Blind Dead Collection
Blue Underground

Réalisateur: Amando de Ossorio
Année: 1971, 1973, 1975, 1976
Classification: NR
Durée: 573 minutes
Ratio: 1.66:1 / 1.66:1 / 1.85:1 / 1.85:1 / 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 5 (4 DVD-9 + 1 DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
3 octobre 2005

Amando De Ossorio est né à Galice, Espagne en 1918 et il est décédé à Madrid en 2001. Un peu comme certains compères espagnols de l'époque tel Jess Franco, c'est sous plusieurs pseudonymes qu'il laisse ses empreintes dans le monde du cinéma, plus spécifiquement dans le genre horreur. Parmi la vingtaine de films qu'il a réalisés, quelques-uns ressortent du lot dont une série de quatre films mettant en vedette des chevaliers aveugles, membres de l'ordre des templiers, qui ont besoin de s'abreuver de sang humain pour continuer d'exister en tant que zombie et qui se déplacent en allant là où est le bruit. Ces quatre films ("Tombs of the Blind Dead", "Return of the Evil Dead", "The Ghost Galleon" et "Night of the Seagulls") étaient devenus très difficiles à trouver et avaient été, pour la plupart, amputés d'une partie de leur contenu. La compagnie Blue Underground a mis sur le marché un impressionnant coffret sur ces quatre films dans leur version originale non censurée, en plus d'inclure un cinquième disque boni dédié à son réalisateur ainsi qu'un livret d'une quarantaine de pages portant sur le cinéaste et son œuvre culte, le tout présenté dans un cercueil robuste et très esthétique.

Tombs of the Blind Dead (1971)

Betty et Virginia sont deux bonnes amies qui ne se sont pas revues depuis les années du collège. Lors d'un voyage au Portugal, leurs destins se recroisent et Virginia en profite pour présenter Roger à Betty. L'inévitable triangle amoureux et la jalousie qui souvent le caractérise s'en suivent. Lors d'un voyage en train, la zizanie s'installe entre les trois tourtereaux alors que le passé homosexuel de Virginia et Betty refait surface au grand dam de la virilité male de Roger. Virginia sautera en bas du train sous les yeux surpris de Roger et Betty qui tenteront de le faire stopper. Le conducteur refusera d'obtempérer à cette demande, car personne n'arrête dans la région maudite de Berzano. Virginia trouvera refuge dans les ruines d'un vieux monastère abandonné et très suspect qui se révélera à être le dernier endroit qu'elle verra de son vivant. Roger et Betty découvriront l'horrible vérité et chercheront à démasquer les responsables de ce crime horrible.

Deux versions de ce film sont présentes, soit l'édition américaine amputée de violence et de sexualité et la version espagnole bonifiée de ces agréables moments (14 minutes au total). Ai-je besoin de vous dire celle qui a été revue dans le cadre de cette critique? Comme pour la plupart des films de série, le premier opus est souvent le meilleur et le cas présent ne fait pas exception. D'un montage relativement lent, ce film possède tout de même son lot de moments gore et ses quelques moments de nudité, ingrédients si importants aux films d'horreur de série B des années 1970. Les costumes et le maquillage utilisés pour les chevaliers templiers sont assez bien réussis surtout quand on tient compte des moyens mis à la disposition d'Amando De Ossorio. Autre facteur qui milite en faveur de ce film est le fait que l'on ne voit pas ces cavaliers de l'apocalypse à tout moment. Il est juste dommage que les personnages soient si peu développés et que l'interprétation soit si exécrable. Les quelques effets spéciaux, surtout ceux servant à reproduire l'anatomie charcutée des victimes, sont pitoyables.

Return of the Evil Dead (1973)

Le petit village de Berzano s'apprête à célébrer les 500 ans marquant la fin du règne de l'ordre religieux des templiers. Pour l'occasion, une grande fête se prépare et un festival pyrotechnique est même au menu. Alors que les festivités vont bon train, un groupe d'idiots s'affèrent à aller jouer là où il ne faut pas et par le fait même, les templiers reprennent vie créant sur leur passage une onde de choc meurtrière. Étant donné que ces créatures sanguinaires se dirigent là où il y a du bruit (ils sont aveugles, n'oubliez pas), le spectacle pyrotechnique aura bientôt fait de les diriger tout droit vers le village.

