[*REC]
Les Films Séville Pictures

Réalisateurs: Jaume Balagueró, Paco Plaza
Année: 2007
Classification: 18A
Durée: 89 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol (DD51, DD20), Anglais (DD51, DD20), Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 17
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212000669

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
22 janvier 2009

Les bons films d'horreur ne sont pas courants. Tout au plus, il y en a un ou deux qui prennent l'affiche à chaque année. Devant tant de déceptions, il faut admettre que quelques longs-métrages surprennent par leur inventivité. "[*REC]" fait parti de ce club très sélect. En attendant que son potable remake américain Quarantine passe du grand écran au DVD, pourquoi ne pas découvrir sa source d'inspiration qui provient d'Espagne et qui a pris l'affiche en 2007?

Barcelone n'est pas que le théâtre des cartes postales du dernier essai de Woody Allen. Elle peut également être une ville sinistre et lugubre. Angela (Manuel Valasco) est une journaliste qui prépare un reportage sur la vie nocturne des pompiers. Lorsque ceux-ci sont appelés à rétablir l'ordre dans un immeuble d'habitation, celle qui prétend défendre le quatrième pouvoir décide de les accompagner. Sur les lieux, ils découvrent une vieille femme enragée et agressive, ainsi que des occupants qui commencent à se poser des questions. Une menace rode quelque part et il faudra l'éradiquer avant qu'il ne soit trop tard. Surtout que les autorités en place empêchent les gens de sortir de l'édifice et ce, sans leur fournir d'explications...

Par son traitement réaliste, "[*REC]" rappelle The Blair Witch Project et Cloverfield, mais en bien meilleur. Toutes les images proviennent du cameraman d'Angela. Le long métrage est donc à la première personne et comme dans un jeu vidéo, lorsque l'action débute, la course se veut trépidante et pas toujours sereine pour l'estomac. Heureusement, il n'y a rien pour donner mal à la tête, et ce parti pris des réalisateurs Jaume Balaguero et Paco Plaza met toujours l'histoire à l'avant place.

Le scénario devient palpable par ce lieu mis en quarantaine, le désir ardent de sensationnalisme de la jeune journaliste et cette zone de sécurité qui devient de plus en plus floue. Les gens sont soudainement perdus, atterrés, et les comédiens retenus personnifient des expressions en prenant soin de ne pas trop forcer la note. Dans un rôle difficile, Manuela Valasco campe une animatrice tour à tour sympathique et insignifiante, une anti-héroïne qui finit par agresser par sa voix stridente. Le mérite de l'actrice est de mettre son visage et son corps au service de l'intrigue sans jamais chercher à volet la vedette.

Le récit est un succès, car il remplit son mandat premier: celui de donner une bonne frousse. L'intrigue parsemée de tensions et de résolutions tient aisément en haleine en favorisant les surprises et en prenant soin de ne pas abuser des effets-chocs. Il y a du sang et quelques situations humoristiques, mais surtout un rythme alerte et une peur palpable de l'inconnu. Des ingrédients non négligeables pour les amateurs du genre qui se retrouvent enfin devant un film d'horreur qui tient relativement bien la route.

La réalisation particulière n'est pas étrangère à cette réussite où la caméra s'attarde principalement à une seule personne. Au fil des évènements, la lumière diminuera, laissant encore plus de place aux ombres et à cette noirceur perpétuelle. Les images épousent donc un rendu réaliste qui est souvent laid et parsemé de grains. Tel un documentaire télévisuel, les couleurs manquent parfois de tonus et d'éclat. Tout ceci est bien entendu voulu. Lorsque les éclairages rendent peu à peu l'âme, les contrastes surprennent par leur efficacité et leur homogénéité.

Cette mise en scène plus qu'appréciable bénéficie également d'un son approprié, avec des cris révélateurs qui peuvent prendre (ou perdre) de leur intensité lorsque le caméraman est en zone de danger. La musique inexistante - hormis pendant le générique final - laisse la place aux dialogues et aux silences, à cette explosion des recoins sombres qui peuvent compter sur de sidérantes enceintes pour faire frissonner. En prime, il y a d'intéressants sous-titres jaunes et trois pistes sonores (en anglais, en français et en espagnol) en Dolby Digital 2.0 ET en Dolby Digital 5.1. C'est rare, alors il faudra en profiter.

La pochette noire demeure dans l'esprit de l'essai. Il n'y a qu'une femme apeurée qui aimerait bien se retrouver ailleurs. Le menu principal du DVD est une cassette qui est jouée à l'envers. L'effet troublant y est instantané. Le visionnement ne sera pas sain et à ce moment-là, il est encore temps de faire marche arrière. Mais pas pour longtemps. Hormis le long-métrage, aucun supplément ne vient "éclairer" l'ouvrage espagnol, ce qui est toujours un peu décevant.

Sans être la production la plus horrifique de la décennie, "[*REC]" demeure un plaisir pour quiconque aime se faire peur en fermant la lumière et en se cachant sous une couverture. Après une introduction un peu longuette, la terreur peut commencer et celle-ci se matérialise par une réalisation maîtrisée et une interprétation tout à fait adaptée au sujet. L'art de traiter d'une prémisse vieille comme le monde en y insufflant un peu de nouveauté.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments-
Vidéo7
Audio8