Blood Trails
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Robert Krause
Année: 2006
Classification: 18A
Durée: 86 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
15 avril 2007

"Tous les chemins mènent en enfer" est le dicton inscrit sur la pochette de "Blood Trails" (traduit par "Sentiers Sanglants"). En effet, regarder ce petit film sorti directement en DVD est un excellent moyen de s'égarer dans la torture brutale et répétitive. Mais est-ce que cela en vaut réellement la peine?

La cycliste Anne (Rebecca Palmer) a croisé par hasard le policier Chris (Ben Price) et ils ont passé une nuit très particulière. Pour se remettre de ses émotions fortes, la jolie femme décide de s'isoler en forêt avec son amoureux Michael (Tom Frederic). Les vacances seront de courte durée, car un maniaque au couteau rôde dans la région. Serait-ce le mystérieux Chris qui joue au jaloux? Et pourquoi ferait-il ça? Plusieurs questions qui seront expliquées au fil des 86 petites minutes.

Le marché de l'horreur est certainement un des plus prolifiques et les nouveautés se comptent par dizaine tous les mois, autant au cinéma que dans les clubs vidéo. Pour rejoindre la clientèle cible - les adolescents et les jeunes adultes - il faut repousser les limites sur le plan des cadavres et du sang. Mélanger de l'humour et du suspense peut également fonctionner, seulement pour montrer comment le genre ne se prend pas au sérieux. Malheureusement, ce film allemand réalisé par Robert Krause ne possède rien de tout ça et il sera rapidement oublié.

"Blood Trails" est un "survival", une catégorie popularisée dans les années 1970 par un certain John Boorman. Une fille est seule en forêt, un maniaque lui coure après incessamment, les gens abordés seront rapidement trucidés et vers la fin, le fou furieux décide de torturer sa victime. Il la fait souffrir sans la tuer, ce qui risque de lui être fatal. Ici, il n'y a rien qui sort réellement de l'ordinaire. Une scène de douche avec un soupçon d'érotisme, des hallucinations dans les bois, une explication tardive bâtarde, des dialogues risibles dont le sommet est "Maintenant, elle est à moi" et des personnages unidimensionnels qui savent à peine crier. Lorsque le long-métrage prend un détour inespéré pour traiter de l'infidélité dans le couple, le destin violent ne peut que régler le sort en moins de trois petites secondes.

"Sentiers Sanglants" sort légèrement des terres battues par ses aspects techniques. Le montage est extrêmement rapide, très tape à l'œil. Les retours dans le passé s'avèrent stylisés, alors que le présent est beaucoup plus réaliste. À ce chapitre, il faut noter la présence de couleurs sombres qui n'arrivent pas à éradiquer complètement le grain. L'ouverture, esthétiquement louable, mélange le noir et le blanc à des effusions de sang. Ces trois couleurs deviendront les pierres d'assise de la production et elles prendront toute la place grâce à la solidité des contrastes. Les éclairages jaunes et verts et cette sueur reluisante se juxtaposent aisément aux beaux paysages souvent isolés. C'est beau, mais le très populaire Saw y a déjà puisé la majeure partie de ses idées. L'utilisation du son met rapidement sur les nerfs. Les différents haut-parleurs envahissent rapidement le spectateur de bruits divers tels un klaxon, de l'eau qui coule, une sonnerie, une porte qui se ferme et même une succion de baisers. Les voix bénéficient d'une bonne traduction française, sauf que les paroles peuvent se perdre dans le flot musical. Manque de bol, aucun sous-titre n'est de la partie. La trame sonore peut être stressante ou beaucoup plus douce, sauf qu'avoir recours à des airs classiques est d'une prétention inusitée.

Le boîtier n'est guère attrayant. Dans des tons foncés où le brun et le rouge se mélangent, une fille est inconsciente et le mot "Help" est écrit sur un mur. Une fois l'insertion du DVD, pas de publicités envahissantes ou de messages impossibles à sauter. Le menu principal statique reprenant les vertus de la pochette apparaît aussitôt. Il y a même une pièce musicale délicate et inquiétante. Le disque ne comporte aucun supplément, mais il est aisé de s'occuper autrement. Pourquoi la description anglophone au dos du boîtier prend quinze lignes alors que celle en français se réduit à six? Et pourquoi le tout est classé 18 ans et plus au Canada, mais limité à 13 ans au Québec...

Ce n'est pas grave si cette catégorie de film ne marque par le septième art. L'important, c'est de divertir, provoquer des frissons et rassurer les amateurs du genre. Est-ce que "Blood Trails" y arrive? Non. Malgré ses qualités techniques, l'histoire manque de rebondissement, il ne s'y passe strictement rien d'édifiant et les façons dont les corps tombent au combat ne sont pas réellement originales.


Cotes

Film4
Présentation4
Suppléments-
Vidéo8
Audio8