30 Days of Night
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: David Slade
Année: 2007
Classification: 18A
Durée: 113 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
25 février 2008

La rencontre aurait pu être fascinante. Le réalisateur David Slade, encore possédé par son précédent et excellent Hard Candy avec Ellen Page, décide d'adapter les bandes dessinées de Steve Niles. En tant qu'objet cinématographique, "30 Days of Night" risque de plaire aux adeptes du genre, mais il n'arrive nullement à transcender ses conventions et sa prévisibilité.

L'histoire y est toutefois assez efficace. À chaque année, une petite ville d'Alaska doit vivre un mois sans soleil. Alors qu'une partie de la population quitte l'endroit pendant 30 jours, il y a des gens qui restent pour surveiller les environs. Pour le shérif du coin (Josh Hartnett), sa plus grande difficulté était de côtoyer sa femme (Melissa George), une beauté blonde avec qui il est en froid depuis quelques temps. Mais l'arrivée d'un mystérieux flâneur (Ben Foster) n'augure rien de bon. Surtout que plusieurs individus débarquent, tuant des chiens, faisant du grabuge sur leur passage. Rapidement, la rumeur coure et rien ne peut l'arrêter. Des vampires se trouvent parmi les vivants et nul ne peut les arrêter...

Les films sur les vampires sont nombreux, surtout ces dernières années où les trépidants Night Watch et Day Watch en mettaient plein la vue. Au lieu d'emprunter cette voie où les évènements sont difficiles à prévoir, "30 Days of Night" mélange plutôt le Night of the Living Dead de Romero à The Thing de Carpenter. Les personnages doivent donc survivre aux intempéries, et parfois, les menaces qui planent à l'intérieur d'un même lieu sont plus dangereuses que ce qui se trame à l'extérieur. Cette prémisse, surexploitée par le passé, ne peut faire défaut. Les moments de stress sont nombreux, l'hémoglobine va couler à flot et le nombre de morts atteindra des sommets. Tout cela au détriment d'un scénario qui n'a pas assez d'espace pour être bien exploité.

L'exercice a beau être sanglant, il peine à captiver pleinement. Peut-être est-ce la faute du scénario, attendu et sans grande personnalité, qui multiplie les effets gores en faisant souvent plus rire que frissonner. Les interprètes unidimensionnels n'aident pas à rendre le tout très convaincant. Josh Hartnett joue encore sans émotion, alors que Melissa George finit par horripiler par ses mimiques un peu lassantes. Reste Ben Foster qui est toujours capable de glacer le sang par un seul regard. C'est parfois peu, mais il faudra s'en contenter.

En contrepartie, les effets visuels sont au point. Les décors glacés donnent froid dans le dos, les images s'avèrent parfois très réalistes et les couleurs foncées sont tout à fait appropriées. Dans ce type de productions, les contrastes jouent un rôle prépondérant et ici, ils demeurent généralement dans la note. Dans un climat aussi rigoureux et sombre, les halos un peu blancs et le léger blocage se dissipent rapidement, laissant apparaître du sang rouge et noir. De quoi couper l'appétit pendant un certain temps.

La musique teintée de rock ne laisse pas beaucoup de souvenirs. Ce qui prime, ce sont les effets sonores qui détruisent tout sur leur passage, faisant sursauter presque à chaque fois. Non seulement les pistes audio anglophones et francophones en Dolby Digital 5.1 sont très actives, mais elles laissent échapper une multitude de bruits, du vent qui souffle aux alarmes qui se déclenchent soudainement. Au sein de ce tintamarre incessant, il est toutefois malheureux de ne pas pouvoir entendre parfaitement tous les dialogues. De très visibles sous-titres jaunes sont cependant de la partie afin de ne rien manquer.

La pochette aurait difficilement pu être plus appropriée. Dans la pénombre se trouvent les deux protagonistes qui cherchent à se frayer un chemin au sein de zombies errants. Des taches rouges surplombent le tout, amenant avec elles l'inquiétude et la tourmente. Le menu principal du DVD mélange la neige et l'hémoglobine, sur un intéressant montage de scènes et une mélodie assez dérangeante. En guise de suppléments, il y a une piste de commentaires plus divertissante qu'intéressante composée des voix de Josh Hartnett, de Melissa George et du producteur Rob Tapert. Si les propos de ce dernier captivent, ce n'est pas le cas des réactions des acteurs qui rigolent à rien, terminant souvent leurs phrases par des fous rires. Beaucoup plus pertinent est ce long documentaire de 51 minutes séparé en huit segments. Le cinéaste va en profondeur lorsqu'il raconte l'histoire et le montage, une caméra le suit sur les lieux de tournage et il n'hésite pas à expliquer le processus d'élaboration des cascades et la difficulté de tourner la nuit. Un peu long et lent, mais plutôt distrayant. Hormis la bande-annonce originale et des publicités de différents produits de Sony Pictures, la cerise sur le gâteau est ce premier épisode de l'animation Blood+ : Part One. Le dessin animé, tourmenté à souhait, pique la curiosité en moins de cinq minutes et la tension est palpable à souhait.

"30 Days of Night" est un long-métrage horrifique qui sait mélanger peur et rires sans laisser de souvenirs impérissables. Au-delà de l'exercice d'en mettre plein la vue et les oreilles, il y a un scénario inabouti tiré d'un livre qui semble beaucoup plus convaincant dans le dessin animé Blood+ : Part One qui sera disponible au début de mars. Il faudra donc attendre un peu plus longtemps avant d'obtenir toutes les clés à une énigme qui ne méritait pas d'être simplifiée à outrance.


Cotes

Film5
Présentation7
Suppléments6
Vidéo8
Audio8