Amy [Blu-ray]
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Asif Kapadia
Année: 2015
Classification: 14A
Durée: 128 minutes
Ratio: 1.85:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-50 + DVD-9)
Code barres (CUP): 629159056500

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca
Les CD d'Amy Whinehouse sont disponibles chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
4 janvier 2016

Sexe, drogues et rock'n'roll. Cela semble être depuis toujours le mode de vie de bien des vedettes de la chanson populaire. Certains s'en tirent bien et se calment après un certain temps, mais d'autres, moins chanceux ou à la constitution moins solide, y laissent leur peau et s'en vont tout droit au paradis des martyres de la pop. Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison, John Bonham, Keith Moon, Elvis Presley, Michael Jackson, Whitney Houston, la liste est longue. Une des dernières additions à cette énumération peu reluisante est la jeune chanteuse de jazz et de soul britannique Amy Whinehouse.

Bien qu'ayant eu une très courte carrière avec seulement deux albums à son actif (le jazzy Frank et le plus éclectique Back to Black), elle fût brièvement reconnue comme la voix de sa génération, allant même jusqu'à rafler une pléiade de Grammys et de Brit Awards en plus de détenir pour un temps le record de l'album britannique le plus vendu du XXIe siècle. Il était donc normal que tôt ou tard, suite à son décès d'abus d'alcool et de drogues, quelqu'un lui consacre un documentaire. C'est ce qu'a fait le documentariste britannique Asif Kapadia (réalisateur entre autres de Senna sur le pilote de Formule 1 Ayrton Senna, le documentaire le plus profitable de l'histoire du cinéma britannique qui fut détrôné seulement récemment par... "Amy"! - comme quoi même après sa mort elle bat encore des records).

Un montage parmi des dizaines d'heures de vidéos personnelles de la chanteuse et autant filmées par ses proches et sa famille, "Amy" n'est pas un documentaire comme les autres. Bien sûr on y retrouve les sempiternelles entrevues des amis, admirateurs et journalistes musicaux ainsi que des extraits de performances, mais on se concentre surtout sur l'être humain plus que sur la chanteuse. Le documentaire portait même le sous-titre de "La fille derrière le prénom" lors de sa sortie en salles. Et il s'attarde effectivement plus à sa vie troublée qu'à analyser son immense talent.

On y voit sa jeunesse avec ses amies puis la dérape soudaine dans la drogue et l'alcool lors des premiers succès et la gloire quasi instantanée. On y retrouve la petite fille perdue et abandonnée par son père qui refait soudain surface lorsque l'argent commence à couler à flots. On y voit aussi la femme mangeuse d'homme et plutôt hédoniste qui ne saura garder de stabilité dans sa vie émotive. Bref on y découvre les facettes variées, mais toutes excessives de la jeune chanteuse, cocktail explosif qui devait mener à sa vie dissolue et à sa mort prématurée à l'âge de vingt-sept ans.

Il ne faut pas nécessairement être un fan de la chanteuse pour apprécier le documentaire. J'avoue moi-même n'avoir entendu auparavant que son nom et avoir été ignorant de sa musique et avoir tout de même apprécié le film. La seule critique que je pourrais formuler serait le fait que parfois il y a malaise quand le réalisateur s'approche trop près de son sujet. De voir des photos d'Amy s'injecter de l'héroïne alors qu'elle est visiblement déjà passablement gelée ou de la voir sur le bol de toilette saoule ou d'entendre des messages hyper personnels laissés sur les répondeurs des amis ou amants entre un peu trop selon moi dans la sphère personnelle. On aurait aussi bien compris le malaise de vivre et le manque de repères de la jeune femme sans aller trop à fond dans le mélodrame. Mais sinon, ça reste un film fascinant sur une étoile filante du monde musical que tous ceux intéressés de près ou de loin à la musique pop pourront apprécier.

Au niveau de la qualité audiovisuelle, l'origine des extraits d'archives affecte grandement le résultat. Même si la plupart des entrevues contemporaines sont impeccables avec leurs couleurs précises et leur piste sonore bien enrobée, le tout souffre tout de même du nombre incroyable d'archives de qualité moindre utilisées pour le film. Allant d'extraits de vidéos de téléphones cellulaires à des bandes-vidéo amateurs, ces documents, bien qu'essentiels au niveau du contenu, affaiblissent grandement la qualité audiovisuelle du long-métrage. Les extraits audio tirés d'autres sources amateurs (comme un message sur un répondeur par exemple) souffrent particulièrement d'un manque de profondeur et de bruits de fond dérangeants.

En suppléments, on retrouve une série de scènes coupées au montage, un nombre d'entrevues bonifiées (avec entre autres Yasiin Bey, Mark Ronson et Jools Holland) des performances complètes et inédites de chansons aux titres évocateurs et inquiétants qui auraient dû sonner quelques cloches chez ses proches - "Rehab", "Love is a Losing Game", "You Know I'm No Good", un commentaire du réalisateur, du producteur et du monteur et de nombreuses bandes-annonces. Il y a aussi une copie numérique que vous pouvez visionner dans l'écosystème Google Play.


Cotes

Film8
Présentation8
Suppléments8
Vidéo8
Audio8