Les Belles Histoires des Pays d'en Haut
Coffret 3 & 4
Imavision

Réalisateur: Bruno Paradis, Fernand Quirion, Yvon Trudel
Année: 1969-1970
Classification: NR
Durée: 900 / 900 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 5 (DVD-9) chacun

Le DVD volume 3 est disponible chez: Amazon.ca
Le DVD volume 4est disponible chez: Amazon.ca

Selon Daniel Cyr
3 novembre 2004

"Les Belles Histoires des pays d'en haut"... Ce téléroman écrit par Claude-Henri Grignon détient encore aujourd'hui, le record de longévité de la télévision québécoise. Un total de 495 épisodes échelonnés sur 14 années de télédiffusion. La première émission fut dévoilée le 8 octobre 1956 et la dernière aventure de Séraphin, "Une véritable conquête", fut diffusée le 1er juin 1970. À ce jour, il ne reste plus que 74 épisodes à nous mettre sous la dent (14 en noir et blanc de 30 minutes et 60 en couleur de 60 minutes) ainsi que des séquences sur pellicules en noir et blanc et en couleur, ayant servi de raccord à certains épisodes. Ces courts moments représentent une richesse inestimable de la mémoire télévisuelle de la culture québécoise de la colonisation dans les Laurentides.

Ce téléroman mettait en vedette les Jean-Pierre Masson (Séraphin Poudrier), Hector Charland (son père Évangéliste Poudrier), Paul Desmarteaux (le curé Labelle dit le roi du Nord), Andrée Champagne (Donalda Laloge), Gabriel Gascon (1956-65) et Guy Provost (1966-70) (Alexis Labranche), Pierre Boucher (Honoré Mercier), Paul Dupuis (Arthur Buies), Raymond Royer (le secrétaire Dubouquet), Henri Poitras (jambe-de-bois), Louis Philippe Hébert (père Laloge), Yvon Leroux (Adélard "Bidou" Laloge), Élisabeth Lesieur (Nanette Laloge), Pierre Daigneault (père Ovide Ruisselet), Germaine Giroux (Victorine Malterre dit la Lionne), Gisèle Mauricet (Rosa Rose), Marcel Cabay (le docteur Bouclier), Camille Ducharme (le notaire Romain Lepotiron), René Caron (Todore Bouchonneau) et Réjane DesRameaux (la grosse Georgiana).

Plusieurs des acteurs ci-haut mentionnés furent de la distribution des films Un homme et son péché de 1949 et Séraphin de 1950, soit qu'ils interprétaient le même personnage ou un nouveau. Comme par exemple Hector Charland qui fut un extraordinaire Séraphin dans les deux longs-métrages, fut forcé bien malgré lui de jouer le père de celui-ci puisque les producteurs du téléroman le trouvaient trop vieux pour personnifier l'avare de Sainte-Adèle.

L'histoire se déroule vers1890. C'est l'époque de la colonisation et la vie est difficile pour les habitants de Sainte-Adèle, petit village des pays d'en haut. Donalda et Alexis sont amoureux et ils promettent de se marier, quand Alexis reviendra des chantiers. Mais peu après, pour sauver l'honneur de sa famille et éviter la faillite à son père, Donalda accepte d'épouser Séraphin, le maire du village. Séraphin est un être avare et cupide, Donalda est douce et résignée. Séraphin maintient Donalda dans une crainte permanente, la force à manger une nourriture insuffisante. Il prête son argent à des taux usuraires et passe de longues heures à palper ses pièces d'or bien cachées dans des sacs d'avoine. Aussi, Séraphin doit souvent faire face au curé Labelle, le véritable roi du Nord, qui ne le porte pas tellement dans son cœur.

Jean-Pierre Masson fut un extraordinaire Séraphin tout au long de ces 14 années de télédiffusion et prouve hors de tout doute qu'il était un acteur d'exception. Il est d'un naturel déconcertant au point que l'on n'oublie que derrière ce personnage de l'avare se cache un acteur qui eut beaucoup de mal à vivre avec ce rôle taillé presque sur mesure pour lui.

Les personnages sont colorés à souhait avec leurs jurons qui deviendront de grands classiques pour de nombreux de québécois tels arc-en-ciel!, nom d'une pipe!, bouleau noir! Et bien sûr, celui de Séraphin avec son fameux... viande à chien! Ils marqueront également le collectif québécois par leurs vêtements d'époque tels chemise à carreaux, ceinture fléchée, redingote, robe à crinoline, chapeau baroque, etc. Tous les personnages apportent une pointe d'originalité et aucun ne passe jamais inaperçu. Le français employé par les gens est peut-être trop parfait pour des colons de cette époque, mais n'en demeure pas moins qu'il est suave à entendre.

Vous vous apercevrez rapidement que les acteurs ne savaient pas toujours utiliser les objets qu'ils avaient à manier comme un rouet, une scie ou une hache lors de certains épisodes. Il leur aurait fallu une petite formation sur le fonctionnement et la technique de ces objets. Les décors studio des maisons et des cabanes paraissent parfois trop factices ce qui dérange notre attention. Vous remarquerez aussi en observant bien, du papier peint comme paysage au travers des fenêtres et de la fausse neige en hiver qui demeure collée aux vêtements des gens...

