19-2
Saison 1 - Coffret Edition Spéciale
Imavision Distribution / Films Zingaro / Echo Média / SRC Télévision

Réalisateur: Podz
Année: 2011
Classification: 13+ (QC)
Durée: 600 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 5 (DVD-9)
Code barres (CUP): 069458231435

Ce DVD est disponible chez: Imavision.com

Selon Martin Albert
30 octobre 2011

J'aime le travail du réalisateur québécois PodZ (Daniel Grou), même si d'une série à l'autre son style se ressent, même si ça se ressemble. Il a justement reçu deux Gémeaux pour souligne son excellent travail pour Minuit, le soir (qui a malheureusement été mal transféré sur des DVD non anamorphique... franchement en 2006). Il fait maintenant partie de l'équipe d'une autre série dramatique du nom de "19-2" où il capture le quotidien de deux patrouilleurs du Service de la police métropolitaine de Montréal, une série qui a récolté douze Gémeaux parmi les dix-huit pour lesquels elle a été sélectionnée. Les scénaristes de ce récit y sont pour quelque chose aussi de nous avoir fait aimer et détester leurs personnages passionnément.

Dans la même veine que Minuit, le soir, nous retrouvons ici des personnages amusants qui ont un passé qui les trouble qui refait surface quand ils se retrouvent seuls. Il y a Nick Berrof (Réal Bossé) dont le partenaire Jean-Pierre Harvey (Vincent Graton) a été grièvement blessé par balle à la tête et qui en est resté mentalement handicapé. Berrof se sent responsable, se sent obligé de prendre soin de lui et a réellement du mal à continuer son travail. Chaque situation le ramène à ce moment de tourmente où ses décisions ont aidé à cet accident. Ça n'aide pas lorsque l'on le contrait à travailler avec Benoît "Ben" Chartier (Claude Legault), un transfuge de la Sureté du Québec (quinze ans en province) qui semble à première vue le gars positif, toujours prêt comme un scout. Lui aussi tente de fuir son passé, où il a dû arrêter son père qui avait fait un délit de fuite en état d'ébriété. Alors qu'il faisait sa job de policier, son devoir de citoyen, il est traité comme un salop par sa famille (pourtant ce n'est pas lui qui "a tué un kid"). Mais, il se rend compte assez vite que la vie de policier dans la grande ville n'est pas de tout repos qu'il le croyait. De plus, lorsque son commandant, Marcel Gendron (Jean Petitclerc), lui dit les vraies raisons pour lesquelles il l'a jumelé à Berrof, il est inconfortable de jouer un double rôle avec son partenaire, ce dernier ne voulant pas de partenaire à protéger.

Le côté personnel des policiers du poste 19 est vraiment mis au grand jour dans cette série. En plus de passer sa rage sur ses collègues, Berrof n'est pas fier de la passer aussi sur son fils Théo (Robert Naylor) dont il a la garde avec son ex-femme Isabelle Latendresse (Julie Perreault) qui est aussi enquêteuse au poste. Cette séparation ne fait qu'encourager sa maitresse et collègue Audrey Pouliot (Catherine Bérubé) à lui faire des avances. De son côté, lors de sa fuite de sa campagne natale, Ben n'avait pas prévu que cela amène des problèmes avec sa copine Catherine (Fanny Mallette) qui espace ses visites de plus en plus. Il y a aussi cette travailleuse sociale, Amélie de Grandpré (Magalie Lépine Blondeau) qui tombe dans ses goûts, mais elle ne veut pas de relation à long terme. Qu'elle est la surprise de Ben de savoir que c'est la soeur de Nick! Dès ces premiers jours de service, Ben est pris avec les problèmes d'alcool de son collègue Tyler Joseph (Benz Antoine) et tente de l'aider, mais Tyler ne veut pas s'aider... Il se retrouvera au volant de sa voiture de patrouille complètement saoul. Mais ce n'est pas le collègue qui a le plus de problèmes alors que Nick et Ben surprennent Jean-Marc Brouillard (Louis Philippe Dandenault) en train de battre sa femme. C'est certain que ce dernier ne veut pas être dénoncé par ses amis, mais n'étant pas le gars le plus aimé de poste (avec ses "joke de mononcle"), il risque gros, en plus qu'il fait tourner des rumeurs sur le fait que Berrof entretiendrait des liens avec la mafia russe. Il y a aussi Bérengère Hamelin (Véronique Beaudet) qui montre des difficultés avec son orientation sexuelle, malgré que son entourage l'accepte sans problème.

