Rob Zombie's 31 [Blu-ray]
M.O. Pictures / Mongrel Media

Réalisateur: Rob Zombie
Année: 2016
Classification: 18A
Durée: 102 minutes
Ratio: 2.35:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHDMA51), Français (DTSHDMA51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (BD-50)
Code barres (CUP): 629159058160

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Patrick Robert
20 février 2017

Le 31 octobre 1976, le motorisé d'une bande de forains se déplaçant dans le Sud des États-Unis entre deux carnavals est pris d'assaut par de mystérieux individus déguisés en prisonniers sortis tout droit d'un film muet. Malgré le ridicule de leurs costumes rayés et leurs visages gribouillés, les agresseurs n'entendent pas à rire, et ils ligotent cinq des passagers avant de tuer sauvagement les autres. À leur réveil, les otages se trouvent au centre d'une bien étrange assemblée, où tous les membres sont costumés, et un homme portant une perruque poudrée du 17e siècle leur annonce qu'ils ont été choisis pour un jeu, nommé 31, dont le but est très simple: survivre durant les douze prochaines heures. Libérés dans une usine désaffectée transformée en labyrinthe, les pauvres "participants" seront dès lors pourchassés par une série de tueurs tous plus grotesques les uns que les autres, dont un nain déguisé en version bouffonesque d'Hitler, un lapin géant, ou un duo de clowns maniant la tronçonneuse. Que les jeux commencent!

De nos jours, on dirait que tout le monde a peur des clowns, et après avoir effleuré cet archétype de l'horreur avec son génial personnage du Captain Spaulding, le musicien et réalisateur Rob Zombie surfe maintenant sur cette vague de coulrophobie, en consacrant un long-métrage entier aux bouffons lugubres. Essentiellement, "31" repose sur un fil conducteur assez mince, et son jeu annuel (dont l'origine ou la raison d'être ne seront jamais dévoilés) ne constitue au final qu'un prétexte pour additionner les scènes de violence aussi gratuites que graphiques, mais grâce à sa grande richesse visuelle, le film revêt une dimension fantasmagorique, presque surréelle, et ce qui n'aurait pu être qu'un "slasher" parmi tant d'autres se transforme soudainement en véritable cirque de l'étrange et du macabre.

S'il s'inscrit dans la veine de son Devil's Rejects en ce qui à trait à l'histoire, "31" renoue cependant avec l'esthétique unique du réalisateur, sorte de mélange de série B, d'hommage aux années 1970, d'objets psychotroniques de cette époque, et de culture des "hillbillys" du Sud des États-Unis. Visuellement, Rob Zombie ne nous avait pas donné d'œuvre aussi forte depuis son House of 1000 Corpses. À travers les moments de brutalité intense captés avec une caméra à l'épaule, le montage insère des scènes en noir et blanc, des séquences tournées en Super 8, ou même des extraits de Nosferatu. Les décors, comme les costumes, contribuent à l'aspect onirique de l'œuvre, et une simple table de festin dressée au beau milieu d'une forêt, ou une comptine chantée sur une voix volontairement fausse, nous plonge directement dans l'ambiance d'un conte de fées.

La comédienne et épouse du réalisateur, Sheri Moon Zombie, participe évidemment à "31", mais puisque son personnage se trouve du côté des victimes, il est beaucoup moins central (et intéressant) que celui qu'elle interprétait dans l'excellent Lords of Salem. D'autres habitués des films de Zombie sont également de la partie, parmi lesquels Jeff Daniel Phillips ou Malcom McDowell, qui incarne le maître de ce jeu mortel. Meg Foster (They Live) et Elizabeth Daily, la coqueluche des comédies romantiques des années 1980, sont également de la distribution. La meilleure performance vient probablement de Richard Brake, terrifiant à souhait dans le rôle de Doom-Head, le plus dérangé et pervers de tous les "clowns" meurtriers.

L'édition haute définition de "31" contient le long-métrage sur un disque au format Blu-ray, et s'accompagne d'un code pour télécharger une copie numérique (échangeable sur Google Play). En guise de matériel supplémentaire, on compte une revuette d'une vingtaine de minutes, intitulée "In Hell Everybody Loves Popcorn". En plus de nous introduire dans les coulisses du film, ce "making of" plutôt classique présente des entrevues où Rob Zombie explique sa démarche et évoque le socio-financement du film, tandis que les comédiens principaux parlent de leurs personnages et de leur expérience de tournage.

Loin d'être la meilleure œuvre cinématographique de Rob Zombie, "31" réussit à transcender le simple "slasher" grâce à l'étrangeté de son univers et sa réalisation très léchée, mais il s'agit tout de même d'un film que les amateurs d'horreur apprécieront davantage pour son style que sa substance.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments6
Vidéo8
Audio8