Avant que mon coeur bascule
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Sébastien Rose
Année: 2012
Classification: 14A
Durée: 96 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 629159049861

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
28 février 2013

Le cinéaste québécois Sébastien Rose aime bien arriver là où personne ne l'attend. Après sa délicieuse comédie Comment ma mère accoucha de moi après sa ménopause, le plus sérieux La vie avec mon père et son ambitieux film choral Le banquet qui n'était pas tout à fait au point, le voilà de retour avec le très dramatique "Avant que mon cœur bascule", qui rappelle par son fond et sa forme le supérieur La vérité de Marc Bisaillon.

Une adolescente (Clémence Dufresne-Deslières) fait des mauvais coups pour rapporter un peu d'argent à un individu énigmatique (Sébastien Ricard). Lorsqu'une situation tourne mal et qu'un homme (Alexis Martin) meurt, la jeune fille se sent coupable, allant même jusqu'à nouer une amitié avec la veuve (Sophie Lorain) de la victime.

Il semble y avoir deux longs-métrages dans cette œuvre qui aurait pu être grande et majeure. Une histoire de rédemption où une fille se trouve une mère de substitution, et une seconde qui peut rappeler le mythique Oliver Twist où des adolescents apprennent à devenir des adultes au contact d'une réalité aussi douloureuse qu'implacable. Malgré une fine mise en scène extrêmement réaliste (façon frère Dardenne) qui abuse un peu trop des symboles et des métaphores, la symbiose n'opère pas tout à fait entre ces deux récits. Il faut avouer que tout ce qui tourne autour du personnage de Sébastien Ricard tarde à convaincre tant les enjeux sont tenus secrets et que les invraisemblances ne soient pas rares.

L'effort qui débute dans la confusion est suffisamment mystérieux pour intéresser, et sa façon de ne pas donner tout cuit dans la bouche aux spectateurs mérite le respect (eh oui, il faudra interpréter plusieurs aspects, dont la fin). Surtout que l'interprétation demeure de grande qualité. Clémence Dufresne-Deslières qui passe son temps à courir en impose de son jeu physique, Sophie Lorain semble connaître comme sa poche ce personnage de femme au bord de la crise de nerfs et Alexis Martin illumine l'essai de ses trop rares présences. Il n'y a que Sébastien Ricard qui force un peu trop le ton.

Les images cherchent à être précises et réalistes. Cela donne des teintes détaillées, mais sans relief, une palette de couleurs sobre et des contrastes un peu trop hétérogènes. De quoi se concentrer sur la photographie qui est vraiment impressionnante. La musique souvent instrumentale alterne entre du piano et des cordes mélodiques. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 est plutôt timide, faisant ressortir des enceintes des bruits de voix, de trains et d'automobiles. Les dialogues sont généralement audibles et le public anglophone pourra suivre ce qui se passe en insérant les visibles sous-titres blancs.

La pochette blanche et noire à l'effigie des personnages est assez minimaliste. Le menu principal du DVD reprend cette idée de rendre prisonnier les êtres derrière l'écriture de caractères, qui est accompagnée d'une photo des protagonistes. Rien ne bouge, mais un léger air musical se fait entendre.

Courant trop de lièvres à la fois pour être totalement satisfaisant, "Avant que mon cœur bascule" demeure l'embryon d'une fresque importante. Chaque élément fonctionne séparément, sauf que mis ensemble, l'amalgame aurait dû être beaucoup plus solide et attrayant. Cela n'empêche pas que l'ensemble se laisse regarder avec une certaine curiosité, surtout chez les amateurs d'un cinéma québécois qui ose prendre des risques. Mieux vaut être imparfait et avoir du cœur qu'être trop lisse et sans âme.


Cotes

Film6
Présentation4
Suppléments-
Vidéo6
Audio6