Bloodrayne 2: Deliverance
Unrated Director's Cut
Uwe Boll Productions

Réalisateur: Uwe Boll
Année: 2007
Classification:
Durée: 99 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 22
Nombre de disques: 2 (1 DVD-9 + 1 CD-ROM)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
14 octobre 2007

Uwe Boll. La seule mention de ce nom est suffisante pour rebuter la plupart des personnes qui l'entendraient. Pour ceux et celles qui n'ont pas pu passer par-dessus le bide mastoc qu'était House of the Dead, ils auront été sauvés des affres de l'exécrable (le mot est très faible) Alone in the Dark, considéré comme étant le pire film dans la carrière du metteur en scène allemand. Qu'à cela ne tienne, les rumeurs et critiques frappant tel un boxeur acharné n'ont su entériner l'ardeur du réalisateur le plus maudit depuis Ed Wood. La preuve? Le voici avec une pléthore de nouveaux projets dont le plus récent en date : "Bloodrayne 2 : Deliverance".

Rayne est une Dhampir (il me semble que cela s'écrive comme tel), c'est-à-dire un être mi-femme mi-vampire. Elle peut se mouvoir en plein jour et possède tous les avantages que ses ennemis du soleil n'ont pas. La voici en territoire américain lors de la conquête de l'Ouest sauvage. Elle croise le chemin d'un petit patelin nommé "Deliverance" (sûrement en "hommage" au film du même nom) dont l'effervescence dans la construction d'un chemin de fer n'a de pair que l'arrivée du mystérieux Billy the Kid (Zack Ward). Celui-ci enlève quelques enfants du village et exige en retour un silence absolu de la population. Arrive Rayne (Natassia Malthe), sur les traces d'une autre sorte de vermine, le genre qui ne se réveille qu'une fois le soleil levé. Se frottant à la population on ne peut plus désagréable à son arrivée, Rayne découvre l'aspect le moins flatteur dans toute l'affaire : Billy the Kid n'est rien de moins qu'un vampire, et il a la ville sous son emprise mortelle. Usant de toutes ses ressources, Rayne aura fort à faire si elle compte libérer les habitants de ce fléau tout en empêchant le mal de se répandre.

Encore une fois, l'inénarrable Uwe Boll est de retour et cette fois, il ignore complètement le jeu vidéo afin de propulser le spectateur dans une aventure aux issues "inconnues". Natassia Malthe prête ses traits à la séduisante et mortelle Rayne, remplaçant Kristanna Loken pour le premier volet (un conflit d'horaire était à l'origine de ce désistement, et non l'argent). Jouant de son mieux, elle n'arrive toutefois pas à crever l'écran de la manière que son collègue Zack Ward a su le faire dans le rôle de Billy the Kid (un mélange de Bela Lugosi et de Gary Oldman). Menée par une cruauté qui n'a d'égal que sa soif de sang, son interprétation demeure malgré tout limitée. L'ensemble des acteurs se la joue de façon caricaturée alors que la caméra de Mathias Neumann, prise du parkinson, se contente de filmer faiblement, pauvrement sans envolée artistique aucune. Les décors, signés "Tink" (responsable de ceux de House of the Dead et du prochain Postal, un habitué du sieur Boll, quoi!), sont justes, mais ne prennent pas vraiment d'ampleur. Au mieux, ils demeurent un flou dans le décor et ne sont pas réellement utilisés à leur juste valeur. Les quelques plans faisant utilisation du numérique montrent une certaine retenue et parviennent à être convaincants, quoique dans la note de la surenchère. Un abus de zoom à la Sergio Leone nous montre l'inspiration principale, encore que limitée, du monsieur, mais pour quelques plans, on lui pardonnerait presque. Le gore est limité, mais fait bon usage de sa présence à l'écran. Et puis, le méchant ne se prive pas pour soutirer la vie de quelques bambins, histoire de montrer à quel point il est sérieux. Même Hollywood n'oserait frapper d'une telle façon. Boll aurait-il quelque chose à revendiquer? À en croire la bande-annonce de son prochain film, Postal, il faut bien le croire. Force est de constater que même s'il ne livre pas encore la marchandise au grand complet, Uwe Boll nous montre qu'il est capable de faire du bon cinéma, probablement son second meilleur film. L'attrait le plus important après le film demeure, comme pour le premier opus, la présence du jeu au grand complet sur le second disque. Lorsque mon ordinateur saura faire autre chose que boguer aux dix minutes, peut-être me sera-t-il possible de l'essayer.

Dans le domaine des extras, vous retrouverez des commentaires (endormants, quoique le monsieur aime ce qu'il fait, cela est évident), quelques scènes rallongées (qui n'amènent absolument rien de nouveau à l'histoire), des scènes coupées (constituant d'un amas de prises ratées, longues, ou tout simplement de choses dont il n'avait pas besoin), des entrevues avec la distribution et l'équipe technique (jamais vu quelque chose d'aussi mal foutu) ainsi qu'une bande dessinée numérique (très bien). La quantité, c'est pas mal, mais la qualité laisse à désirer. En effet, on en voudrait davantage et de plus concret, misant sur les défis relevés durant le tournage.

L'image possède une belle netteté. Les contrastes, les clairs-obscurs, les couleurs et la saturation, la plupart de ces aspects sont bien respectés et livrent leurs attraits les plus invitants. On ne dénote pas beaucoup de défauts visuels si ce n'est l'utilisation de quelques ralentis forcés (les gestes ne sont pas aussi bien définis qu'ils le devraient), probablement dus à un budget limité. Le son résonne bien dans chacune des enceintes et, il n'y a pas à dire, les chemins des balles tirées sont bien suivis. Les effets sonores des vampires, bien qu'entendus mille fois (rugissements de bêtes...), sont efficaces à souhait.

"Bloodrayne 2 : Deliverance" possède plusieurs qualités qui éclipsent ses défauts. Dans le cas de Uwe Boll, ce n'est pas peu dire. Il est difficile de ne pas remarquer les défauts de cette production, mais il serait injuste de ne pas en voir ses qualités. Uwe Boll est sur une pente remontante. Il ne reste qu'à espérer qu'il puisse arrêter de réaliser des films basés sur des jeux vidéo et qu'il s'attaque à des films autrement plus personnels.


Cotes

Film5
Présentation6
Suppléments7
Vidéo7
Audio8