Les coffrets "Les Belles Histoires des pays d'en haut" offrent une particularité d'image VHS transférée sur DVD. La source vidéo employée pour ces transferts est de qualité moyenne et souffre souvent de défauts majeurs puisque les enregistrements ont été mal protégés. Le transfert n'a pas tiré le maximum de qualité et offre un niveau de détails acceptable sans plus. On remarque un certain manque de précision. Les tons de peaux ne sont pas toujours correctement reproduits. Les couleurs manquent de richesse et d'intensité. Nous remarquons souvent des fourmillements et des égratignures. L'image sautille occasionnellement. La brillance fluctue et les parties sombres présentent des dégradés plutôt grossiers. Les couleurs sont non seulement fades, mais débordent constamment. Ce problème communément appelé saignement des couleurs est causé par l'introduction de trop de saturation à l'image lors de la capture. Les noirs manquent de profondeur et d'intensité. Bref, une déception totale au niveau de l'image. Mentionnons que ces défauts sont imputables au matériel vidéo qui n'a pas été entreposé avec soin. La bande sonore est agréable, sans plus. Le son grince épisodiquement. Toutefois, les dialogues sont nets, mais manquent de spatialité.

La musique thème de "Les Belles Histoires des pays d'en haut" si chère à nos oreilles est l'œuvre du compositeur russe Alexandre Konstantinovitch Glazouvov (1865-1936), Les Saisons op.67, un vrai bijou dans l'ensemble de l'œuvre. Et c'est à la quatrième scène que l'on trouve notre thème des Belles Histoires, intitulé L'Automne, Petit Adagio. Un trois minutes trente secondes de musique somptueuse, fluide où les violons expriment autant la gaieté que la tristesse.

Grâce à Imavision, nous pouvons enfin redécouvrir des épisodes de cette saga "Les Belles Histoires des pays d'en haut", présentés dans deux magnifiques coffrets contenant 5 disques DVD chacun et 17 épisodes couleur par coffret. Le coffret numéro 3 révèle les épisodes couvrant la période du 29 janvier 1969 au 20 octobre 1969 qui sont distribués ainsi:

Plus de 50 minutes de suppléments se retrouvent dans le premier coffret. D'abords une galerie de photos des principaux protagonistes de ce feuilleton, puis un quiz qui testera vos connaissances et finalement "Rendez-vous" où vous verrez un extrait d'une émission de Radio-Canada du 2 septembre 1968 intitulée "Le sel de la semaine" dans lequel l'animateur Fernand Séguin reçoit l'auteur de la série, Claude-Henri Grignon. Très imbu de lui-même, Grignon avoue fièrement avoir trouvé un nouveau néologisme qui est aujourd'hui utilisé couramment... "Un grippe-sou est un Séraphin".

"Médisances, manigances et interdits" sont des séquences de pellicules en noir et blanc et en couleur de certaines scènes tournées à l'extérieur à différentes époques (La liste noire - Le whisky - Le braconnage - La lettre anonyme - La liste noire II - Le secret - La dette de jeu - Le sacrifice - La baignade).

Le coffret numéro 4, livre les épisodes couvrant la période du 3 novembre 1969 au 1er juin 1970 qui sont distribués ainsi:

Plus de 75 minutes de suppléments font place sur ce dernier coffret, soit "L'argent" qui sont des séquences filmées tournant autour de l'argent (La dette du père Laloge - La chasse - La recherche de Séraphin - La maison de l'exilé père Ovide et Victorine - Le trésor de séraphin I - Le trésor de séraphin II - Le prêt I - Le prêt II). Cela est suivi d'un quiz pour tester vos connaissances et d'un reportage de Radio-Canada du 12 décembre 1983 intitulé "Rendez-vous". Entrevue "Au jour le jour": Le village de Séraphin, ce qu'il représente et des extraits d'entrevue avec la fille de monsieur Grignon, Claire. Elle nous livre beaucoup d'informations sur son père et son œuvre. Elle raconte notamment que le personnage de l'avare Séraphin n'est pas l'amalgame de plusieurs personnes comme la rumeur affirme, mais bel et bien une seule personne qui a réellement existé et ayant comme prénom Israël. Il aurait trouvé la mort dans un incendie avec une pièce d'or à la main. Il est intéressant aussi d'apprendre que de nombreux téléspectateurs mélangeaient fiction et réalité... Radio-Canada recevait périodiquement des lettres d'injures pour Séraphin et de la nourriture pour sa femme Donalda afin qu'elle puisse manger à sa faim! "Scènes inédites" revient ici avec des séquences de pellicules de différentes époques en noir et blanc et en couleur de certaines scènes tournées en extérieur (Bidou sauve Basile - Iphigénie et Florent à la chasse - Les inquiétudes du père Chevron - La jalousie de Florent - Donalda n'en peut plus - Père Chevron taquine Artémise - Le chalet de Todore - L'accident - Le châtiment). Pour finir, "Souvenance" est une partie d'extrait des meilleurs moments du téléroman que vous trouverez sur le cinquième DVD de ce coffret.

Pour revivre les péripéties hautes en couleur des personnages attachants surgis de la plume de Claude-Henri Grignon, voilà un produit pour les nostalgiques qui seront ravis de se replonger dans ce grand classique de la télévision au Québec.


Cotes

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