Bloodrayne
Unrated Director's Cut
Uwe Boll Productions

Réalisateur: Uwe Boll
Année: 2006
Classification: NR
Durée: 99 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 22
Nombre de disques: 2 (1 DVD-9 + 1 CD-ROM)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
14 octobre 2007

Uwe Boll est probablement le réalisateur dont la filmographie semble sortie tout droit d'une collection de jeux vidéo. En effet, avec des titres tels que: Bloodrayne 2, House of the Dead, Alone in the Dark ainsi que sa future production de In the Name of the King: Dungeon Siege, on peut dire que l'homme en connaît un rayon sur le sujet. Pourtant, la qualité de ses projets demeure mitigée. Plusieurs légions s'entendent à dire qu'il n'est qu'un imposteur qui ne mérite pas la chance qu'il a tandis que d'autres, plus réservés et silencieux, croient qu'il prend de l'assurance avec le temps ainsi qu'une maturité. Avec "Bloodrayne", faisant l'objet de la présente critique, on peut dire qu'il est déjà sur la bonne voie... avec un certain chemin à parcourir.

Rayne (la somptueuse Kristanna Loken) est une jeune femme à moitié humaine et vampire. Oeuvrant telle une bête dans un cirque d'erreurs de la nature (la comparaison avec le Elephant Man de David Lynch est plus qu'évidente), elle est torturée est mutilée par ses supérieurs jusqu'à ce que, une nuit, elle décide, prise par une rage sanguinaire, de prendre la fuite. À ses trousses, un petit groupe (composé principalement de Michael Madsen et Michelle Rodriguez) dédiant sa vie à l'extermination des vampires, parcoure les terres de la Transylvanie, craignant pour la sécurité du peuple. En relevant le défi de retrouver une relique ancienne, Rayne enclenche une série de péripéties qui mettront sur sa route un vampire vieux de 500 ans (Ben Kingsley) désireux de s'approprier d'autres reliques de la sorte.

L'ensemble des acteurs n'étant pas très bien dirigé, ils s'en donnent cependant à cœur joie pour un petit plaisir coupable. Les scènes d'horreur ne se privent d'ailleurs pas de montrer les détails les plus sanguinolents (Kill Bill peut se rhabiller) aux moments les plus pervers du film : une bonne douzaine de damoiselles aux mœurs très légères trempant dans la décadence vampirique la plus éclatée jamais vue à l'écran. Les décors de la Roumanie sont très bien utilisés et la photographie procure un réel sentiment d'épique au film. Le montage, un peu trop léché, nous montre enfin que Uwe Boll est capable de réaliser un film un tant soit peu divertissant ET beau à la fois. Les costumes, inspirés du jeu, nous offrent un Moyen-Âge complètement irréaliste, mais les courbes de la jolie Kristanna Loken et de Michelle Rodriguez sont mises en valeur ave classe. Pour les effets spéciaux, il n'y a pas à dire : certains sont tout simplement ridicules, mais d'autres sont d'un réalisme qu'on ne les remarque pas du tout. L'horreur et l'érotisme façon années 80 fait bon ménage dans ce film voulu exagéré car Uwe Boll sait ce que le spectateur veut voir à l'écran et ne se prive pas pour le donner puisque c'est exactement ce qu'il aimerait voir à son tour.

En guise d'extras, nous avons un court montage sur les effets spéciaux du film, des scénarimages au déroulement pas toujours évident, la bande-annonce, les commentaires du réalisateur ainsi que d'autres membres de l'équipe et pour finir, un dîner en compagnie du réalisateur durant lequel il est entretenu par deux personnes visiblement fascinées par la polémique l'entourant. Ce dernier supplément offre davantage de contenu que la piste de commentaires puisque l'on fouille dans les souvenirs de Uwe Boll, bref on apprend des trucs intéressants qui nous laissent présager d'un avenir meilleur en ce qui le concerne. Tellement que je regrette presque ma précédente critique sur House of the Dead. Des suppléments qui garnissent bien la table pour en apprendre sur le réalisateur, mais pour ce qui est derrière la caméra, on repassera, et c'est bien malheureux. Malgré tout, on nous offre en bonus le jeu "Bloodrayne 2" dans son intégralité sur PC. Que l'on aime le film ou pas, il y aura toujours le jeu en supplément, qui vaut largement la peine d'être joué.

L'image possède un contraste riche. La saturation ne dépasse pas et propose un environnement organique respectueux des décors. Le son nous projette dans les batailles et fait résonner toutes les lames, les coups donnés, etc. Nous avons affaire à une utilisation judicieuse de la piste en Dolby Digital 5.1 qui est à l'image du film : divertissante. Il n'y a que quelques poussières de visibles pendant le déroulement du film, mais il faut les chercher. La page principale du menu est animée et musicale tandis que le reste est figé. Le traitement, bien que correct, ne donne pas de quoi se relever la nuit. Les menus ne déferlent pas de la plus grande imagination non plus. On aurait aimé une navigation plus inspirée du film.

"Bloodrayne" est probablement le meilleur film dans la filmographie de Uwe Boll et la preuve que, lorsqu'il s'y met, il est capable de pondre quelque chose de bien divertissant. La récente suite, Bloodrayne 2: Deliverance (toujours réalisé par Uwe Boll) n'est malheureusement pas dans la même... veine, très petit budget oblige. N'en demeure, ce premier opus, même s'il se passe avant le premier jeu, propose des origines qui valent la peine d'être vues. Avis à ceux qui douteraient encore que Uwe Boll puisse réaliser quelque chose méritant le moindre intérêt : c'est maintenant chose faite.


Cotes

Film6
Présentation5
Suppléments6
Vidéo8
Audio9