1408
2-Disc Collector's Edition
Alliance Films

Réalisateur: Mikael Hafstrom
Année: 2007
Classification: PG-13
Durée: 104 / 108 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51), Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
11 décembre 2008

Adapter une nouvelle de Stephen King est une entreprise qui possède deux caractéristiques opposées: un ratage mastoc ou une réussite indescriptible. "1408", quant à celui-ci, appartient à une toute nouvelle catégorie soit une réussite mitigée. Au travers de scènes et de morceaux d'histoire inventés ou modifiés pour le passage à l'écran, on retire un peu de saveur au matériel du maître de l'horreur au détriment de passages clichés obligatoires (vraiment?).

Michael Enslin (excellent John cusack) est un écrivain sur la pente descendante qui ne croit plus en rien. Ce passage à l'ère nihiliste de sa vie le mène d'un hôtel à l'autre, à la recherche de la vie après la mort, sans pour autant trop y croire. Une carte postale lui parvient, le priant de ne pas entrer dans la chambre 1408 (rapide calcule: 1+4+8=13). Sur place, l'écrivain entêté s'entretient avec le maître d'hôtel (frissonnant Samuel L. Jackson), lequel se rend compte de l'obsession de son client. Il lui laisse donc la chambre contre son gré, malgré qu'il l'ait averti des quelques décès publiés dans les journaux... et du total de 56 morts non élucidées jamais rapportées. Une fois à l'intérieur, Enslin fait son travail jusqu'à ce qu'une série d'événements le pousse à croire qu'il y a bien là quelque chose au-delà de la simple supercherie... un passé qui ne veut pas mourir.

La nouvelle originale contenait suffisamment de mystère, de suspense et de questions sans réponses pour être transposée tel quelle. Sa longueur ne posait également aucun problème. En ajoutant l'histoire de la petite fille, le couple et son histoire dramatique voulue larmoyante, on voit ici les rouages d'un studio tentant de s'approprier le contrôle du script (sacrés frères Weinstein) pour un remontage à venir et foireux (rappelez-vous "Cursed"). On ajoute aussi au menu des éléments visuels dont une inondation, de la neige, un incendie et quelques plans faussement gore (13 ans et plus oblige) pour "rehausser" l'histoire de King, parfaite dans son état d'origine. Le résultat est convaincant et décevant: les ingrédients ajoutés donnent un tonus vivifiant à ce qui aurait sans doute été un cocktail fade, amis le fait d'avoir recours à ces artifices prouve à quel point le script comptait bien trop sur ces effets de surprise pour réussir sans artifice. Néanmoins, Cusack porte le film sur ses épaules de manière crédible, aidé par un Samuel Jackson qui, malgré le changement radical (racial?) du personnage, seconde admirablement bien, installant une peur de son simple échange avec un John Cusack incrédule. Le rythme est bien composé et la palette de couleurs retravaillées lors du montage aide (un peu trop poussivement) à se mettre dans l'ambiance. Pas la meilleure adaptation de King, mais pas la pire... vous n'avez jamais vu Sleepwalkers?

Les extras ne suffisent tout simplement pas. Quelques épisodes diffusés sur le web, un segment derrière les coulisses, des scènes coupées et une bande-annonce, voilà ce que proposent les disques. Là où on peut se réjouir, c'est dans l'inclusion du présumé montage du réalisateur et dans sa piste de commentaires, dans laquelle les véritables secrets sont appris. Malheureusement, le commentateur s'éternise sur certains détails plutôt que de livrer un flot d'informations ininterrompues. Les quelques rajouts sur le nouveau montage ne sont d'ailleurs pas très considérables puisque le film se ressemble beaucoup au final. Pour les suppléments, on se serait attendu à beaucoup plus (si vous avez vu The Mist en DVD, vous savez ce dont il est question.

Visuellement, le film est impeccable dans les deux versions: une image superbe, des couleurs bien balancées, de riches textures et une fluidité dans les actions. La profondeur de la palette noire ajoute également une touche d'ambiance supplémentaire appréciable. La bande-son, très bonne, ira chercher les petits recoins de vos enceintes et les utilisera à bon escient lors des "attaques" ectoplasmiques. Il n'y a pas d'erreur, vous ÊTES dans la chambre 1408. Pour les amateurs, le doublage disponible est québécois et est d'une aussi bonne facture.

Stephen King est une boîte à idée. Cependant, au fil des adaptations à l'écran, il paraît clair que les scénaristes se voient contraints d'ignorer plusieurs passages (faut que les gens retournent chez eux plus vite, faut leur faire croire que c'est GORE, etc.) et d'offrir une mouture souvent dénaturée. "1408" possède suffisamment d'ingrédients bien tournés pour offrir un divertissement pour la soirée. On se retrouve, après visionnement, comme après un énième déjeuner: on passe à autre chose sans trop y repenser.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments6
Vidéo9
Audio8