8h15 - 6 août 1945: Hiroshima
Imavision Distribution

Réalisateurs: Martin Duckworth, Terre nash, Michael Fukushima
Année: 1983, 1984, 1992
Classification: G
Durée: 100 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Français (DD20), Anglais (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
24 août 2005

Afin de commémorer le soixantième anniversaire du bombardement des villes d'Hiroshima et de Nagasaki, Imavision a décidé de combiner trois documentaires essentiels de l'Office national du film (ONF) du Canada sous le titre "8h15 - 6 août 1945: Hiroshima". Bouleversant.

L'œuvre principale est de Martin Duckworth et elle s'intitule "Plus jamais d'Hibakusha". Pendant environ 50 minutes, on y suit le destin difficile de plusieurs Hibakusha, des victimes du premier désastre nucléaire. Même si les données historiques sont nombreuses et qu'elles offrent un excellent cours de révision (il y a eu cent milles morts à Hiroshima et quatre-vingts milles à Nagasaki), le réalisateur préfère s'intéresser au côté humain de la chose. Il donne donc la chance à plusieurs survivants et à leurs descendants de s'exprimer sur cette journée qui a marqué leur existence. Entre les nombreux témoignages poignants, qui rendent les yeux humides, et les manifestations de différents peuples contre l'abolition mondiale des armements nucléaires, le documentaire se veut un poème à la vie, à la paix et à la différence, car les Hibakusha souffrent souvent de discrimination parmi la population japonaise. Un pamphlet humaniste abrasif, comme il s'en fait si peu, qui porte bien la signature de son réalisateur trop méconnu du public francophone.

Encore plus contestataire est "Si cette planète vous tient à cœur" de Terre Nash. Ce documentaire, lauréat d'un Oscar en 1983, expose les propos de la docteure Helen Caldicott, une fervente opposante au nucléaire. À l'aide d'exemples marquants et l'utilisation judicieuse de statistiques, elle arrive à convaincre de la stupidité d'avoir recours à de telles armes qui peuvent détruire maintes fois la surface de la planète. Si de nombreuses scènes sont assez difficiles à supporter, le propos demeure nécessaire.

"Minoru: Souvenir d'un exil" lève le voile sur une réalité pas toujours connue: 22 000 Canadiens d'origine japonaise ont été expatrié pendant et après la Seconde Guerre mondiale. En se basant sur le témoignage d'un membre de sa famille, Michael Fukushima déploie un récit émouvant, où l'identité peut être un concept flou en temps de crises. Pour donner vie à son histoire, le réalisateur va jusqu'à dessiner lui-même les images, ce qui confère à l'entreprise un charme authentique indéniable.

Ces trois charges contre le nucléaire ont peut-être été réalisées au cours des années 1980, mais le discours n'a rien perdu de sa pertinence. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas pour les images, qui souffrent par moment d'un manque de définition. De la même manière, le son s'avère très ordinaire, alors que l'omniprésence des voix hors champ ne permet pas une bonne utilisation des haut-parleurs.

Dès l'insertion du DVD, il faut attendre près d'une minute que les différents partenaires s'affichent à l'écran avant d'avoir contrôle de quoi que ce soit. Ensuite, en choisissant la langue d'écoute, un menu assez simpliste apparaît, avec des séquences d'archives en arrière-plan. Même si les options sont pratiquement inexistantes, la pochette et le livret sont un peu chiches sur les détails. Pour "Plus jamais d'Hibakusha" et "Minoru: Souvenir d'un exil", il faudra même patienter jusqu'à la fin avant de déterminer l'année de sa réalisation!

Malgré tout, "8h15 - 6 août 1945: Hiroshima" demeure une expérience unique, qui réussi à émouvoir et à apprendre tout à la fois. Un regard puissant et révoltant d'une tragédie planétaire, dont l'écho résonne encore de nos jours.


Cotes

Film9
Présentation2
Suppléments-
Vidéo5
Audio5