Windtalker, le visuel de "The Big Red One" devient très daté. Pour une oeuvre tournée dans les années 80, on a l'impression de voir quelque chose qui sort de plus loin. Reste que l'impact du sujet est toujours là. Nous avons juste à penser à la découverte des camps de concentration et des crématoriums par les soldats du film pour voir comment ces événements ont été marquants même pour ces hommes qui ont tué des ennemis pendant plusieurs années.

La qualité de l'image restaurée permet de mieux se concentrer sur le film plutôt que sur les défauts. La mission qu'a donnée Schickel à ses monteurs audiovisuels est un vrai succès. Lors de la piste de commentaires retrouvée sur ce DVD, Schickel se plaint des défauts de coupure ici et là, mais mes yeux n'y ont vu que du feu. Cependant, il y a l'occasionnel petit point blanc et certaines séquences extérieures contiennent leur lot de fourmillement, mais l'image est généralement très bonne et le transfert numérique absolument sans bavure. Côté audio, ceux qui connaissaient le film dans son état charcuté seront intéressés à entendre les nouveaux ajouts musicaux de Dana Kaproff, le compositeur original. La reconstruction de la piste sonore en Dolby Digital 5.1 ne rejoint pas celle de Saving Private Ryan pour son réalisme, mais je dois avouer que certains coups de feu passaient très proche de ma tête! La piste française contient le même genre d'effets et semble avoir été doublée au Québec.

Comme suppléments sur cet ensemble de deux disques, nous retrouvons d'abord la piste de commentaires de Richard Schickel dont je vous parlais il y quelques lignes. L'homme en question lance généralement plein de faits "intéressant" par exemple que Mark Hamill jouait dans Star Wars (Hein!) et passe son temps à raconter ce que nous voyons à l'écran. Cependant, lorsqu'il se met à parler de la restauration du film, attachez votre tuque avec de la broche parce qu'il connaît extrêmement le sujet et en a beaucoup à dire (c'est quant même lui qui a supervisé cet hommage au travail de Fuller), créant ainsi les moments les plus intéressants de cette piste de commentaires. Évidemment, avec un film de cette longueur, je m'attendais à des silences et du milieu vers la fin du film les commentaires sont bien espacés.

Sur le second disque de l'ensemble, nous retrouvons le documentaire "Reconstructing the Big Red One" où nous pouvons entendre en première partie les commentaires des acteurs du film et, par film d'archives, du réalisateur des différents potins de tournage. La seconde partie parle de la restauration / reconstruction du film lui-même avec l'équipe de monteurs de Schickel. Six séquences dans une section nommée "Anatomy of a Scene" nous montrent par la suite des scènes originales avant et après la restauration pour nous donner une idée du travail accompli (il y a la restauration numérique et certaines scènes ont eu besoin de trois passes de restauration manuelle). Ensuite, il y a le documentaire produit par Schickel "The Men Who Made the Movies" qui parle de la carrière de Samuel Fuller en long et en large avec la narration de Sydney Pollack.

Nous pouvons visionner au complet le court-métrage "The Fighting First", film officiel de l'armée américaine, qui résume en quelque sorte le voyage de la première division. C'est le film résumé en douze minutes à l'aide de documents d'archives! Nous retrouvons ensuite non moins de dix-huit scènes alternes à celles que nous retrouvons dans le film, toutes commentées par le monteur Bryan McKenzie qui nous explique que ce sont des scènes qui mènent au même endroit que d'autres scènes, donc superflues dans chronologie du film. Il y a aussi une galerie de photos sur le plateau de tournage et des bandes-annonces télévisées et radiophoniques.

Le travail de Richard Schickel et de Bryan McKenzie ainsi que leurs associés montre qu'ils ont un grand respect de ce film et y ont mis cœur et âme. Le même souci du détail a été introduit dans ce DVD double qui mérite amplement sa place dans votre collection. En plus d'être offert individuellement, "The Big Red One" se retrouve aussi dans le coffret WWII Collection: European Warfare en compagnie de Battle of the Bulge, Where Eagles Dare, Dirty Dozen et Battleground.


Cotes

Film8
Présentation5
Suppléments9
Vidéo8
Audio8