95 Miles to Go
Video Services Corp. (VSC)

Réalisateur: Tom Caltabiano
Année: 2006
Classification: G
Durée: 79 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD51, DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 8
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 778854186996

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
23 juillet 2012

Sorte de road movie plus ennuyant qu'amusant, "95 Miles to Go" plaira à peu de cinéphiles. Peut-être aux fans de Ray Romano, mais encore là, rien n'est sûr. Malgré ses quelques bons moments, l'exercice tourne rapidement à vide. Et c'est dommage pour tout le monde.

Découvert par le grand public dans l'exquise série Everybody Loves Raymond, Ray Romano a toujours un humoriste amateur de la scène. Son ami Tom Caltabiano et le caméraman Roger Lay Jr. ont décidé de le suivre pendant une tournée de spectacles. Ils l'ont filmé sur la route pendant huit journées où il a visité sept villes et fait plus de 1000 miles.

Il est difficile de ne pas aimer Ray Romano. Son humour est universel et sa façon de raconter une histoire fait souvent rire aux larmes. L'admirateur est prêt à le suivre presque n'importe où, même dans ce projet qui rappelle qu'il y a toujours un revers moins reluisant au succès. Restant généralement du côté positif de la médaille, "95 Miles to Go" filme le quotidien dans la voiture et la chambre d'hôtel, entre deux séances d'autographes et d'attente devant la télévision. Ses performances comiques sont donc limitées, ce qui joue beaucoup sur l'intérêt de la production. Ce qui est développé dans le long-métrage est connu de tous et de toutes, alors que les informations inédites sont plutôt rares. On a donc droit à une horde d'anecdotes plus ou moins stimulantes, qui tendent à tourner en rond au bout d'une demi-heure.

Si au moins les qualités techniques étaient au rendez-vous pour excuser la faiblesse du propos. Au contraire, les images manquent de nuances, de détails. Les contrastes sont trop sombres, la palette de couleurs est terne et le grain n'est pas rare. Les pistes sonores anglophones en Dolby Digital 5.1 oublient également trop souvent de recourir aux enceintes. Les voix peuvent être entravées, sauf qu'il n'y a aucun sous-titre pour pallier ce léger désagrément. Très timide, la musique manque de finesse et elle s'avère assez éphémère.

La pochette appropriée montre deux hommes qui regardent dans leur rétroviseur et la route qui semble sans fin. Le menu principal du DVD est similaire, rajoutant un montage de scènes et une mélodie rythmée. Les suppléments sont nombreux et ils sont beaucoup plus divertissants que le récit final. Il y a un spectacle de près de 30 minutes qui fait amplement sourire, deux séances de questions de plus d'une demi-heure où les intervenants discutent avec le public, des scènes supprimées un peu inutiles, des séquences allongées qui... s'étirent (il y a toutefois une finale beaucoup plus sympathique), une bande-annonce et une galerie de photos. Trois pistes de commentaires complètent le tout. Il n'y a toutefois que la première, narrée par Ray Romano et Tom Caltabiano, qui est franchement désopilante. Les autres, accompagnées des propos du directeur de la photographie Roger Lay Jr., du monteur Cheyenne Pesko et du compositeur Adam Gorgoni, demeurent superficielles.

Ce type de documentaire a déjà été fait de nombreuses fois avec des résultats beaucoup plus probants. L'année dernière, le nettement supérieur Conan O'Brien Can't Stop a d'ailleurs été distribué dans les salles et il allait beaucoup plus en profondeur. Assez inutile malgré quelques passages inspirés (par exemple, lorsque l'humoriste se fait taper sur les doigts pour avoir parlé de sexe dans ses numéros), "95 Miles to Go" manque de vision et d'ambition, livrant le minimum requis (et encore) au lieu de prendre des risques. Cela n'enlève rien au grand charisme et talent de Ray Romano. Il faut seulement passer à côté de cet objet qui ne le met nullement en valeur et dont l'intérêt cinématographique est assez quelconque.


Cotes

Film4
Présentation6
Suppléments7
Vidéo4
Audio5