À l'ouest de Pluton
Les Films Séville Pictures

Réalisateurs: Henry Bernadet, Myriam Verreault
Année: 2008
Classification: 14A
Durée: 95 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 774212100628

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
24 février 2009

Plus près de Tout est parfait que de À vos marques... Party!, "À l'ouest de Pluton" se veut une plongée québécoise tout à fait réjouissante dans l'univers de l'adolescence.

La vie de jeunes de 15 et 16 ans pendant 24 heures dans une banlieue de Québec. Il y a l'école et les loisirs, la musique et la marijuana, les problèmes familiaux et les amours. Lors d'un "open house" assez arrosé, l'existence d'une dizaine d'entre eux changera, pour le meilleur et pour le pire.

Voilà un rare film qui est à la fois drôle, authentique et réaliste. En donnant la parole à des comédiens non professionnels formés pendant des ateliers parascolaires, les cinéastes et scénaristes Henry Bernadet et Myriam Verreault ne pouvaient pas se tromper. Pour se rapprocher de la vérité, il faut filmer la vie en prenant soin de restreindre le plus possible la mise en scène. La victoire est immédiate, surtout lors de la première partie. Les jeunes parlent avec fraîcheur de leurs goûts personnels. Ils discutent de la souveraineté du Québec, de noms de groupes musicaux et des relations interpersonnelles. Le tout avec une sincérité indéniable et un langage coloré qui fait beaucoup rire.

Sans éviter tous les clichés, le long-métrage touche la cible par son regard juste sur la jeunesse, une période de mutation normale où le moindre problème prend des propensions incroyables. Les paradoxes sont donc nombreux, obligeant les adultes à modifier leurs comportements. Ce qui ne peut que renvoyer au titre. Pluton est à l'oméga du système solaire. Personne ne la comprend vraiment, surtout depuis qu'on vient de lui enlever le titre de planète. Une métaphore poétique qui est enrichie par une réalisation sensible et délicate qui n'est pas sans rappeler le Paranoid Park de Gus Van Sant.

La caméra vidéo et le faible budget de l'entreprise rendent le propos encore plus vrai. Les couleurs ne sont pas toujours attrayantes, le grain est très présent et la définition des contours n'est pas toujours au point. Quelques inconvénients (voulus ou pas) qui renforcent la crédibilité du résultat final, dont les qualités techniques ne sont tout de même pas négligeables (jolis contrastes). Les pistes sonores francophones demeurent alertes, avec des haut-parleurs qui se plaisent à reproduire des sons familiers (des échos de voix, les bruits d'une planche à roulettes) tout en rendant les dialogues très audibles. Devant autant d'expressions, quelques personnes se sentiront rassurées d'insérer des sous-titres anglophones blancs qui auraient pu être plus gros. La musique lunaire et interstellaire sait s'éclipser pour des airs plus rock avant de revenir aux envolées de geysers de Sigur Ros.

La sombre pochette montre un adolescent dans les airs, avec quelques maisons en toile de fond. Le menu principal du DVD semble peu élaboré. Il n'y a qu'une planche à roulettes sur une mélodie féerique. Si le titre bouge quelque peu, le rendu est loin d'être mémorable. C'est cependant en se promenant dans les options que des dessins apparaissent. La page la plus surprenante est celle des suppléments. Il y a une multitude d'icônes éparpillées ici et là qui permettent d'accéder à plusieurs courts segments d'environ sept minutes. Entre un documentaire sur le tournage, un autre sur des ateliers de création, des scènes supprimées et ratées, une analyse de la séquence sur "Gilles", une galerie de photos, un reportage du canal VOX, des plans allongés sur la finale à dos d'avion, sur ce chien qui gruge un arbre et plusieurs bandes-annonces, il y a tout pour amuser la galerie. Sauf peut-être cette piste de commentaires qui fait défaut.

Sans être aussi mémorable que Tout est parfait, "À l'ouest de Pluton" se veut un mini ovni sur la planète québécoise. Enfin un film crédible et honnête qui parle de l'adolescence sans faire la morale. Ce n'est pas toujours impeccable (la fin s'étire quelque peu et il y a parfois trop de personnages), mais la démarche hyper réaliste et les répliques souvent mémorables des protagonistes sont autant de raisons de donner la chance à ce minuscule essai qui en a tant besoin. Rafraîchissant.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments7
Vidéo5
Audio6