The Cabinet of Caligari
20th Century Fox

Réalisateur: Roger Kay
Année: 1962
Classification: PG
Durée: 105 minutes
Ratio: 2.35:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST, Mono), Espagnol (mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-10)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
4 septembre 2005

Les surprises peuvent parfois être cruelles. Prenez l'exemple de cette œuvre "horrifique" où le titre comporte les mots "Cabinet" et "Caligari". Alors qu'on s'attend à être secoué par un des plus grands classiques de l'expressionniste allemand (The Cabinet of Dr. Caligari en 1919), on se retrouve avec "The Cabinet of Caligari", un vague remake américain assez ennuyant tourné en 1962. Même si les deux films ont presque rien en commun, il est légitime de laisser une chance au coureur. Par simple curiosité. Surtout qu'à cette époque des années soixante, le maître du genre Alfred Hitchcock avait pondu presque tous ses longs métrages importants (sauf The Birds qui est venu en 1963). Mais ces espoirs s'évaporent rapidement.

La prémisse de "The Cabinet of Caligari" n'est pourtant pas mauvaise. À la suite d'un accident de voiture, la jeune et sensible Jane (Glynis Johns) retrouve refuge dans un manoir inquiétant. Une fois entrée dans ce lieu malsain, elle ne pourra toutefois plus en ressortir. Le maître du lieu, le docteur Caligari (Dan O'Herlihy), cherchera à percer ses plus intimes secrets, alors que les autres personnes résidants au même endroit qu'elle ne seront d'aucun secours.

Écrit par l'estimable Robert Bloch (l'auteur du roman culte Psycho) et comportant une finale qui jette un nouveau regard sur le récit, cette deuxième réalisation de Roger Kay (l'homme derrière Shoot out at Big Sea) demeure assez décevante. Non seulement le scénario manque totalement de vision, mais il s'avère également lent et très verbeux. Les différents personnages parlent souvent pour rien dire, alors qu'une heure semblait suffisante pour lever le voile sur les quelques mystères présents. La déception aurait pu être moins lourde si la performance des protagonistes avait été à la hauteur. Malheureusement, c'est rarement le cas. Au sein d'une horde d'acteurs inégaux et souvent inexpérimentés se trouvent deux pôles où les flammèches sont souvent déficientes. Rare sont les moments que Dan O'Herlihy s'avère totalement crédible dans le rôle titre. Il est effacé, froid, sans émotion et ce n'est pas très difficile de découvrir ses desseins cachés. Aux antipodes se trouve une Glynis Johns qui en met parfois trop avec sa voix de petite fille.

Tourné en noir et blanc, les images n'ont pas vieilli et ressortent toujours aussi bien. Le grain est clair et la luminosité, sans tache. Cependant, l'utilisation des sous-titres est loin d'être parfaite. Non seulement le format d'écriture est légèrement trop petit, mais la couleur beige ne se dissocie pas toujours bien du fond. En apparence, le son est correct. Les bruits et la musique sont bien utilisés et provoquent quelques fois des sauts. Toutefois, les voix semblent inégales et parfois même mal réglées. Il n'est pas rare que pour bien comprendre les dialogues, il faudra élever le volume. Sauf qu'en agissant ainsi, les effets sonores seront décuplés et les voisins risquent de se plaindre d'un hurlement de mort! Surtout s'il survient tard le soir. Si le menu est d'un plat consternant (rien ne bouge et il n'y a même pas une chanson d'accompagnement), c'est surtout le vide au niveau des options qui est flagrant. En tout et pour tout, une bande-annonce trompeuse du film où se retrouve la totalité des rares bons moments, ainsi que la suggestion de cinq autres longs métrages du même genre. C'est assez peu.

Malgré quelques séquences intéressantes qui surviennent à la toute fin et une histoire au potentiel certain, "The Cabinet of Caligari" demeure un produit quelconque, plus rapproché des banales aventures de The Twilight Zone que des prouesses d'un Alfred Hitchcock ou d'un William Castle. Surtout que le DVD, assez mal garni au niveau des suppléments, n'arrive pas à en mettre plein la vue et les oreilles pour pallier les différentes faiblesses cinématographiques. Meilleure chance la prochaine fois.


Cotes

Film4
Présentation1
Suppléments2
Vidéo6
Audio5