La 7ème compagnie
La Trilogie
Koch Vision / JPO Films

Réalisateur: Robert Lamoureux
Année: 1973, 1975, 1977
Classification: NR
Durée: 255 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Français (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 3 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
4 février 2007

Saltimbanque artistique, Robert Lamoureux explorera plusieurs facettes du show-biz français. Alors que les premières années de sa carrière lui permettent de goûter au music-hall, théâtre, radio et musique, les années 1950 l'amènent à explorer le monde du cinéma. Amuseur hors pair, il incarnera plusieurs personnages dont celui d'Arsène Lupin à deux reprises à la fin des années 1950. Il décide de passer derrière la caméra dans les années 1960 et son amour inconditionnel du théâtre l'amène à adapter plusieurs pièces de boulevard dont il est lui-même auteur. Après un grand passage à vide cinématographique, Robert Lamoureux réinvente le vaudeville militaire en réalisant une trilogie de la "Septième compagnie" dans les années 1970. La compagnie Koch Canada vient de rendre disponible ce triptyque sur support DVD dont j'ai le privilège de vous glisser mot.

"Mais où est donc passée la septième compagnie?" - 1973: Pendant la grande débâcle française de 1940, la 7e compagnie du 108e régiment des transmissions est forcée de se réfugier dans le bois de Bonrepos suite à une attaque aérienne de l'armée allemande. Le capitaine Dumont envoie trois hommes, le téléphoniste Pitivier, le fusil mitrailleur Tassin et le chef Chaudard, en éclaireur. Alors que les trois fantassins dressent un poste d'observation dans un cimetière avoisinant, le reste de la 7e compagnie est fait prisonnière par l'ennemi. Ils se retrouvent donc livrés à eux-mêmes dans une France occupée, mais l'apparition soudaine du lieutenant Duvauchel, pilote émérite abattu dans le ciel français, modifiera quelque peu leur stratégie qui donne plutôt dans le courage pondéré.

Troisième succès commercial en France en 1973, cette comédie à l'humour théâtral repose surtout sur un bon travail d'écriture et sur les épaules d'Aldo Maccione (Tassin), qui réussit à nous faire rire par ses mimiques et son langage, tout spécialement avec son "J'ai glissé, chef!". Fignolé à partir des dialogues parfois savoureux, cette comédie à toutefois tendance à connaître quelques passages à vide du notamment à des scènes qui s'étirent. On doit tout de même reconnaître que nos amis français sont capables de rire d'eux-mêmes et ce film en est un éloquent exemple.

"On a retrouvé la septième compagnie" - 1975: Tentant de rejoindre le sud de la France, les rescapés de la 7e compagnie sont de nouveaux faits prisonniers. Pitivier, le chef Chaudard, Tassin et le lieutenant Duvauchel s'évaderont une fois de plus pour mieux être repris et c'est par diverses formes de subterfuges tous aussi débiles les uns que les autres qu'ils oscilleront entre la liberté et la captivité.

Ce deuxième volet de cette trilogie est personnellement, le moins intéressant du lot. Premièrement, Aldo Maccione a abandonné l'aventure et le rôle de Tassin est maintenant interprété par Henri Guybet, lequel relève le défi avec assez de conviction, mais sont partis en fumée les mimiques et l'accent italien du personnage qui doit-on le souligner est de père corse et de mère sicilienne. De plus, on reprend l'action là où se termine le premier film et le fait de nager dans les mêmes eaux ou presque nous donne l'impression d'un scénario légèrement mariné. Il y a tout de même quelques excellents moments de cinéma dans ce film et l'exploitation d'un personnage complètement loufoque, en l'occurrence le général Blanchet (interprété par le réalisateur) devenu dynamiteur de ponts et de chemins de fer suite à la débâcle française est à faire rire aux éclats.

"La septième compagnie au clair de lune" - 1977: En 1942, dans la France occupée, Chaudard, Pitivier et Tassin ont été démobilisés suite à leur évasion. Le chef Chaudard, redevenu quincaillier invite donc ses deux compères à sa résidence pour des retrouvailles. Mais la femme de Chaudard ainsi que son beau-frère entretiennent un réseau de résistance sans que ce dernier en ait le moindre doute.

Le réalisateur a eu la bonne idée de nous sortir des rangs militaires tout en nous gardant dans la Deuxième Grande Guerre en transposant nos trois anti héros en civils tout en nous faisant partager une page d'histoire de la résistance. L'ajout de personnages secondaires interprétés par quelques grosses pointures du cinéma français (Gérard Jugnot et Jean Carmet) séduit et donne un nouveau souffle à cette série. On peut cependant noter un léger problème d'anachronisme quant aux prénoms utilisés tout au long de la série. Celui du chef Chaudard passe donc de Louis à Paul alors que celui de sa femme passe de Paulette à Suzanne, mais bon il n'y a pas de quoi en perdre son latin pour autant.

Les cinéphiles québécois qui attendaient la venue des aventures de la septième compagnie avec grande impatience seront bien déçus d'apprendre que la qualité des transferts est bien en deçà des normes actuelles. Côté vidéo, le transfert est non-anamorphique, les couleurs sont ternes et délavées et quelques égratignures sont visibles à l'occasion. Bref, on se sent presque en Deuxième Guerre mondiale. Sa contrepartie audio ne fait guère mieux en nous offrant uniquement une trame de format stéréo, sans sous-titres, dans laquelle les voix demeurent audibles en tout temps et dans laquelle les bruits ambiants sont souvent trop présents par rapport aux voix. Comme si ce n'était pas suffisant, aucune forme de suppléments n'a trouvé refuge dans ce coffret.

La trilogie des aventures de la septième compagnie a connu un succès phénoménal en France dans les années 1970. Émanant du génie de Robert Lamoureux, lequel a écrit, réalisé et même interprété un des personnages les plus colorés de cette série, les aventures de la septième compagnie n'ont qu'une ambition, celle de vous faire passer du bon temps. Malheureusement, le contenu méritait meilleur contenant, car ce qu'on nous sert n'est ni plus ni moins un coffret de qualité VHS déguisé en DVD. En 2007, il est déplorable de voir pareille pratique et je vous déconseille fortement l'achat de ce coffret.


Cotes

Film7/6/7
Présentation1
Suppléments-
Vidéo5
Audio5