Bloody Moon
Severin Films

Réalisateur: Jesus Franco
Année: 1981
Classification: NR
Durée: 81 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
12 janvier 2009

Jess Franco, le réalisateur de série B par excellence, nous arrive avec un film de commande dont le tournage n'a d'égal que sa réputation. Le récit demeure une fable peu subtile au message peu engageant. Les actrices et acteurs offrent des moues classiques et clichées, mais encore une fois, un certain charme opère, la magie de la nostalgie. Les années 80 étaient connues pour leurs excès dans le domaine de l'horreur... voici l'un des "monuments".

Un groupe d'amies se rend dans un coin du pays et sont traquées par un tueur psychopathe. Un peu connu comme résumé, non? En effet, rien n'est nouveau dans ce film, qui reprend la formule déjà éculée du meurtrier en série. Tout ce qui importe dans ce festival du cadavre sont les méthodes de mises à mort des différents personnages en travers de la route du tueur. Les dialogues sonnent superflus, les effets d'horreur sont inégaux dans le meilleur des cas et les actrices offrent de piètres performances dignes des moins bons du fleuron de l'horreur. Ici, tout est prétexte à des scènes d'horreur. Là où on couperait la moitié du métrage pour violence excessive, les producteurs laissent tourner la caméra, remontant ainsi la barre de la censure, refusant tout compromis. On peut faire état du manque d'intelligence de l'objet, mais pas de reculer pour montrer des scènes d'une cruauté jamais vue. La scène de la scie à béton est probablement la plus insoutenable qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps... et lorsqu'on pense que la caméra ne filme plus, elle film encore. La belle Olivia Pascal est ici montrée comme une prude jeune femme et tire probablement le mieux son épine du jeu, procurant une interprétation le moindrement nuancée et attachante. Bien sûr le tout est gracieusement arrosé de litres de sang qui feraient blanchir même Robert Sin City Rodriguez ou Quentin Reservoir Dogs Tarantino.

L'image demeure correcte, mais la plupart des défauts originaux tels les égratignures ou les picots ont subsisté. On se retrouve avec un transfert inégal, mais qui n'a probablement jamais relui de la sorte depuis sa sortie originale en salles. Les gestes se perdent de temps à autre, certaines scènes sont floues, mais l'ensemble demeure sympathique. Encore une fois, le doublage présent est anglais, et montre les potentiels comiques insoupçonnés d'une telle entreprise. La piste en mono est difficilement recommandable puisque l'on y entend la limite sonore très rapidement. Un petit son strident est audible après un certain volume... donc on ne peut l'écouter trop fort... ce qui amenuise les effets d'horreur. La page du menu principal est comme la couverture: une jeune femme horrifiée, une scie ronde (animée cette fois) et le son approprié. Le reste demeure comme un musée de cire: immobile et figé. Seuls suppléments présents sont la bande-annonce du film et un plat de résistance intéressant, une entrevue avec Jess Franco, qui livre une formidable série de souvenirs, secrets et anecdotes concernant le tournage. Le tout est sous-titré (non négociable), mais vous en saurez gré lorsque vous entendrez le fort accent italien du sieur.

Les films italiens ont eu la cote pour l'horreur dans les années 60-70, mais les années 80, voyant l'avènement du tueur psychopathe, ont su revigorer quelques années seulement, ce type de cinéma, aujourd'hui révolu.


Cotes

Film5
Présentation4
Suppléments6
Vidéo6
Audio4