Ailen: Life and death of a serial killer
Columbia TriStar Home Entertainment

Réalisateur: Nick Broomfield, Joan Churchill
Année: 2003
Classification: 14A
Durée: 89 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Noël
3 juin 2004

Au mois d'octobre 2002 dans l'état de la Floride, on exécutait Aileen Wuornos, prostituée et première tueuse en série des États-Unis. Suite à la condamnation pour le meurtre de six hommes et après plus de dix années passées dans le couloir de la mort, Aileen Wuornos est disparue du monde "pourri et corrompu" dans lequel elle a désormais laissé sa trace. Nick Broomfield, réalisateur et producteur du film-documentaire choc, "Aileen:Life and Death Of A Serial Killer", a réussi à approcher la dame lors de ses dernières confidences et a étalé au grand jour la vie misérable qu'a vécu la plus grande tueuse que les États-Unis ont connue au cours des dernières années.

Aileen a fait énormément parler d'elle ces derniers temps, car le film racontant son ascension vers le mal a été honoré lors de la dernière remise des Academy Awards. Charlize Theron a remporté la statuette pour la meilleure actrice et ce fut amplement mérité. C'est pour cette raison que Columbia a jugé bon de sortir le documentaire de Nick Broomfield en même temps que Monster pour la sortie sur DVD, qui met aussi en vedette la talentueuse Christina Ricci. Si le film de Patty Jenkins (Monster) est romancé, celui de Broomfield est loin de faire dans la censure. Le documentaire s'ouvre sur la présentation des six hommes qui furent victimes de la foudre d'Aileen. Puis, Broomfield montre des images où Aileen doit à nouveau s'expliquer devant la loi afin de déterminer si les policiers, qui collaboraient à l'époque lors de l'enquête, n'ont pas été corrompus par la presse et Hollywood, à qui on aurait vendu les droits de raconter la vie du "Monstre" de la Floride. Le verdict entraînera le licenciement de deux policiers qui ont travaillé sur l'enquête et une panoplie d'insultes au juge de la part d'Aileen. Les entretiens entre Broomfield et la condamnée dans le couloir de la mort donneront autant de réponses que de questionnement sur ce qu'a vraiment été la tueuse en série. Une première hypothèse, racontée par Aileen, inculpe le corps policier de la Floride qui, après l'enquête entourant le premier meurtre, aurait eu déjà tous les indices et les preuves pour aller cueillir la jeune femme. Dans une discussion avec Broomfield, elle lui confie que les policiers auraient attendu plusieurs meurtres avant de tenter de la cueillir et profiter ainsi d'une histoire intéressante pour en vendre les droits aux médias. On peut trouver la condamnée folle ou bien complètement disjonctée, mais n'empêche que l'on a tout de même démis plusieurs policiers de leurs fonctions suite à des enquêtes qui ont prouvé qu'il y avait eu des transactions illégales et Aileen a échoué un test visant à déterminer si elle était atteinte de folie. La deuxième possibilité n'inculpe qu'Aileen elle-même puisqu'elle explique que les hommes qu'elle a tués étaient méchants et violents; elle aurait donc agi que par légitime défense. La troisième et dernière hypothèse pointe du doigt le passé nébuleux et malheureux dans lequel Aileen a dû vivre. Enceinte de son père à treize ans et abusée de son grand-père quelques temps plus tard, elle se serait retrouvée rapidement à la rue à se prostituer.

Dès les premières minutes du visionnement de ce film sur la vie d'Aileen, j'ai été curieux et intrigué. Comme on pouvait le ressentir dans le film Monster de Jenkins, j'ai éprouvé de la compassion pour une fille qui a subi une enfance douloureuse et des difficultés insurmontables. Il est vrai de dire que ses meurtres sont impardonnables, mais comment de pas être du côté d'Aileen lorsque dans le documentaire de Broomfield, elle raconte que sa première victime (Richard Mellory) l'avait sodomisée, battue et avait fait couler du collyre dans ses orifices afin de la "purifier". Elle aurait alors agit par légitime défense. Lorsque je disais que le documentaire amène avec lui un tas de réponses et de questions, c'est qu'au cours des entretiens entre la condamnée et Nick Broomfield, Aileen ne cesse d'affirmer et de contredire ses propres dires. Qui croire? Quoi croire? Je vous invite à regarder le documentaire pour tirer vos propres conclusions.

Le DVD comprend les derniers et rares entretiens qu'Aileen ait accordés à Nick Broomfield. L'image, qui contient souvent des archives de réseaux de télévision, est inégale parce qu'elle provient de sources différentes. Les images tournées par Broomfield, qui forment la majorité du film, sont par contre de qualité exceptionnelle compte tenu du fait que le réalisateur n'avait pas un énorme budget de production et ne bénéficiait pas d'une équipe technique complète. Pour ce qui est de la piste sonore, certains dialogues ne sont pas toujours bien audibles dû à des contraintes techniques, c'est pour cette raison que je vous recommande d'utiliser les sous-titres pour mieux comprendre. Le menu du DVD est plutôt formel et sans grande originalité reproduisant l'image de présentation de la pochette du DVD. Il n'y a aucun boni, outre la bande-annonce de Monster (bien sûr!).

Que vous ayez vu ou non Monster, vous devez absolument voir ce film documentaire qui montre la véritable Aileen Wuornos et qui amène certaines explications qui pourraient éclaircir les folies de la plus grande tueuse en série que les États-Unis ont connue.


Cotes

Film9
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