Deux versions du film sont également offertes soit l'édition américaine amputée de quatre minutes pour les mêmes raisons énoncées préalablement et l'édition espagnole. Même si le titre évoque une suite au premier opus, c'est plutôt à un antépisode (Prequel) que l'on a droit. Si "Tombs of the Blind Dead" donnait dans une certaine subtilité, cet opus nous gave littéralement de chevaliers templiers et de cadavres ce qui use à la longue. La distribution est beaucoup plus grande et malheureusement on s'y perd, car il devient difficile d'identifier tout ce beau monde. Quand on ajoute à tout ça, les invraisemblances du scénario, un montage plutôt lent, des effets spéciaux très peu réussis et une fin tirée par les cheveux, on se retrouve vraiment devant un soufflé qui a oublié de lever.

The Ghost Galleon (1974)

Deux mannequins travaillant pour une agence se retrouvent sur un petit bateau en plein milieu de l'océan dans le cadre d'activités promotionnelles servant à promouvoir des articles de sport. Leur embarcation fera défaut et elles seront surprises par un épais brouillard dans lequel se retrouve un galion espagnol rempli de templiers. Apprenant la disparition des deux mannequins, la propriétaire de l'agence de mannequins met sur pied une expédition pour les retrouver et c'est plutôt le vieux vaisseau fantôme qu'ils découvriront. Un scientifique membre de l'expédition émettra l'hypothèse que ce mystérieux galion existe en fait dans un autre espace temps et que même si aucun signe de vie ne semble se manifester, le contraire peut aussi bien être. N'écoutant que leur courage, ils monteront à bord du navire pour tenter de retrouver les deux mannequins.

Une seule version de ce film nous est offerte et j'avoue que c'est bien assez. Cet opus repousse les limites de ce qui est endurable dans ce genre de film tellement il est mauvais. À part pour l'idée de base où tout se passe sur un navire, le reste n'est qu'un ratage total. Les invraisemblances se multiplient à un rythme effarant, les effets spéciaux, surtout la maquette du navire, sont tellement mauvais qu'il vaut mieux en rire.

Night of the Seagulls (1975)

Ce film nous propulse aux sources de l'ordre des templiers, soit en plein moyen âge, question de nous expliquer leurs rites sadiques pour ensuite nous ramener à notre époque. Le docteur Harry Stein et sa femme viennent d'emménager dans un petit village côtier et à leur grande surprise, c'est par un accueil plutôt froid qu'ils se font souhaiter la bienvenue. Son prédécesseur lui recommande de le suivre et de quitter ce village maudit, suggestion qu'Harry repoussera du revers de la main. La perspicacité du médecin l'amènera à découvrir un rite étrange qui consiste à sacrifier sept jeunes femmes à tous les sept ans dans le but d'assurer la quiétude du village pour plusieurs années face aux cavaliers de l'ordre des templiers. Le médecin s'interposera et il se retrouvera pourchassé par ces êtres diaboliques.

Ce film est un soubresaut dans la bonne direction. Après avoir visionné "The Ghost Galleon", je m'attendais au pire, mais voilà que le réalisateur surprend avec quelque chose qui se compare beaucoup plus à "Tombs of the Blind Dead". Malgré qu'il soit lent (ils sont tous lents de toute façon), ce film renferme au moins une histoire un peu plus homogène. Il est juste dommage que les moments de sacrifices et de tortures empruntent toujours le même protocole, les mêmes armes et les mêmes rituels. Là encore, les effets spéciaux n'ont vraiment rien d'intéressant pour écrire à sa mère.

