La La Land
Les Films Séville / EOne Entertainment

Réalisateur: Damien Chazelle
Année: 2016
Classification: G
Durée: 128 minutes
Ratio: 2.55:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212006418

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
16 avril 2017

Gagnant de six Oscars (dont meilleur réalisateur, actrice, photographie, musique et chanson originale), "La La Land" possède le même pouvoir féerique dans le confort de sa maison, enchantant instantanément.

À Los Angeles, une actrice débutante (Emma Stone) noue une relation amoureuse avec un pianiste de jazz (Ryan Gosling) qui rêve d'ouvrir sa propre boîte de nuit.

Suivre ses rêves se fait à ses risques et péril. Le réalisateur et scénariste Damien Chazelle a déjà exploré cette maxime vieille comme le monde dans son surestimé Whiplash et il récidive avec son beaucoup plus marquant et maîtrisé "La La Land".

Le jeune cinéaste a eu l'audace et le culot de transposer ce conte dans l'univers de la comédie musicale. Bien lui en pris. Sa connaissance du genre est immense, débutant dans la fantaisie ludique des classiques américains des années 30 à 50 avant de muter vers une mélancolie propre à Jacques Demy (le lien est flagrant avec le chef-d'œuvre Les parapluies de Cherbourg). Il faut donc s'attendre à un feu d'artifice en Technicolor de couleurs et de bonne humeur qui s'articule autour de mélodies accrocheuses. Les longues chorégraphies ne sont pas handicapées de montage parasitant (c'est l'antithèse d'un Chicago), laissant triompher la virtuosité de ses concepteurs. Entre Emma Stone et Ryan Gosling, la complicité est palpable et leur aura de star risque même d'intéresser un large public qui n'aime pas nécessairement ce style cinématographique... et qui risque d'être comblé dès la splendide scène d'introduction!

Le long-métrage est si riche et foisonnant que le cinéphile finit par s'habituer à son charme légendaire. Cela rend donc la deuxième partie un peu moins magique, surtout lorsque les problèmes débutent et qu'ils sont présentés d'une façon classique et attendue. Déjà que le récit est séparé en saisons (évidement qu'à l'automne, tout fout le camp au même titre que les feuilles), le discours sur la nécessité de grandir et d'adhérer à la vie réelle paraît un peu appuyé bien qu'il soit nécessaire. Un bémol qui s'oublie aussitôt la conclusion, qui est à la fois extravagante et bouleversante.

La mémorable trame sonore est bien soutenue par des pistes sonores alertes, qui regorgent les enceintes d'instruments, mais également d'eau et d'applaudissements. Les voix sont claires et il y a de visibles sous-titres blancs et un potable doublage francophone en cas de besoin. A priori, les images s'avèrent un peu sombres. Cela s'améliore heureusement et la faste palette de couleurs ravit rapidement. Les teintes précises et détaillées, ainsi que les contrastes homogènes apportent un supplément de flamboyance à l'ensemble.

La pochette bleue qui montre un couple en train de danser sous les étoiles résume parfaitement ce qui va suivre. Le menu principal du disque volontairement rétro montre un montage harmonieux de scènes qui défile sur une pièce musicale tristounette. Les bonus comprennent un documentaire sur Los Angeles et un second sur la chimie entre les acteurs. Il est possible d'accéder directement à la chanson de son choix (ou de les écouter une à la suite de l'autre) et il y a une très intéressante piste de commentaires du cinéaste et du compositeur Justin Hurwitz qui lèvent le voile sur leur processus d'inspiration et de création.

Plus profond qu'il n'y paraît dans sa façon d'appeler à sauvegarder le passé, "La La Land" est une lettre d'amour douce-amère aux passions, au cinéma, à la musique: à la vie, quoi! C'est un peu une réponse à The Artist où les chansons remplacent le muet. Un baume sur le coeur et l'âme comme celui-là, ça ne se refuse surtout pas!


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments6
Vidéo8
Audio8