Broken Silence
Universal Studio

Réalisateur: James Moll
Année: 2002
Classification: 14A
Durée: 283 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Segments en espagnol, hongrois, russe, polonais et tchèque
Sous-titres: Anglais (brulés), Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-14)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Albert
15 mars 2004

En 1994, Steven Spielberg a fondé une organisation à but non lucratif nommée "Survivors of the Shoah Visual History Foundation" afin de recueillir les témoignages des survivants de l'holocauste afin que tout le monde puise profiter de l'expérience de ces gens pour ne pas commettre l'erreur de nouveau. Plus de 50 000 entrevues conduites dans 57 pays en 32 langues se retrouvent dans cette librairie. De cette masse d'information sont nés des outils éducatifs dont une série de cinq films en langue étrangère mettant en vedette des survivants vivant maintenant en Argentine, en Uruguay, en République tchèque, en Hongrie, en Pologne et en Russie. Des réalisateurs provenant de ces mêmes pays ont trouvé les séquences enregistrées au SSVHF qui reflétaient le plus leur propre culture pour créer ces films qui sont produits par James Moll, gagnant d'un Oscar pour son documentaire The Last Days basé également sur les archives du SSVHF. Ces cinq films sont pour la première fois réunis sur un même DVD présenté par Spielberg.

En Amérique du Nord, les gens sont bien conscientisés du mauvais de l'holocauste, alors qu'à l'étranger cela n'est pas aussi clair, de là l'importance d'en parler. Il avait été décidé dès le départ que des réalisateurs étrangers vivant dans ces pays devaient faire ces films. En effet, les Américains étaient mal placés pour parler de l'holocauste dans un pays où cela s'était produit. Les films, durant un peu moins de 60 minutes chacun, sont dans leur langue native afin de ne pas changer la voix des survivants interviewés. Des sous-titres vous sont fournis en trois langues pour évidemment suivre ce qu'il se passe. Ceux en anglais sont brûlés directement dans l'image alors que les autres sont enlevables comme tout sous-titres normaux.

Le premier film, "Some Who Lived", est du réalisateur Luis Puenzo (gagnant d'un Oscar pour le film The Official Story) et nous est présenté en espagnol. Il a utilisé des témoignages de gens vivant maintenant en Argentine et en Uruguay mélangés à des films et des photos d'archives. Le commentaire le plus saisissant de ce documentaire est celui d'un homme (petit garçon à l'époque) qui souhaitait que ses camarades de chambre meurent afin d'avoir une tranche de pain de plus le matin. Lorsque l'un d'entre eux mourrait, il les assoyait à ses côtés pour faire croire aux gardes qu'ils étaient encore vivants, obtenant ainsi une portion de plus. D'autres parlent d'avoir enterré leurs confrères morts pour un bol de soupe parce que les Nazis ne voulaient pas le faire eux-mêmes. Il faut vraiment être au bout pour faire cela. Le documentaire se termine en faisant des liens au coup d'état militaire en Argentine en 1976 et aux bombardements à Buenos Aires de l'ambassade israélienne en 1992 et de l'édifice du centre communautaire juif AMIA en juillet 1994. Il nous offre aussi un témoignage de suivi d'un des survivants.

Le second film, "Eyes of the Holocaust", nous est proposé en langue hongroise par le réalisateur János Szász qui fait le point sur les expériences des enfants de l'holocauste. Une petite fille lit des définitions dans un dictionnaire pour les mots tels que "antisémitisme", "Juif", "ghetto" et "déportation" qui sont immédiatement illustrés par des films d'archives entrecoupés d'interviews, de dessins d'enfants et de jouets (et même un train jouet qui s'en va vers Auschwitz). Le film contient très peu de dialogue et nous laisse réfléchir à tout ce que nous voyons. Plusieurs survivants nous parlent de la dernière fois qu'ils ont vu leurs parents. Juste à y penser, j'en ai les frissons dans le dos.

Le troisième film, "Children from the Abyss", est présenté en russe par le Pavel Chukhraj (nominé aux Oscars pour son film The Thief) et se concentre lui aussi sur les enfants. Illustré avec des photographies de famille et des séquences de films d'archives, ce film est le plus émouvant avec ses propos des survivants de Babi Yar où 150 000 Juifs de Kiev ont été sauvagement exécutés par la police ukrainienne qui avait surpassé le mandat de leurs patrons allemands. Les gens qui regagnaient conscience retombaient dans les pommes en se réveillant parmi les corps nus des morts.

Le quatrième film de la série, " I Remember", nous est présenté par le réalisateur Andrzej Wajda entièrement en noir et blanc, y compris les nouvelles séquences tournées à Prague, les interviews du SSVHF et les séquences tournées récemment à la marche annuelle "March of the Living" au mémorial de Auschwitz-Berkenau). Les témoignages entendus sont à propos des gens polonais qui les ont aidés ou encore trahis. Un homme raconte s'être fait passer pour un jeune pro Hitler pour passer du côté aryen et nous voyons dans son visage que cela lui a été difficile de renier sa religion. Il dit que même de nos jours, il y arrive à répondre de la négative lorsque l'on lui demande s'il est Juif.

Le dernier segment de cette collection, "Hell on Earth" du réalisateur Vojtech Jasny, nous propulse dans le ghetto "modèle" de Terezin qui fut organisé pour tromper le reste du monde en leur montrant que la vie est belle dans les camps de concentration. Même les représentants de la Croix Rouge ont été exagérément trompés le temps d'une journée.

La qualité visuelle de la plupart de ces productions est très moyenne vu la qualité du matériel source consistant d'éléments d'archives dont la préservation n'a pas été des plus soignée et d'interviews enregistrées sur support vidéo. Le son est bien ordinaire, ce qui est correct vu le type de programmation. Les menus des DVD sont simples et n'offrent qu'un accès aux différents films. Le seul supplément est une bande-annonce de la série.

Les films contenus dans la collection "Broken Silence" sont très touchants et souvent une larme trouvait refuge dans mon œil suite aux propos des témoins de cette horreur. Ce DVD peut certainement servir d'outil éducationnel, principalement "Eyes of the Holocaust" pour les plus jeunes.


Cotes

Film6
Menu1
Suppléments-
Vidéo5
Audio5