L'aspect vidéo est relativement impressionnant compte tenu de l'âge du matériel et pour raisons, car Blue Underground a rematricé le tout. La version espagnole du premier film est nettement supérieure en terme du niveau de détail de l'image et par sa granularité beaucoup moins présente tandis que pour le second opus, le contraire s'applique, c'est-à-dire que l'on a droit à une image nettement mieux définie et plus claire sur la version américaine. L'image de "Ghost Galleon" est de loin la mieux définie du lot. Riche en couleurs et s'appuyant sur des noirs très profonds, nous avons droit à un niveau de détail de l'image plus qu'acceptable. Quant au dernier opus de cette saga, les couleurs semblent mornes et ce manque d'éclat combiné à une pellicule plus granuleuse lors des plans extérieurs nous rappelle l'âge du produit. Il faut tout de même noter que toutes marques d'égratignures et autres impuretés ont été nettoyées lors du rematricage de tous ces films.

Le volet audio propose seulement des pistes sonores mono et dans tous les cas, le résultat se ressemble et est acceptable. Les dialogues sont audibles en tout temps et tout le débit sonore s'appuie strictement sur les canaux avant. Aucune forme de spatialité n'existe et le tout résonne un peu sourd. Seule la piste sonore espagnole présente sur "Return of the Evil Dead" semble avoir été oubliée lors du rematricage, car des bruits de fond perdurent tout au long de l'écoute et le son est aigu comme ce n'est pas permis. Les menus sont légèrement animés et agréables à voir, appuyés par une musique de circonstance et ils sont de navigation élémentaire.

Chaque disque contient son lot de suppléments et dans tous les cas, nous avons droit à une galerie de photos ainsi que la bande-annonce du film. Sur le film "Tombs of the Blind Dead" nous avons droit à un étrange prologue de ce film intitulé "Revenge of the Planet of the Apes" qui utilise une narration de mauvais goût cherchant à lier ce film à la saga Planet of the Apes dans le but évident d'attirer le public américain à aller le visionner. Sur le film "Ghost Galleon", deux messages publicitaires radiophoniques sont également au menu. Le cinquième disque du coffret se veut un hommage que l'on rend à ce cinéaste obscur qu'est Amando De Ossorio. "The last Templar" est un documentaire de 25 minutes qui résume la carrière du cinéaste en s'appuyant sur des entrevues réalisées avec ses pairs et en y incluant différents clips vidéo de son œuvre. Ce qui est intéressant du documentaire, c'est qu'il dépasse largement le cadre de la saga "Blind Dead" pour s'étendre véritablement à la carrière du

réalisateur. Après l'avoir regardé, on comprend un peu mieux comment opérait l'industrie du cinéma espagnole et il est remarquable de voir comment des artisans comme Amando De Ossorio ont pu travailler dans des conditions aussi difficiles, sans doute dictées par le régime franquiste. Un deuxième documentaire d'une durée de dix minutes et intitulé "Unearthing the Blind Dead" parle en bref de sa carrière et du défi que demandait de bâcler un film en 28 jours. Il nous parle également d'un cinquième film qu'il avait écrit pour cette saga, script qui n'a finalement jamais abouti. Une section DVD-ROM nous permet de consulter un document de quatre pages écrit par Mike Hodges peu après la mort du réalisateur et qui se veut un hommage fait à cet homme et à sa carrière somme toute très fructueuse considérant le cadre de travail dans lequel il opérait. Un magnifique livret de quarante pages, abondamment illustré nous parle plus spécifiquement des quatre films de cette saga en plus de dresser la liste des films réalisés par Amando De Ossorio. Le tout est présenté dans un splendide cercueil de couleur noir construit à partir d'un carton très rigide et de très grande qualité. Personnellement, c'est un des plus beaux emballages qu'il m'ait été donné de voir pour un coffret DVD de zone 1 (États-Unis/ Canada).

Cette "The Blind Dead Collection" est définitivement l'hommage ultime que l'on pouvait rendre à Amando De Ossorio. Les amateurs du genre horreur, tout spécialement ceux qui raffolent du genre "Eurocult" seront choyés par ce produit de très grande qualité que met sur le marché Blue Underground. Veuillez noter que ce coffret est à tirage limité!


Cotes

Film6/4/3/5
Présentation9
Suppléments6
Vidéo7
Audio5