Le quotidien de ces policiers du Service de la police métropolitaine de Montréal inclut la rencontre du matin avec le sergent Julien Houle (Sylvain Marcel) et quelques "fin de shift" au restaurant chez Marie-Louise (Louise Portal), mais se déroule pour la majorité du temps dans les rues de la grande ville. D'abord, une attaque dans une pizzéria donne à Ben la chance de se prouver. Le lien entre Ben de Nick va se solidifier lorsque ce dernier se fera menacer d'une arme et perdra une balle. Plus tard, ils retrouveront l'assaillant dans un parc, mais l'arrestation gène leur patron qui ne pense qu'à la relation publique et une autre enquête pour prendre des plus gros poissons. Alors que d'autres appels policiers sont plutôt comiques (chicane de voisins, vedette au volant, itinérants , etc.), la moyenne se veut plus violente, plus désastreuse (suicides, meurtre, drogue). Mais c'est lorsque leur collègue Audrey est battue par des bums que les démons des policiers tombent par terre et cherchent tous ensemble le responsable. Mais est-ce que leur professionnalisme tombera aussi par terre lorsqu'ils mettront la main au collet du fautif?

Alors que j'étais bien content de retrouver Claude Legault à la tête d'une série, je fus fort surpris du rôle sérieux de Réal Bossé que je connaissais vraiment que de Une galaxie près de chez vous. Bien sûr, amateur de Minuit, le soir, le personnage secondaire de Julie Perreault m'a bien plu, mais c'est la variété de personnages qui m'a conquis. Les personnages qu'on aime (Amélie), mais aussi ceux que l'on déteste (Gendron) et ceux qui sont pris en sandwich entre les deux camps (Houle). Les situations policières sont intéressantes surtout du fait qu'elles ont une suite dans au travers des épisodes (par exemple le gars de gang de rue qui a menacé Ben). Malgré que ma première opinion de cette série était de la nommer "Minuit, le soir, avec des polices" (ce qui n'est quand même pas négatif en soi), j'ai adoré le programme offert et j'en veux encore. Le fait de revisionner le tout sur DVD m'a encore plus ébloui par le nombre de détails et la caméra de Podz.

Ayant vraiment détesté le transfert numérique de Minuit, le soir, j'espérais vraiment avoir un bon service pour un produit de ce réalisateur cette fois-ci. Imavision récompense donc notre attente avec une image de qualité qui n'est pas au niveau des séries télévisées américaines, mais certainement un plus à considérer. Dans cette image plutôt froide, il n'y a pas d'artefacts de compression visible qui risqueraient de nuire à un visionnement plaisant, à part d'un petit entrelacement visible sur les plus grands écrans. La piste sonore est correcte, bon mélange entre la musique et les dialogues, sans trop exploiter le format Dolby Digital 5.1 sur lequel elle nous est offerte.

Le boîtier est très beau, reprenant le style des indicatifs de la série. Il s'ouvre en plusieurs volets qui montrent photos et DVD. Les disques ne sont pas identifiés entre eux (on ne sait pas l'ordre), alors gare à les mélanger! Un petit numéro de série "10-170403x" dans le bas du disque peut nous aider à nous en sortir à part de remettre le disque dans notre lecteur DVD. Si les photos vous plaisent, il y a un livret de 48 pages avec les photographies de Véronique Boncompagni et Serge Sauvin, photographes de plateau. C'est une très délicieuse alternative aux galeries de photos habituellement retrouvées sur le DVD.

Comme supplément, nous retrouvons les dix webépisodes que je n'avais pas vus avant de faire de la recherche sur le site web de la SRC (qui propose aussi d'autres suppléments intéressants) pour la critique de ce DVD. Elles offrent un aperçu de ce qui entoure quelques scènes de crime sous la forme de scénarimages animés. Le supplément le plus substantiel se retrouve sur le dernier disque de l'ensemble. Il s'agit de huit épisodes de la série "Les rendez-vous policiers" où nous pouvons voir le réalisateur, les gens de la production et les comédiens avoir une formation avec de vrais corps policiers. Il est intéressant de voir les diverses recommandations de sécurité des policiers (par exemple de rester sur le lieu de tournage parce que les gens ne feront pas de différence entre les vrais policiers et les acteurs). Les multiples questions de Podz lui ont probablement fait faire quelques modifications dans son scénario pour ajouter du réalisme.

Voilà donc une série que je vous recommande fortement tout en espérant que la seconde saison aura bel et bien lieu, alors que Ben s'était fait offrir une autre mission d'enquêteur secret de la part de la Sûreté du Québec. Et j'aimerai bien certainement de voir quelques policiers de la série surmonter leurs propres démons, l'être humain derrière le policier.


Cotes

Film9
Présentation10
Suppléments8
Vidéo7
Audio7